Serviteurs d'Evangile
 
Vers un nouveau visage d'Eglise


    2001-2003

Actes synodaux
de l'archidiocèse de Poitiers



    Promulgation des Actes synodaux
    Les grandes étapes du synode
0- Vers un nouveau visage d'Eglise
1- Au service de la mission
2- Vivre la communion dans les territoires
3- Avec des acteurs et des ministres de
    l'Evangile

4- Appelés à recevoir un synode
    Lexique
    Message des délégués synodaux
    Lettre synodale de Mgr Rouet
    Méditation


2- Vivre la communion dans les territoires


20- "LA PAROLE ECHANGEE, LA MISSION PARTAGEE, PRENNENT CHAIR EN NOTRE HISTOIRE"

        201- En chaque territoire, des orientations votées

                2011- En cherchant à découvrir le sens de la mission aujourd’hui, nous acceptons d’entrer dans un temps de conversion où prévaut une attitude de foi. Nous acceptons de mettre nos pas dans ceux d’Abraham lorsqu’il “quitte son pays sur la foi d’une promesse sans savoir où il allait” (He 11, 8). C’est le sens profond de la démarche vécue en chacun des quatorze territoires : les orientations votées en assemblées synodales viennent interroger et enrichir les projets pastoraux. C’est notre foi dans le Christ ressuscité qui nous lance sur les routes des hommes. Ces orientations, votées en territoire, ont été reconnues par le texte épiscopal “Lire et se réjouir” (1). Les territoires portent désormais la responsabilité de relire leurs propres orientations à la lumière du présent chapitre 1.

                2012- Cependant, un territoire n’est pas Eglise à lui seul. Il est une partie du diocèse auquel il doit se rapporter pour vivre de et par la communion, selon la définition du Concile Vatican II : “Le diocèse est une portion du peuple de Dieu confiée à un évêque pour qu’avec la coopération de son presbyterium, il en soit le pasteur : ainsi le diocèse, lié à son pasteur et par lui rassemblé dans le Saint Esprit grâce à l’Evangile et à l’Eucharistie, constitue une Eglise particulière en laquelle est vraiment présente et agissante l’Eglise du Christ, une, sainte, catholique et apostolique” (2).

                2013- Nous faisons nôtre la recommandation de saint Paul aux anciens d’Ephèse : “Prenez soin de vous-mêmes et de tout le troupeau dont l’Esprit Saint vous a établis les gardiens, soyez les bergers de l’Eglise de Dieu qu’il s’est acquise par son propre sang” (Ac 20, 28). L’évêque est garant de la communion dans son diocèse. Il en découle que tous ceux et celles qu’il s’adjoint comme collaborateurs ainsi que les instances pastorales participent à cette mission de cohésion pour que grandisse le Corps du Christ. Le geste du lavement des pieds (Jn 13, 1-20) manifeste le sens du service mutuel qui sous-tend la mission dans les territoires. A ce titre, chaque instance constitue un carrefour de la charité. C’est ainsi que nous pouvons penser la vie diocésaine.

                2014- C’est dans cet esprit d’unité, laissant toute sa place à la diversité des territoires et instaurant un enrichissement mutuel, que seront développés dans ce chapitre les axes que la communion va emprunter pour servir la mission.


21- CONNAITRE LES REALITES HUMAINES, DANS LES TERRITOIRES, ET ETRE PRESENTS

“C’est pour vous qu’est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur les appellera” (Ac 2, 39).

        211- Là où s’organise la vie sociale

                2111- Le territoire est le niveau de communion par lequel la mission de l’Eglise se rend la plus proche possible de “ceux qui sont au loin” :• Parce qu’un territoire recouvre des réalités humaines plus homogènes que l’ensemble du diocèse.
• Parce qu’un territoire regroupe davantage de ressources qu’un secteur pastoral pour rejoindre et rassembler certaines catégories de population.

