L'église Saint-Macou
de Pouffonds
      (Deux-Sèvres)

Situation




"Feras-tu un miracle pour les morts,
les trépassés se lèveront-ils pour te célébrer ?"

(Psaume 88 (87), 11)

Près de la voie romaine...
      Une voie secondaire reliait Melle à la grande voie romaine de Poitiers à Saintes par Rom et Brioux, qu'elle rejoignait à Chail. Pouffonds se situait à proximité. Le nom du village apparaît dans plusieurs donations faites dans le dernier quart du 10e siècle à l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély : Villa Puteofontis in vicaria Teliolis in pago Metulinse (vers 982).

      L'église, dont la cure est à la nomination de l'évêque, apparaît à la fin du 13e siècle dans la liste des paroisses dressée par l'évêque Gautier de Bruges. Elle est placée sous le patronage de saint Maclou (Macou).
      Vers 1698, la cure est desservie par un vicaire perpétuel. Les chapelains de Fossemagne, de la ville de Melle, sont les curés en titre qui perçoivent la dîme.

      La paroisse sera rétablie après la Révolution, d'autant plus facilement que l'église n'avait pas été aliénée. Sa cloche avait été donnée à l'église Saint-Hilaire de Melle et refondue en 1841.
      L'église a subi des remaniements depuis le 18e siècle: ouverture d'une baie et construction du ballet (2e moitié du 18e s.), création d'une sacristie (1832), clocher-mur remplaçant un campanile sur les plans de l'architecte Alcide Boutaud (1902), aménagement intérieur aux frais de l'abbé Robineau (1910).


Entre cimetière et presbytère...
      L'église s'élève entre le petit cimetière en pente, à l'aspect aride depuis la disparition de ses noyers, encore en place à la fin du 19e siècle, et le presbytère construit entre 1870 et 1875 aux frais d'Olivier de La Coste-Messelière, prêtre dans la région parisienne. La croix hosannière du cimetière, disparue, datait de 1646 ; près de son socle, on remarque encore la tombe d'un prêtre, reconnaissable aux symboles sacerdotaux stylisés gravés dans la pierre. Le mur de clôture date de 1778.

      De l'édifice primitif, qui pourrait remonter au 12e siècle, subsistent la base du choeur en hémicycle, trois modillons et une baie de l'élévation nord. Le chevet est en pierres de taille, le reste en moellons de calcaire.

Depuis le haut Moyen Age, les églises sont généralement tournées vers l'est, où le soleil levant est image de la Résurrection. Cette orientation n'est pas respectée à Pouffonds.
      Passant sous le ballet, qui conserve ses banquettes de pierre, on pénètre dans l'église en descendant quatre marches et en franchissant un portail qui peut dater de la fin du 13e siècle, comme l'aménagement du choeur.
      La nef a un plan rectangulaire irrégulier, plus large en façade. Elle a été dotée en 1910 d'une fausse voûte en anse de panier et à lunettes (découpes). Dans le mur nord-est, curieusement le seul percé de baies, une sorte d'enfeu en arc brisé contient les fonts baptismaux (7).
      Le choeur, à voûte d'ogives, est précédé d'une petite travée droite couverte en berceau. De part et d'autre de l'arc brisé de son entrée s'ouvrent deux niches trilobées.


Le mobilier
      L'ensemble du mobilier date de la fin du 19e siècle ou du début du 20e, à l'exception des fonts à cuve octogonale qui paraissent un peu plus anciens.

L'octogone - huit côtés - est une forme souvent utilisée dans les baptistères : le 8 est en effet le chiffre du renouveau. La Création a demandé six jours, suivis du sabbat ; le Christ, le lendemain d'un jour de sabbat, la transfigure par sa résurrection. Le chrétien, mort et ressuscité en Jésus-Christ, se rappelle l'eau de son baptème en se signant avec l'eau bénite ; ici, la base du bénitier est d'ailleurs octogonale.

         Les six statues en plâtre moulé polychromé, si elles sont de faible valeur artistique, témoignent des dévotions et de la générosité d'une époque.

(1) Antoine dit de Padoue (1195-1231)
(2) Bernadette
(3) Radegonde
(4) Notre-Dame de Lourdes
(5) Joseph à l'Enfant
(6) Thérèse de Lisieux
Le vitrail de Guérithault
      Le vitrail du choeur présente une structure assez originale. Au centre, le saint évêque Maclou (sanctus Maclovius), patron de l'église, est représenté en pied, bénissant. Il est entouré de trois médaillons représentant, en bustes :

- Apolline, tenant la palme du martyre,
- Ferdinand, roi, portant la couronne, l'épée et un monde (boule surmontée d'une croix),
- Olivier, en pèlerin de Saint-Jacques avec une coquille sur l'épaule gauche.

      Ces personnages, identifiés en latin, sont les saints patrons de trois membres de la famille Frotier de La Coste-Messelière, du proche château des Ouches : Fernand [et non Ferdinand]-Camille (1839-1876), son frère l'abbé Olivier (1844-1900) et leur mère Louise-Rose-Apolline, née Jard-Panvilliers (1816-1845). On reconnaît leurs armoiries ainsi que celles de Monseigneur Pie, évêque de Poitiers.

      Ce vitrail d'axe, dont la date a disparu, a été réalisé vers 1870 par les frères Guérithault, maîtres-verriers de Poitiers, qui ont collaboré jusqu'en 1876. L'un se prénommait... Ferdinand.


"Que tes prêtres, Seigneur Dieu, soient revêtus de salut
et que tes fidèles se réjouissent dans le bonheur."

(2 Chroniques 6, 41)

© PARVIS
avril 2006
réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI
Centre théologique de Poitiers