Un peu de vocabulaire

Agneau
      L'agneau, qui apparaît fréquemment dans la Bible, est souvent un symbole du Christ. Il fait aussi souvent référence à l'Apocalypse (5, 6) : "un agneau se dressait qui semblait immolé". L'ambiguïté du texte a conduit à deux représentations de l'animal, couché sur le livre ou, au contraire, debout et triomphant. C'est de cet Agneau vainqueur que les Anciens chanteront la louange : "Tu es digne de recevoir le livre et d'en rompre les sceaux, car tu as été immolé et tu as racheté pour Dieu, par ton sang, des hommes de toute tribu, langue, peuple et nation" (5, 9).

Chrisme
      Le chrisme, qui apparaît très tôt dans les monuments chrétiens, superpose les lettres grecques X (khi) et Ρ (rhô), les deux premières du mot Christ. Aux branches du X sont souvent accrochées les lettres Α (alpha) et Ω (oméga) pour signifier que le Christ est au principe et au terme de la création. Le graphisme connaît de nombreuses variantes et sa richesse symbolique est immense.

Immaculée Conception
      Dogme défini par le pape Pie IX en 1854 : la Vierge Marie a été préservée du péché originel. Il est fortement associé aux apparitions de Lourdes. Ne pas confondre avec la conception virginale de Jésus.

Litre
      Litre (de litra : bande) : bande de peinture décorée d'armoiries. Funéraire, elle est de couleur noire et à l'intérieur de l'édifice. Généralement, elle porte les armes de bienfaiteurs de l'église. Les seigneurs hauts-justiciers avait le droit de litre.

Monogramme IHS
      Formé des trois premières lettres grecques (IHS) du mot Jésus, qu'il signifie, le monogramme IHS est souvent sommé de la croix. Il a reçu plus tard d'autres interprétations, par exemple : Jésus, sauveur des hommes (Jesus Hominum Salvator).

Octogone
      Depuis l'Antiquité, l'octogone - huit côtés - est souvent la forme des cuves baptismales : le 8 est en effet le chiffre du renouveau. La Création a demandé six jours, suivis du sabbat ; le Christ, le lendemain d'un jour de sabbat, la transfigure par sa résurrection. Le chrétien, mort et ressuscité en Jésus-Christ, se rappelle l'eau de son baptême en se signant avec l'eau bénite.

Orientation
      Depuis le haut Moyen Age, les églises sont généralement tournées vers l'est, où le soleil levant est image de la Résurrection.
      "C'est un édifice élevé et étincelant ; il ne se déporte ni vers la gauche ni vers la droite, mais par le sommet de son fronton, il regarde vers le levant équinoxial." (Sidoine Apollinaire, 5e siècle)
      La règle sera moins respectée par la suite : exemples de changement d'axe à Magné, à Dangé et aux Ormes où aucun des deux édifices successifs ne fut orienté.


Rosaire
      Le rosaire remonte au moins au 12e siècle mais les Dominicains, à la suite de leur fondateur, popularisèrent cette dévotion qui allie la prière vocale du chapelet à la méditation de 15 mystères joyeux, douloureux et glorieux auxquels la Vierge Marie participe. Aux 150 psaumes de l'Office divin correspondent les 150 Ave Maria du Rosaire qui deviennent ainsi une sorte de psautier marial.

Rose et lis
      Le lis, qui précède la rose dans le floraire marial, symbolise la virginité, l'innocence, l'abandon à la grâce de Dieu :
      Observez les lis des champs, comme ils croissent : ils ne peinent ni ne filent, et, je vous le dis, Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n'a jamais été vêtu comme l'un d'eux. (Matthieu, 6, 28)
      La rose, symbole d'amour pur, rappelle la "rosa mystica", métaphore de la Vierge dans les litanies. Le Cantique des Cantiques associait les deux fleurs pour désigner la Sulamite, la fiancée du Cantique et préfigure de la Vierge :
      Je suis une rose du Sharon, un lis des vallées. Comme un lis parmi les ronces, telle est ma compagne parmi les filles. (Cantique 2, 1)


Tétragramme
      Le tétragramme est formé des quatre lettres hébraïques qui forment, de droite à gauche, le mot YAHVE, c'est-à-dire Dieu, Le Seigneur : Yod, Hé, Waw, Hé. Inscrites dans un triangle rayonnant, ces lettres, faute de pouvoir représenter Dieu, tentent de montrer ce qu'il est : l'Etre au-delà de tout être (le Nom que l'on ne prononce pas), la Trinité (le triangle), la Lumière (les rayons)... Le siècle des Lumières, amateur de spéculations philosophiques, a souvent utilisé le tétragramme. Mais peut-on exprimer l'inexprimable ? Peut-on dire Dieu sans passer par la figuration de l'humanité dont il a pris le visage en Jésus-Christ ?

Tétramorphe
       Inspirés des Kérubim assyriens (Ezechiel 1, 10 et 14, 10), animaux composites dont chaque aspect a été isolé, le Tétramorphe, que l'on retrouve dans Apocalypse 4, 7, a été associé aux évangélistes par les Pères de l'Eglise.
      Chacune des figures correspond au début d'un des évangiles et à une étape de la vie de Jésus. l'homme renvoie à la généalogie de Jésus (Matthieu - l'Incarnation), le taureau évoque l'animal sacrificiel, et donc le service du prêtre Zacharie au Temple (Luc - la Passion), le lion, la voix de Jean-Baptiste qui crie dans le désert et Jésus au désert parmi les bêtes sauvages (Marc - la Résurrection*), et l'aigle, la hauteur spirituelle (Jean - l'Ascension).
* Selon les anciens bestiaires, la lionne mettait bas des petits sans vie que leur père animait de son souffle après trois jours.