                2112- Pour accomplir leur mission d’annoncer Jésus Christ, les chrétiens doivent chercher à comprendre le sens des événements pour être présents là où la vie et la dignité de l’homme sont en jeu. Il s’agit d’habiter ce monde en sachant accueillir et mettre en lumière l’inattendu de Dieu dans les cultures d’aujourd’hui. Dans le même sens, il s’agit de reconnaître les valeurs et les richesses des autres. “Si nous avons, en tant que chrétiens, à répondre d’une Parole de vérité et de vie, nous n’en partageons pas moins la condition commune des hommes et des femmes de notre société. Voilà pourquoi la mission et la responsabilité qui nous sont confiées dans ce monde ne nous confèrent aucune prétention, et d’ailleurs aucun moyen, de le regarder de haut et comme de le surplomber” (3).

                2113- L’engagement local a, entre autres buts, celui de rendre la société plus juste et plus fraternelle. Il s’agit d’être présent dans la vie locale, de prendre des responsabilités dans la vie publique et associative, en particulier dans les domaines politique, syndical et caritatif mais aussi dans les domaines de la culture et des loisirs.

                2114- Témoins de leurs temps, les artistes et les acteurs de la vie culturelle permettent de saisir les questions qui agitent notre époque. La création artistique exprime les recherches des hommes et des femmes d’aujourd’hui. Par les groupes d’échanges, les conférences et les spectacles, tous peuvent s’en saisir.

                2115- Des catholiques de diverses communautés linguistiques habitent dans le diocèse de manière permanente ou temporaire. Comment "faire Eglise" ensemble au-delà de la barrière de la langue ? Leurs attentes sont diverses, mais elles doivent être reconnues et prises en compte.

                2116- Nous vivons aujourd’hui dans un pluralisme religieux marqué par de nouvelles formes de religiosité ou de sagesse et par la présence des autres religions monothéistes notamment l’Islam. Dans l’esprit du Concile Vatican II, les catholiques sont invités à promouvoir le dialogue inter-religieux et à s’ouvrir à la connaissance des autres religions (RE n° 64), en priorité celles qu’ils côtoient. La situation géopolitique actuelle interpelle notre foi et rend ce dialogue encore plus urgent.

                2117- Dans les situations évoquées ci-dessus, la présence de l’Eglise la plus appropriée est celle des mouvements et des services. Grâce à eux en effet, mais sans exclusive :• Tous les baptisés – particulièrement les laïcs – réalisent leur vocation à être témoins du Christ dans la vie familiale, sociale, professionnelle, politique.
• Des groupes de dialogue et d’échange d’expériences se créent au cœur des secteurs d’activités et des engagements personnels.
• L’Eglise est un lieu qui permet de relire les engagements dans la société à la lumière de l’Evangile. Elle propose aux chrétiens de s’engager en prenant part aux mouvements apostoliques.

                2118- Des orientations

                21181- Les instances concernées prendront le temps, régulièrement, de considérer les réalités humaines du territoire. Dans ce but, il sera fait appel aux compétences de la société civile et aux acteurs de la vie locale pour mieux appréhender ces réalités. La réflexion croyante sera également sollicitée pour discerner ce que l’Esprit dit aux Eglises.

                21182- Des moments et des lieux de rencontre entre chrétiens et non-chrétiens ainsi que des lieux d’échange et de parole libre seront mis à profit ou proposés pour entrer en dialogue et aborder ensemble les problèmes de la vie actuelle, les questions d’actualité et les enjeux de société.

                21183- Les territoires, les services et les mouvements seront présents et actifs dans les lieux de manifestation publique (journées du patrimoine, festivals, jumelages...). Dans ce cadre, la mise en place d’expositions, de débats et de concerts sera favorisée. Ces manifestations se feront en dialogue, voire en partenariat avec les acteurs de la vie culturelle.

