L'église Saint-André
de Prissé-la-Charrière
      (Deux-Sèvres)

Situation




"Tu seras béni en entrant."
(Deutéronome 26, 8)

Une histoire complexe
      Sous l'Ancien Régime, la paroisse de Prissé dépendait de l'évêché de Saintes. Son église paroissiale Saint-Jean-Baptiste relevait de l'abbaye de Saint-Maixent. L'église Saint-André de La Charrière, elle, était sous le patronage de l'évêque de Poitiers.
      A la Révolution, l'église de Prissé fut vendue comme Bien national tandis qu'étaient formées deux communes, Prissé-le-Grand et Prissé-le-Petit. La première a été partagée ensuite entre plusieurs communes. Prissé-le-Petit, redevenu Prissé, est aujourd'hui réuni à La Charrière.
      Les deux bourgs sont situés à l'ouest et à l'est de la RN 150, ancien chemin de Saint-Jacques qui rejoignait à Saint-Jean-d'Angély la grande voie compostellane venant de Tours. L'église de La Charrière se trouve sur ce chemin même.

Une reconstruction totale au XIXe siècle
      L'église de La Charrière était un grand édifice roman du XIIe siècle. Les Affiches du Poitou de 1776 prétendent qu'elle pouvait accueillir mille personnes.
      Au milieu du XIXe siècle, elle est si délabrée que le préfet la fait fermer en mars 1857. Commence alors sa restauration mais la voûte d'une travée s'effondre et, peu de temps après, survient un effondrement encore plus considérable. Il y aura donc de 1857 à 1860 une reconstruction totale, payée par la commune (12 %), l'Etat (30 %) et, entre autres, par le produit d'une loterie organisée par le curé Joseph-Antoine Chaisneau.

      La première pierre fut posée le 19 août 1857 par Mgr Cousseau, évêque d'Angoulême et l'église fut solennellement inaugurée le 6 novembre 1860 par Mgr Pie, évêque de Poitiers, assisté par le même Mgr Cousseau.
      La nouvelle église conservait une cloche fondue en 1755 par Rigneur et refondue en 1822 par Peigny. Une autre cloche, sortie de la fonderie Guillaume père et fils, à Angers, lui fut ajoutée et baptisée en 1865.

Un plan classique
      L'église a été reconstruite dans un "style roman un peu mélangé" selon l'expression très évocatrice d'une notice ancienne !
      Son plan est en croix latine avec un chevet plat. La façade, qui ouvre sur l'actuelle RN 150, est dominée par la tour carrée qui porte le clocher à huit pans couverts d'ardoises et haut d'une dizaine de mètres.

Longueur : 33,40 m
Largeur : 6,60 m
Hauteur sous voûte dans le sanctuaire et le transept : 9 m
Hauteur sous voûte dans la nef : 7 m

L'entrée dans l'église
      Au-dessus de la porte occidentale a été sculptée une croix entourée de pampres et d'épis de blé, symboles eucharistiques.

         Saint Pierre et saint Paul président à la tribune tandis que la nef remplit tout simplement sa fonction : celle d'un espace qui reçoit les fidèles et les oriente vers l'essentiel d'une église, c'est-à-dire l'autel.

      Elle reçoit le jour de quatre baies garnies de vitraux. A l'ouest, Saint Paul, apôtre, et Sainte Aline, vierge et martyre, ont été donnés par Mme Charrier et réalisés par l'atelier Clamens, à Angers, en 1886. A l'est, un Saint Jacques pèlerin, avec coquille, besace et bourdon, est un rappel évident de la situation de l'église sur un chemin jacquaire. Il fait face à saint Charles Borromée.

Le chœur et le grand vitrail
      L'autel est situé à l'intersection du chœur et du transept. Tout près, une croix de procession du XVIIIe siècle - Christ d'un côté, Vierge de l'autre - a été disposée.

         Le regard du visiteur est cependant attiré en premier lieu par le grand vitrail du chevet plat, réalisé par Lobin (Tours, 1859). En haut, Marie et Jean se tiennent de part et d'autre du Christ en croix. Au centre, une grande figure de saint André montre le titulaire de l'église avec l'instrument de son supplice. Autour de lui, en partant de la gauche en haut, cinq autres saints garnissent la verrière : Henri, Radegonde, Germaine - l'humble bergère de Pibrac -, Hilaire et Antoine.

Née en 1607, Germaine Cousin ne fut canonisée qu'en 1867. Elle est donc représentée ici sans son nimbe.       Sous la verrière a été placée une bannière de procession figurant une Vierge médiatrice : Marie écrase le serpent et tend les bras dans un geste d'accueil.

      Au nord et au sud subsistent trois stalles mais ce sont les statues qui retiennent l'attention. Moins communs dans nos églises que le Sacré Coeur et le Saint Joseph à l'Enfant, sous le vitrail, on découvre :
- côté nord : Félicité, mère martyre à Carthage et Emmeran, qui partit de Poitiers évangéliser la Bavière et devint évêque de Ratisbonne au VIIe siècle ;
- côté sud : Désiré ou Didier (de Langres ? de Vienne ?) et Eutrope, premier évêque de Saintes.

Un transept soigné
      Deux grands vitraux de Megnen, Clamens et Bordereau (Angers, 1882) éclairent le transept :
- au nord : la Présentation de Marie au Temple,
- au sud : le Baptême du Christ.

      Au bras nord, un Saint Jean-Baptiste domine les fonts baptismaux, entourés des statues de Jeanne d'Arc et de Radegonde. On y a disposé deux voiles huméraux (XIXe siècle).
      Au bras sud, l'autel, couvert par un autre voile huméral est placé sous la protection de la Vierge à l'Enfant.

      De part et d'autre, on reconnaît sainte Macrine, dont le culte est fort répandu dans le sud du département, et Anne enseignant Marie.
      Une toile ancienne représentant la Sainte Famille sur l'axe horizontal et la Trinité sur l'axe vertical est placée au mur occidental. Il s'agit du don d'un paroissien.
      Toujours dans le bras sud, deux plâtres modernes ont été disposés : Notre-Dame de Lourdes et saint Antoine de Padoue.

© PARVIS
octobre 2004
réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI
Centre théologique de Poitiers