L'ancienne collégiale
Sainte-Croix
de Parthenay
      (Deux-Sèvres)

Situation




"O Crux ave, spes unica... Salut, Ô Croix, notre unique espérance."
(hymne Vexilla Regis)

      Une relique de la Vraie Croix, rapportée de Palestine et encore inventoriée en 1579, est à l'origine de la fondation de Sainte-Croix par Ebbon et son frère Gelduin, seigneurs de Parthenay. Elle avait sans doute été bâtie près du château pour en être l'église. Connue avant 1090, elle est confiée à un chapitre de 7 chanoines.
      Reconstruite au 12e siècle, Sainte-Croix se trouva englobée dans l'enceinte fortifiée, non loin de Notre-Dame-de-la-Couldre. Elle fut restaurée par le connétable de Richemont qui fit élever son austère clocher en 1457. Un ouragan abattra la flèche, déjà fragilisée par un séisme en 1711.


      Avant 1669, Charles-Armand de La Meilleraye, duc de Mazarin, bienfaiteur de Sainte-Croix, fait exécuter des travaux dans le choeur : retable monumental, percement des arcades, agrandissement des absidioles...
      En 1781, la façade est reconstruite, assez lourdement, à la suite de sa démolition pour l'élargissement de la rue. Des pierres du château seront remployées à cette occasion.
  
Charles de La Porte de la Meilleraye (+ 1664)
Son père, maréchal de France et cousin de Richelieu, avait acquis la baronnie de Parthenay en 1641. Ses cendres furent transférées de Paris à Sainte-Croix en 1681. Le tombeau fut dévasté à la Révolution. La dalle, martelée, fut déposée sur la place du château et utilisée pour des mariages civils. Rapportée dans un coin de l'église en 1803, elle servit de pierre d'autel en 1883, puis enfin, lors du réaménagement du sanctuaire à la suite du concile, fut encastrée dans le dallage.

      Le contraste est surprenant entre l'extérieur de l'église, pour lequel on a principalement mis en oeuvre le granite local, et l'intérieur, tout en calcaire.
      C'est au sud que le décor a été le plus soigné. Les baies romanes, entre les robustes contreforts sans élégance, sont ornées d'un ruban plissé tandis que chacun des claveaux de la porte est sculpté d'un griffon cabré.

      La nef comprend quatre travées et trois vaisseaux. Le vaisseau central, rythmé par des arcs doubleaux, est épaulé par des collatéraux voûtés de demi-berceaux peu usités en Poitou et qui rappellent Parthenay-le-Vieux. Le carré du transept à voûte bombé qui rappelle le style Plantagenet de la fin du 12e siècle.
      Ses chapiteaux ont été fortement restaurés mais on remarquera cependant, dans le collatéral sud, un Daniel entre les lions. La scène fréquemment représentée dans l'art roman - on la retrouvera à la façade de Notre-Dame-de-la-Coudre - préfigure de manière transparente la Résurrection du Christ, sorti du tombeau scellé, vainqueur du péché et de la mort.

      En 1853, la suppression du retable révèle l'existence de deux enfeux abritant deux gisants mutilés. Ces superbes gisants de marbre peint furent restaurés en 1880 et classés monuments historiques en 1912.



      A droite, Guillaume VII L'Archevêque (+ v. 1401) tient l'écu de la grande famille des seigneurs de Parthenay ; un chien, symbole de fidélité plutôt réservé aux femmes, est placé sous ses pieds.
      A gauche, son épouse, Jeanne de Mathefelon (+ v. 1415).
      Le plissé des étoffes, jamais aplati, donne l'impression de personnages sculptés en position verticale, presque vivants.

© PARVIS
février 2001
réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI
Centre théologique de Poitiers