                21184- Il sera proposé, en chaque territoire, des lieux de rencontre et de célébration inter-culturelles. Il s'agit d'offrir la possibilité à chaque communauté linguistique et à tous les catholiques de langue étrangère de se rassembler et de célébrer.

                21185- On veillera à organiser, selon les réalités du territoire, des rencontres avec des intervenants qualifiés dans les domaines œcuméniques et inter-religieux en privilégiant les propositions spécialement adaptées aux enfants et aux jeunes.

                21186- Il est demandé de promouvoir, en conformité avec les valeurs évangéliques, les mouvements et associations fondées sur les solidarités et les liens que la vie suscite. Il s'agit d'inciter les chrétiens à s’y engager. En ce sens, là où la dignité humaine n’est pas respectée, une réflexion et des actions sur les causes (précarité, exclusion, abus de pouvoir…) seront mises en oeuvre.
Des passerelles entre les mouvements, les services et la société civile seront à créer pour intervenir plus efficacement sur ces mêmes causes.

                21187- Pour leur part, les secteurs pastoraux assureront une écoute et une prise en compte des réalités humaines et sociales. A cet égard, à l’initiative du territoire, des mouvements et services inexistants actuellement seront suscités dans certains secteurs pastoraux, en s'appuyant sur les expériences vécues en d’autres secteurs.

        212- Avec les personnes en situation de fragilité et de précarité

                2121- Une préoccupation constante des chrétiens est de lutter contre l’indifférence vis-à-vis de ceux et celles que la société fragilise, d’agir avec eux, d'analyser les causes de la précarité et de l’exclusion pour lutter contre elles.

                2122- C’est toute la vie de chaque personne qu’il s’agit d’accueillir, au-delà de ses appartenances sociales ou ecclésiales. C’est alors que nous cheminons avec elle. Une double conversion est dès lors possible : notre regard s’inverse pour découvrir dans le regard de l’autre ce qu’il nous est demandé de réaliser. Grâce à l’autre, notre regard change sur la société.

                2123- Nous devons être suffisamment ouverts pour expliciter les enjeux des choix proposés par l’Eglise sur les sujets douloureux qui divisent, voire fragilisent.

                2124- Des orientations

                21241- Avec l’aide des services diocésains concernés, les conseils pastoraux de secteur (CPS) et le conseil de mission, en chaque territoire, auront pour tâche de :• Connaître et proposer les lieux diversifiés d’écoute, d’échange et d’accompagnement.
• Créer, si nécessaire, de tels lieux au plus près des attentes et des difficultés des personnes.

                21242- Outre l’accueil qui doit être fait dans les églises, aux personnes en situation de handicap, les familles et les associations qui œuvrent pour et avec elles seront soutenues.


22- S'ORGANISER POUR VIVRE LA COMMUNION ET LA MISSION

        221- Des attitudes

“Jour après jour, d’un seul cœur, ils fréquentaient assidûment le temple et rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur. Ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple” (Ac 2, 46-47).

                2211- Présents dans les diverses réalités du territoire, les chrétiens y ont leurs “maisons” : églises, locaux, habitations familiales ou communautaires. Ils s’y réunissent pour prier, travailler et vivre ensemble. Ce faisant, les bâtiments comme les réunions qui s’y tiennent sont aussi des lieux d’accueil et d’échange. Ils peuvent permettre aux chrétiens de rencontrer “la faveur” des personnes et des groupes. Il s’agit d’assurer une communion authentique et visible. Pour servir la mission de l’Eglise, cette communion se vit à différents niveaux sur le territoire.

