L'église Saint-Germain
de Pamplie
    (Deux-Sèvres)

Situation




"...il m'a revêtu de force, afin que par moi
le message fût pleinement proclamé."

(2 Timothée 4, 17)

L'histoire et le site
      Le nom de Pamplie - Pampelia - apparaît dans l'histoire en 1097 dans les titres de l'abbaye Saint-Cyprien de Poitiers. La cure fut à la nomination de l'évêque de Poitiers, jusqu'au redécoupage de 1317, puis de Maillezais - La Rochelle jusqu'à la Révolution.

L'église, est placée sous le vocable de saint Germain (6e siècle). La date du 31 jullet indiquée comme fête du titulaire montre que celui-ci, parmi tous les saints ayant porté le nom de Germain, est l'évêque d'Auxerre.
      D'origine romane, l'église a été profondément remaniée, notamment au 15e siècle. Les armes des Janvre et leur devise figurent sur l'une des clés.
      Elle subit d'autres remaniements à la fin du 19e siècle puis au milieu du 20e : construction des deux sacristies et d'un caniveau en 1891, ouverture de deux baies et refonte d'une cloche la même année, réfection du sol, en ciment, en 1948, réparation du voûtement et du clocher deux ans plus tard.

Le clocher est alors amputé de sa flèche, haute de 22 mètres, qui penchait dangereusement.
      Du cimetière, où s'élève une belle croix hosannière, on descend vers l'église, bâtie au-delà du ruisseau de la Miochette, qu'il faut traverser pour l'atteindre.
      Un plan annoté ancien - il paraît dater des premières années du 19e siècle - montre l'église avec une abside et deux absidioles en hémicycles ainsi qu'une sacristie au nord de l'abside. L'édifice est implanté sur un espace cerné par un système de fossés et de ponceaux. Le degré de fiabilité de cet intéressant document reste à préciser.

Un édifice complexe
      En faisant le tour de l'église, on comprend la complexité de la construction. La position des contreforts d'angles, parfois disposés en oblique, montre que des travées ont été ajoutées. De même, on découvrira la grande baie du chevet, aujourd'hui obturée.
      Un porche - ou "ballet" - protège le portail donnant accès à l'église dont le niveau du sol intérieur a été exhaussé.

      Les travées sont presque toutes couvertes de voûtes sur croisées d'ogives. Le vaisseau central aligne quatre travées. Deux autres forment la chapelle sud et trois autres, enfin, forment le collatéral nord. Cette composition irrégulière offre à la liturgie un espace peu unifié, bien que trois piles seulement le divisent, mais cependant lumineux.
      Trois autels sont adossés aux murs du côté est.Traités à égalité, l'autel de la Vierge, au nord, et l'autel de saint Joseph, au sud, montrent par cette disposition l'importance du culte de la Sainte Famille à la fin du 19e siècle. Le regard est cependant attiré par l'autel majeur, au fond du sanctuaire.


Le retable
      Pour promouvoir le culte de l'eucharistie et celui des saints, le concile de Trente, au milieu du 16e siècle, va encourager une nouvelle organisation de l'espace intérieur des sanctuaires. Les grands retables constituent l'une des nouveautés qui, tout au long du 17e siècle, gagneront peu à peu les églises, jusqu'aux plus modestes comme celle de Pamplie.
      Le retable fut posé pour la fête de la Pentecôte 1667. Le tableau de la contretable représente une Pietà - la Vierge tenant dans ses bras le corps de son divin Fils - tandis que, de chaque côté, on reconnaît, dans des niches surmontées d'un fronton arrondi, les statues des saints Côme et Damien, portant une fiole d'apothicaire.

Les frères jumeaux Côme et Damien, sur lesquels l'histoire est moins loquace que la légende, auraient vécu en Asie mineure au 3e siècle. Ils auraient exercé la médecine, soignant les âmes et les corps avec autant de dévouement que de générosité. Ils auraient été martyrisés en Syrie. Ces deux saints patrons des médecins sont fêtés le 29 mars.

      Au-dessus de la Pietà, la statue de saint Germain, titulaire de l'église, occupe une position valorisée.
      Le tabernacle à ailes et ailerons, dont la porte est ornée d'un calice, semble légèrement plus récent : 18e siècle. Autre exemple des remaniements dont l'ensemble a fait l'objet, la peinture du baptême de sainte Geneviève par saint Germain, sur le devant de l'autel, est due au peintre E. Pidoux.
      En dépit de son aspect très composite, le retable de Pamplie reste une œuvre de grande qualité.

Pidoux a produit au 19e siècle des œuvres picturales pour plusieurs églises de Gâtine : Châtillon-sur-Thouet, Lageon, Vausseroux.

A voir également...
      Saint Hilaire - tableau de forme octogonale, 17e siècle, mur nord du chœur, près d'une porte de la même époque.


      Les statues sont des plâtres moulés modernes, témoignages des dévotions et de la générosité d'une époque. Jeanne d'Arc, Antoine de Padoue, Michel, Thérèse de l'Enfant Jésus, comptent parmi les plus communes dans nos églises.
      Il faut cependant mentionner la consécration de la paroisse au Sacré Cœur au cours de la douloureuse année 1871. Cette consécration fut l'occasion pour une paroissienne d'offrir une statue à la suite d'un vœu.

L'orfèvrerie sacrée et les ornements ont disparu pendant la Révolution ainsi que l'une des cloches. La bénédiction d'une nouvelle cloche eut lieu en 1981.
      Le chemin de Croix, en fonte peinte, date de 1850.

© PARVIS
mars 2003
réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI
Centre théologique de Poitiers