L'église de
Saint-Symphorien
      (Deux-Sèvres)

Situation




"Ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l'agneau."
(Apocalypse 7, 14)

Un saint patron bourguignon
      Dès la première mention qui en est faite, à la fin du 10e siècle, Saint-Symphorien est dit appartenir au pays d'Aunis et relève du diocèse de Saintes. Le lieu doit être en frontière des Santons et des Pictons dès l'époque gauloise, car il est immédiatement au sud de la rivière de la Guirande, dont le nom d'origine celtique correspond à une frontière marquée par l'eau (Ingrande, Aigurande…).

      Symphorien est un jeune martyr d'Autun, de noble famille, du temps des persécutions contre les chrétiens. Pour s'en être pris à la statue de la déesse Cybèle et s'être affirmé chrétien, il aurait été décapité à la fin du 2e siècle. Alors qu'on le menait au supplice, sa mère l'encouragea, du haut des remparts de la cité, à demeurer ferme dans la foi : "Nous ne pouvons craindre une mort qui nous conduit à la vie".
      A la Révolution le bourg sera appelé Symphorien, et même Phorien-sur-Sèvre. Il a retrouvé son nom en 1814.

Une église double
      L'église Saint-Symphorien se présente comme une longue salle rectangulaire, divisée en deux parties égales, peu élevées, par huit colonnes moulurées qui portent des voûtes d'arêtes en briques platrières et enduites au plâtre (vers 1880).

         Au milieu du mur nord, une tourelle d'escalier est surmontée au 18e siècle d'un modeste clocher plus large que sa base. La large façade occidentale à pignon est percée à gauche d'un oculus au-dessus d'une porte en arc brisé, ornée de feuilles d'acanthes, d'un fleuron et d'aiguilles, tandis qu'à droite ne se trouve qu'un porte très simple et sans style.

      A gauche de la façade, un large contrefort est percé d'une niche qui abrite la statue polychrome d'une Vierge à l'Enfant (16e siècle). L'église se termine à l'est par un chevet plat, au pignon surmonté d'une croix, percé de deux grandes baies entre lesquelles on a construit une sacristie.

      L'église a été inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 26 octobre 1927.

Une nef romane : prier
      La nef de droite correspond à l'église romane amputée de son chevet à la suite des destructions de la guerre de Cent Ans. Elle est éclairée par trois étroites fenêtres romanes et une large baie centrale, tandis que le mur est étayé par une suite impressionnante de six contreforts, de tailles et de hauteurs différentes ; à l'est subsiste une quinzaine de modillons.

      A l'intérieur, l'espace n'est occupé que pour moitié par des bancs. Au fond, un autel en bois, en forme de tombeau sur quatre pieds ronds, est surmonté d'une croix.
      Ce long espace dépouillé est une invite au recueillement et à la prière.

Une nef gothique : célébrer
      A la fin du 15e siècle, la nef romane a été doublée, au nord, par une nef gothique de mêmes dimensions. Le mur, plusieurs fois reconstruit, est étayé de trois modestes contreforts et percé de deux baies entre lesquelles se trouve le petit clocher ; à l'est, des travaux récents ont fait disparaître presque tous les modillons.
      A l'intérieur, la nef est occupée, sur presque toute sa longueur, par des bancs. C'est la partie où, aujourd'hui, la communauté paroissiale se rassemble pour les célébrations.


      Un sobre autel en pierre, dont la face antérieure est ornée simplement d'un chrisme, entre un alpha et un oméga, a été établi en 1958.

Un crucifix de 1613
      Dans l'avant-dernière travée de la nef gothique, contre le mur nord, on a placé un crucifix en bois qui porte, au sommet de la croix, l'écriteau sur lequel, selon saint Jean, était écrit, "Jésus de Nazareth roi des Juifs" (abrégé en latin : INRI) et à sa base : V.B. 1613.
      Guerre de Cent Ans et guerres de Religion ont, dans la région, détruit la majeure partie du mobilier antérieur au 17e siècle.

Des vitraux des 19e et 20e siècles
      On signalera la cloche, fondue sur place en 1829 dans une dépendance du vieux château seigneurial, baptisée Armande, du nom de sa marraine. Les statues de saint Symphorien et de Jeanne d'Arc (bénite le 10 juin 1910) le long du mur occidental, de Notre-Dame-des-Victoires, contre le mur sud, mobilisent moins l'attention que les vitraux. On remarque en effet les vitraux de la fin du 19e et du début du 20e siècle, complétés par deux verrières de 1956 et 1959.

      Dans l'oculus de la façade est représenté, en buste, Dieu le Père, avec un nimbe crucifère, une couronne, un globe surmonté d'une croix.
      Au mur nord, les deux vitraux sont consacrés à saint Symphorien, patron de l'église, et à saint Louis de Gonzague (1568-1591), un autre jeune noble, italien, qui mena dès son plus jeune âge une vie de prière et de pénitence, fut novice chez les jésuites et mourut au cours d'une épidémie de peste, en soignant les malades. Il a été proclamé patron de la jeunesse, dès 1725.

      A l'est sont représentés, à gauche les Pèlerins d'Emmaüs (G.P. Dagrant, Bordeaux, 1891), à droite l'Annonciation.
      Au sud-est, un vitrail est réservé à sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (signé E.J., M.G.).
      Au sud-ouest, R. Sicot a interprété, en 1956, une femme qui présente son enfant devant un Crucifix et l'église de Saint-Symphorien.


      Au mur occidental, du côté sud, le vitrail est à nouveau de R. Six-Sicot (1959). L'Agneau, nimbé, y est figuré sur le livre aux sept sceaux. C'est l'Agneau divin de la vision de saint Jean au chapitre 4 de l'Apocalypse : "Tu es digne de prendre le livre et d'en ouvrir les sceaux, car tu fus égorgé et tu rachetas pour Dieu, au prix de ton sang, des hommes de tout race, langue, peuple et nation ; tu as fait d'eux par notre Dieu une royauté de prêtres régnant sur la terre".
      R. Six-Sicot a ajouté dans le champ de la verrière :
- "Mon retour est proche".
- "Viens, Seigneur Jésus".

© PARVIS
octobre 2004
réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI
Centre théologique de Poitiers