                2212- Sachant que la communion se traduit et se renforce par des rencontres de travail et de prière auxquelles il convient de donner sens et fécondité, il nous faut apprendre à collaborer pour une même mission, à la suite du Christ. Il convient aussi de reconnaître les conflits, de se donner les moyens de les gérer, et d'apprendre à pardonner. Il s’agit d’être assez humble pour accepter de recevoir des autres. Il est également essentiel, chaque fois que cela est possible, d’alléger le fonctionnement des communautés et des mouvements pour permettre à leurs membres, y compris aux responsables, de s’engager dans la vie publique et associative. En d’autres termes, “une Eglise qui éprouve dans sa propre vie l’articulation de la communion et de la mission, est placée en juste position pour rencontrer les hommes à qui elle est envoyée” (4).

                2213- Chaque communauté ecclésiale porte le souci de témoigner de l’amour du Christ pour tous les hommes. Une Eglise accueillante et fraternelle se traduit par l’église-bâtiment et ce qui s’y passe. L’église est en effet l’expression de la communauté chrétienne qui se réunit. Elle est un reflet de la vie qui s’y déroule. Celles et ceux qui passent en ce lieu doivent s’y sentir accueillis par la communauté, même lorsqu’elle n’y est pas assemblée. Par ailleurs, les temps festifs et gratuits contribuent non seulement à témoigner d’une Eglise vivante, ils aident aussi à la construction de celle-ci. Le soin apporté aux célébrations est signe de la vitalité de la foi.

                2214- Lors des demandes faites à l’Eglise pour un service catéchétique ou sacramentel se laissent voir particulièrement l’accueil et la fraternité des communautés ainsi que l’annonce de la foi. En étant accompagnée dans ces démarches, chaque personne est aidée à découvrir sa vocation humaine et chrétienne, compte tenu de sa recherche et de ses possibilités.

                2215- Des orientations

                22151- Des lieux d’accueil personnalisés et conviviaux pour recevoir de manière chaleureuse les personnes venant demander un service à l’Eglise seront mis en place en chaque secteur pastoral.

                22152- On aura le souci de donner à tous, y compris aux petits enfants, leur place dans les rassemblements. Chacun sera invité à participer en tenant compte de ses richesses et de ses souhaits. Dans cette perspective, des propositions seront faites pour mettre en lien les différentes générations.

                22153- Il est demandé qu'une attention particulière soit portée aux catéchumènes et aux “recommençants à croire”, de façon à les soutenir dans leur démarche. Cette proposition - vécue dans le cadre des communautés territoriales et des mouvements - se fera en collaboration avec le service diocésain de la pastorale catéchétique et du catéchuménat.

                22154- La collaboration entre les mouvements et les services diocésains compétents sera favorisée pour qu'en chaque communauté chrétienne, certains portent le souci de l’accompagnement des personnes en situation de handicap. En outre, on veillera à ce que les personnes ayant des difficultés à se déplacer puissent accéder à tout ce qui est offert par l’Eglise.

                22155- Le patrimoine culturel et la création artistique du territoire seront situés dans la mission d’annonce de la foi, en collaboration avec la commission diocésaine “Patrimoine, Culture et Foi”. Par ailleurs, là où les églises sont remarquables et nombreuses, des circuits peuvent être indiqués voire organisés.

        222- Une organisation territoriale

                2221- L’organisation pastorale du territoire se veut au service de la mission, au plus près de la vie des hommes. Elle cherche à favoriser la communion entre les différents groupes chrétiens et témoigne de responsabilités diversifiées entre laïcs, diacres et prêtres. Cette organisation pastorale s’est progressivement développée suite à la recherche diocésaine des années 1983-1985. Le chapitre 8 de Routes d’Evangile lui est entièrement consacré. La création des communautés locales et la transformation des zones pastorales en territoires constituent les deux étapes les plus récentes de son évolution.

                2222- Les communautés religieuses - apostoliques et monastiques - sont des lieux de partage, de prière, de soutien mutuel et de vie communautaire dans les territoires. En outre, la dimension internationale de la plupart des congrégations favorise l’ouverture à d’autres cultures et constitue un appel à l’accueil des différences.

