L'église Saint-Laurent
de Parthenay
      (Deux-Sèvres)

Situation




"C'est pourquoi ils se tiennent devant le trône de Dieu,
et lui rendent un culte jour et nuit dans son temple."

(Apocalypse 7, 15)

      Dans la ville haute, l'église Saint-Laurent, sans doute construite au 11e siècle et rebâtie au 12e, dépendit de l'abbaye puis de l'évêché de Luçon. Elle aurait succédé à un sanctuaire plus ancien. Son cloître est mentionné en 1219. Elle sera la paroisse bourgeoise et marchande, située entre les églises du château : l'ancienne collégiale Sainte-Croix et Notre-Dame-de-la-Couldre, et celles des faubourgs.
      Elle présentait un vaisseau unique, un transept et une tour en façade, avec un portail entre deux arcades aveugles. On ignore quelle était la forme de son chevet.
      Comme il était fréquent en Poitou à la fin du 15e siècle, après la guerre de Cent Ans, la croissance de la population exige un agrandissement. Ici, ce sera par un collatéral, côté nord, après percement dés grandes arcades dans le mur gouttereau.

      En 1572, les voûtes s'effondrent, quatre ans après l'incendie allumé par les huguenots. Reconstruites, elles seront une nouvelle fois restaurées au milieu du 19e siècle.
      En 1852, la construction du collatéral sud révèle des sépultures médiévales. Les travaux se poursuivent avec la restauration de la tour du transept en 1865, puis par celle de la façade, dont la flèche néo-gothique est achevée en 1875. Dans le granite gris de la tour, refaite sur ses bases médiévales, on remarquera le remploi d'une dalle calcaire avec deux personnages. Ces saints, Pierre et Paul, seraient-ils les seuls vestiges de l'église du 11e siècle ?

      La nef comprend trois vaisseaux de trois travées. L'espace sous clocher, formant narthex, abrite les fonts baptismaux et un autel. Le vaisseau central est voûté en berceau brisé, les collatéraux le sont sur croisées d'ogives.
      On ne manquera pas de découvrir les étonnants chapiteaux romans de la pile nord-est.
         - Le premier est un Pèsement des âmes avec une balance en forme de croix, l'archange Michel, et le démon essayant de fausser l'opération.
         - Les autres scènes sont moins faciles à identifier : un personnage en empoigne un autre par les cheveux (scène infernale ? Massacre des Innocents ?), un homme armé d'une épée s'agenouille devant un personnage assis tenant un enfant (Adoration des Mages ? suite de la scène précédente ?), deux hommes regardent un personnage attaqué par des animaux...

      La partie orientale comprend une travée formant transept et un sanctuaire à chevet plat, dans lequel ont été insérés quelques remplois médiévaux, flanqué de deux absidioles carrées. L'absidiole nord est dédiée à la Vierge, l'absidiole sud à sainte Radegonde.
      Le choeur est décoré de deux grandes peintures murales de Grelet datées de 1874, c'est-à-dire de la fin des grandes campagnes de restauration.


         A droite, saint Bernard, réprimande le comte de Poitou, duc d'Aquitaine. La scène rappelle l'événement survenu à Parthenay.
        - En 1130, le légat Girard, évêque d'Angoulême entraîne Guillaume X, duc d'Aquitaine, à soutenir l'antipape Anaclet II.
        - En 1135, devant la façade de Notre-Dame-de-la-Couldre, à l'issue de la messe, on verra saint Bernard brandir le Saint Sacrement devant le duc, le menacer d'excommunication et finalement obtenir sa soumission au pape Innocent II.

      A gauche, la Dernière communion de saint Jérôme, d'après Domenico Zampieri (1581-1641), dit le Dominiquin, de l'atelier des Carrache. C'est en 1614 qu'il peint pour le Vatican une oeuvre qui restera longtemps admirée et inspirera, comme ici, de nombreux artistes.

© PARVIS
février 2001
réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI
Centre théologique de Poitiers