L'église Saint-Maixent
de Prahecq
      (Deux-Sèvres)

Situation




"Je suis la lumière du monde." (Evangile de Jean 9, 5)
"Vous êtes la lumière du monde." (Evangile de Matthieu 5, 14)

Un ensemble fortifié...
      Le nom de Prahecq apparaît vers 1100 dans le cartulaire de l'abbaye de Saint-Maixent, à laquelle, quelque dix ans plus tard, Joscelin de Lezay va rendre l'église dont il s'était emparé.
      Dans l'environnement plus ou moins proche, des vestiges antiques attestent l'ancienneté du peuplement, tout comme le nom du ruisseau, la Guirande, qui évoque la limite territoriale entre Pictons et Santons.
      L'église, au 11e siècle, s'insérait dans un ensemble castral édifié par les comtes de Poitiers. Du château subsistent quelques bâtiments transformés ; de 1843 à 1954, ils abritèrent une communauté des Soeurs du Port, congrégation aujourd'hui disparue. Les Soeurs de l'Immaculée y vinrent de Niort en 1974.

      L'église, classée Monument historique en 1911, est placée sous le vocable de saint Maixent. De l'édifice roman ne subsistent qu'une baie ainsi que les supports et la voûte sous clocher. La fin du Moyen Age gothique verra sa reconstruction.
      Ravagée en 1568, durant les guerres de Religion, l'église subit une restauration qui s'acheva provisoirement en 1683. Autre période difficile, la Révolution en fera un dépôt de fourrage et de bois et un temple décadaire pour le culte de la Raison.


Un extérieur imposant...
      Qu'on l'aborde par le chevet ou la façade, l'église présente presque la même apparence : un pignon couronné par une croix antéfixe (1933), encadré par deux contreforts d'angles et raidi par deux autres contreforts plus élevés, eux aussi couverts en bâtière. Trois baies à réseau flamboyant ajourent le chevet plat. Le portail, dont le décor contraste avec l'austérité des parements, est surmonté d'une petite rose ; il a perdu ses deux statues.
      Les élévations latérales sont moins homogènes : remplois, disparités dans l'appareil, les contreforts, la répartition des baies, pignons aux rampants très saillants...

      On remarquera :
         * au nord : un second portail gothique, la crosse accompagnée des lettres S et M (Saint-Maixent) sur le contrefort qui la jouxte, une ancienne porte obturée... ;
         * au sud : la tourelle d'escalier remaniée, l'unique baie romane conservée, les pierres de remploi (hache gravée, claveau roman...) ;
         * et encore : quelques modillons romans, les reprises au bas des murs, les pierres disposées en génoise au-dessus de la corniche médiévale.


Un choeur lumineux...
      On pénètre dans l'église par un degré qui invite au recueillement. Le volume intérieur rectangulaire se divise en trois vaisseaux de quatre travées inégales en longueurs. L'élan vertical est accentué par certaines nervures de la fin du 15e siècle, dites de pénétration, issues des supports sans l'intermédiaire d'un chapiteau.

        Quelques éléments sculptés sont à remarquer : porte latérale, culots côté nord (chauve-souris, salamandre...), Vierge à l'Enfant d'une clé de voûte.
      Les puissants supports du clocher portent une coupole sur pendentifs - assez peu communs dans la région - et dotée, après coup, de nervures s'appuyant sur des colonnettes aux chapiteaux ornés de masques. Leurs colonnes engagées ont conservé des chapiteaux romans.

© PARVIS
février 2001
réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI
Centre théologique de Poitiers