                2223- Les secteurs pastoraux ont été définis en 1986 et constituent l’unité pastorale de base (RE n° 811). Le secteur est le premier lieu où l’Eglise apparaît comme communion, c'est-à-dire comme union de communautés différentes, pour la mission. C’est le niveau où s’élaborent les impulsions pastorales, sous la responsabilité de l’équipe d’animation pastorale (EAP). C’est là que se définit le projet pastoral de façon à préciser les priorités retenues pour une durée donnée, dans le cadre des orientations territoriales et diocésaines, en tenant compte des réalités locales. Le renouvellement du conseil pastoral de secteur est une occasion privilégiée pour procéder à l’évaluation du projet pastoral et à son actualisation. Le conseil pastoral de secteur (CPS) est responsable de la mise en œuvre du projet pastoral. Il doit promouvoir un mouvement de va-et-vient entre ce que fait le secteur et ce qu’accomplissent les communautés locales.

                2224- Le conseil pastoral de secteur (CPS) est composé des membres de l’équipe d’animation pastorale (EAP), des délégués pastoraux des communautés locales, des représentants des principaux services et mouvements du secteur, d’un représentant du conseil pour les affaires économiques et de personnes appelées en fonction de leur situation ou de leur compétence. Le conseil pastoral de secteur est représenté au conseil de mission par le prêtre responsable et par une ou deux autres personnes. Les réunions du conseil pastoral de secteur (CPS) sont présidées par le prêtre ayant reçu la charge pastorale du secteur. Il peut confier l’animation à d’autres personnes. La durée normale des mandats est de trois ans renouvelables une fois.

                2225- L’équipe d’animation pastorale (EAP) est pour chaque secteur le premier lieu où s’exerce la diversité des ministères et des responsabilités en vue d’une même mission. “En conduite de la pastorale du secteur, l’EAP exerce son activité propre en lien étroit avec le CPS. Mettant en œuvre le projet pastoral et les orientations diocésaines, elle a un rôle d’animation, d’impulsion, de création, d’innovation” (5). L’EAP est responsable de la rédaction du projet pastoral. Pour vivre sa mission, elle est attentive à la vie des hommes, elle favorise les liens de communion sur le secteur et resitue l’ensemble dans la foi de l’Eglise. L’équipe d’animation pastorale (EAP) est composée de ministres ordonnés, de personnes ayant reçu un ministère reconnu, et éventuellement de personnes appelées en fonction de la mise en œuvre du projet pastoral. Les membres de l’EAP sont membres de droit du CPS. Les réunions de cette équipe sont présidées par le prêtre responsable du secteur. La durée normale des mandats est de trois ans renouvelables une fois.

                2226- Les premières communautés locales ont été installées dans le diocèse en 1995. L’intuition des communautés locales est d’abord missionnaire. Chaque charge est confiée sur le fondement des sacrements de l’initiation chrétienne pour être témoin de l’Evangile. Ainsi, toute charge confiée à l’un ne dispense pas les autres membres de la communauté locale de leur responsabilité propre. En outre, l’Eglise est invitée à se faire proche des personnes : là où vit une équipe de chrétiens, là est l’Eglise, là est le Christ (Mt 18, 20).

                2227- L’équipe de base est composée de cinq personnes. Elle est au service de la communauté locale qui regroupe quant à elle tous les baptisés. Ces cinq personnes ne font pas tout, mais veillent à ce que les tâches soient accomplies en référence au projet pastoral du secteur et en communion avec le prêtre de la communauté. Les réunions de l’équipe de base sont convoquées régulièrement et animées par le délégué pastoral. Le prêtre y est toujours invité. S’il ne peut y être présent, le délégué pastoral lui fait un compte rendu. Cinq personnes forment l’équipe de base :• Une personne veille à l’animation de l’ensemble : le délégué pastoral. Il sert la communion entre tous les membres de la communauté locale et assure le lien avec le secteur pastoral.
• Une personne s’occupe de la vie matérielle de la communauté en lien avec le secteur et le diocèse : le trésorier.
• Une personne est chargée de la prière : assemblée du dimanche, autres temps de prière, vie liturgique et sacramentelle, animation spirituelle.
• Une personne est chargée de l’annonce de la foi aux enfants, aux jeunes et aux adultes, spécialement aux personnes qui ne connaissent pas l’Evangile.
• Une personne est chargée de la charité : malades, exclus, handicapés, familles en deuil...
Le délégué pastoral et le trésorier sont désignés par élection au sein du groupe chrétien concerné. Tout chrétien baptisé-confirmé est éligible. Les trois charges (prière, annonce de la foi et charité) ne sont pas matière à élection car elles proviennent des dons que Dieu fait à l’un pour le bien de tous. Les charges dans les communautés locales sont des services vécus en équipe, en fonction des talents de chacun et non un pouvoir assumé seul. Les personnes sont appelées par l’EAP en concertation avec le délégué pastoral et le prêtre de la communauté locale. L’envoi en mission de l’équipe de base se fait pendant une liturgie eucharistique. La durée normale des mandats est de trois ans renouvelables une fois. Chaque fonction peut être assurée par un couple, voire par plusieurs personnes. Plus nous travaillons en équipe, plus la succession est préparée.

                2228- En chaque territoire, le conseil de mission a charge de :• Se faire attentif aux réalités humaines du territoire ainsi qu’aux évolutions en cours.
• Permettre aux secteurs pastoraux, aux mouvements (apostoliques, éducatifs, caritatifs, spirituels et familiaux) et aux services présents sur un même territoire, de se rencontrer et de manifester leur communion.
• Promouvoir des actions spécifiques, dans l’enseignement (collèges, lycées…), la santé (hôpital…), les contacts avec la société civile, mais aussi dans les domaines de la formation et de la communication.
• Assurer la mise en œuvre des orientations pastorales du diocèse.
Le conseil de mission comprend l’équipe d’animation du territoire, les prêtres responsables des secteurs pastoraux, un ou deux représentants de chaque conseil pastoral de secteur (CPS), un représentant des mouvements et des services dont l’action s’étend sur tout le territoire, et des personnes appelées par l’équipe d’animation en fonction de leur compétence ou de leur statut (représentant de la vie religieuse, du diaconat, des ministères reconnus…). La durée normale des mandats est de trois ans renouvelables une fois.

                2229- L’équipe d’animation du territoire comprend le prêtre responsable du territoire et deux ou trois personnes nommées, n’appartenant pas, si possible, à un conseil pastoral de secteur (CPS). Cette équipe se réunit régulièrement pour préparer et évaluer les réunions du conseil de mission et pour mettre en œuvre les décisions prises par celui-ci.

                2230- Des orientations

                22301- Pour faciliter la rédaction et l’évaluation du projet pastoral de secteur, il sera élaboré un guide pratique et pédagogique. Ce travail sera mené sous la responsabilité du conseil de mission des territoires.

                22302- Partout où ce n’est pas le cas, les secteurs pastoraux mettront en place, dans les deux années qui viennent, un conseil pastoral de secteur (CPS), un projet pastoral de secteur et une équipe d’animation pastorale (EAP) conformément aux orientations diocésaines.

                22303- Une réflexion concernant la mise en place et la spécificité des communautés locales en milieu urbain sera menée par les secteurs pastoraux et les territoires concernés, dans les trois années à venir.

                22304- Les secteurs pastoraux qui ne sont pas organisés en communautés locales mèneront une recherche en vue d'en installer le plus tôt possible.

                22305- Avant de procéder au renouvellement des équipes de base, les communautés locales feront, avec le conseil pastoral de secteur, une évaluation afin de relire le chemin parcouru.

                22306- D’autres responsabilités peuvent être confiées dans le cadre des communautés locales en dialogue avec le conseil pastoral de secteur.

                22307- Une recherche sera entreprise dans les trois années à venir par le conseil presbytéral, le conseil pastoral diocésain et le conseil diocésain pour les affaires économiques de façon à étudier les modalités de transformation canonique en nouvelles paroisses des secteurs pastoraux entièrement organisés en communautés locales depuis un temps suffisant.


23- PRENDRE LES MOYENS NECESSAIRES A LA MISE EN OEUVRE DES ORIENTATIONS DIOCESAINES

“Dans les villes où ils passaient, ils transmettaient en recommandant de les observer, les décrets portés par les apôtres et les anciens de Jérusalem” (Ac 16, 4).

        231- L’information et la communication

                2311- Les assemblées territoriales de mai-juin 2002 ont été nombreuses à introduire des orientations concernant l’information et la communication. Routes d’Evangile a consacré son chapitre 5 à ce thème. La mission de l’Eglise est d’annoncer Jésus Christ en utilisant les moyens propres à chaque époque (RE n° 511). Depuis 1993 le paysage a été profondément modifié, notamment par le développement des techniques de l’information et de la communication : internet et courrier électronique.

                2312- L’Eglise ne peut pas se contenter de communiquer à ses propres membres. Elle doit donner le signe de l’ouverture et du dialogue. Elle doit aussi mieux se faire connaître auprès de tous ceux et celles qui l’ignorent et manifester sa présence dans les débats de société ainsi que dans les engagements locaux. Pour ce faire, il lui faut apprendre à communiquer dans un langage accessible.

                2313- A l’intérieur même de l’Eglise, la communication permet la découverte de ce qui est vécu par les autres. Elle sert la communion entre les groupes chrétiens et contribue au témoignage donné au monde. Elle permet un partage des informations entre les différents acteurs de l’Eglise.

                2314- Des orientations

                23141- Pour assurer la fonction de délégué à la communication, chaque conseil de mission appellera quelqu’un qui est ou deviendra membre de ce conseil. Le délégué à la communication assurera le lien avec le service diocésain à la communication.

                23142- Le délégué à la communication, entouré d’une équipe, fera l’inventaire des médias actuellement disponibles ou à créer sur le territoire. Il coordonnera la collecte des informations qui lui seront transmises par les groupes de chrétiens. Il assurera la diffusion des informations sur l’ensemble du territoire entre les communautés territoriales, mouvements et services. Il organisera une communication externe en direction des médias et des acteurs de la vie sociale.

        232- Les formations

                2321- Un grand pas a été accompli depuis le précédent synode par les services diocésains : formations théologique, catéchétique, liturgique, ainsi que formations à l’écoute, à l’accompagnement et à l’animation de groupe. Une soif est née qui appelle aujourd’hui d’autres propositions décentralisées et diversifiées, avec une attention particulière à la vie spirituelle.

                2322- Des orientations

                23221- Une recherche sera entreprise par les services diocésains pour donner aux formateurs des outils pédagogiques qui facilitent les apprentissages.

                23222- Les personnes qui assurent des formations veilleront à adapter le langage à ceux et celles à qui elles s’adressent en cherchant de nouvelles manières de dire Dieu et d’annoncer l’Evangile. A cet égard, on cherchera à prendre en compte les différentes cultures, spécialement celles des jeunes mais aussi celles des personnes qui sont éloignées de l’Eglise.

                23223- La recherche actuelle concernant l’annonce de la foi sera largement developpée de façon à entraîner le plus grand nombre d’acteurs sur de nouveaux chemins d’évangélisation pour les enfants, les parents, les jeunes adultes…

                23224- Nous souhaitons encourager les chrétiens à participer à la recherche sur la dimension religieuse de la culture dans l’enseignement scolaire et universitaire.

                23225- Chaque acteur appelé à une nouvelle mission évaluera avec son responsable ses besoins en formation pour accomplir la tâche qui lui est confiée. Chaque formation entreprise et terminée fera l’objet d’une évaluation avec le responsable.

                23226- Le conseil de mission établira un calendrier et des relais sur le territoire de telle sorte que les propositions de formation parviennent en temps voulu au CPS. Il centralisera les demandes de formation que les CPS lui indiqueront, permettant ainsi des actions concertées. Une évaluation sera prévue en fin d’année.

                23227- Les formations demandées dans les différents secteurs pastoraux abordent fréquemment la dimension spirituelle. Dans cette optique, des propositions seront élaborées pour :• Permettre de découvrir la Parole de Dieu et la partager.
• Présenter les différents mouvements spirituels, éducatifs, apostoliques, familiaux et caritatifs tant aux enfants qu’aux jeunes et aux adultes.
• Créer et favoriser des lieux (pôles spirituels) et des temps où toute personne pourra relire sa vie à la lumière de l’Evangile. A cet égard, l’équipe d’animation pastorale du secteur pastoral veillera aux possibilités de ressourcement spirituel mises à la disposition de tous et spécialement des acteurs de la mission.

        233- La gestion des moyens matériels

                2331- Le chapitre 9 de Routes d’Evangile est consacré aux moyens matériels. La manière dont l’Eglise gère ses biens contribue au témoignage évangélique. La gestion doit toujours être au service de la mission (RE n° 921). En ce sens, trois principes nous guident :La clarté dans l’utilisation des moyens : les comptes des instances pastorales doivent être connus, examinés, afin que tout se passe dans la transparence, selon des règles communes pour tous.
La solidarité : il serait injuste qu’un groupe chrétien garde un argent inutilisé quand d’autres communautés, faute de moyens, sont à la charge du diocèse.
La responsabilité partagée : un budget commun au secteur pastoral et au territoire est le signe d'une vie pastorale concertée où chacun assume une part de responsabilité au profit de l’ensemble.

                2332- Le conseil pour les affaires économiques (CAE) assure, avec le responsable pastoral, l’administration du secteur pastoral. Il est chargé de collecter et de gérer les ressources de l’Eglise. Il doit veiller à la bonne gestion du patrimoine. Il porte le souci de l’avenir matériel, dans la perspective de la mission de l’Eglise et dans l’esprit de partage qui doit animer toute communauté chrétienne. Le conseil pour les affaires économiques se compose d’au moins trois personnes. Les trésoriers des communautés locales sont membres de droit du conseil pour les affaires économiques. Celui-ci désigne un représentant au CPS. La durée normale des mandats est de trois ans renouvelables une fois.

                2333- Des orientations

                23331- Partout où ce n’est pas le cas, les secteurs pastoraux mettront en place dans les deux années qui viennent un conseil pour les affaires économiques correspondant aux orientations diocésaines.

                23332- Outre les CAE de secteur, on veillera à mettre en place un conseil pour les affaires économiques au plan des territoires, en temps opportun.

                23333- Un guide administratif et financier sera proposé par le conseil diocésain pour les affaires économiques.

                23334- Le conseil diocésain pour les affaires économiques mènera une réflexion pour évaluer les besoins matériels nécessaires à chaque territoire, secteur pastoral, service diocésain, mouvement. Dans la mesure du possible, on cherchera à mutualiser l’achat et l’utilisation de ces moyens.

(vote du chapitre 2 :      OUI : 383      NON : 6      ABSTENTION : 18)


(1) Mgr Rouet, “Lire et se réjouir”, Eglise en Poitou n° 44, juillet 2002.
(2) Concile Vatican II, Décret sur la charge pastorale des évêques n° 11.
(3) Proposer la foi dans la société actuelle, p. 25.
(4) Mgr Rouet, “Vivre le synode comme une démarche spirituelle”, Eglise en Poitou n° 31, avril 2002.
(5) Décret de juin 1999 modifiant Routes d’Evangile n° 8113.