L'église Sainte-Marie-
Madeleine de Saint-
Liguaire de Niort
    (Deux-Sèvres)

Situation




"Rien n'est meilleur que la crainte du Seigneur, rien n'est plus doux
que de respirer dans les charges qu'il nous confie."

(Saint Léger, 7e siècle)

L'abbaye de Saint-Liguaire
      En 961, le frère du comte de Poitou, Eble, était abbé de Saint-Maixent. "En ce temps-là, continue la chronique, fut construit le monastère de Sainte-Marie de Saint-Vincent et de Saint-Léger, martyr, qui est situé sur la Sèvre". Il dépendit pendant un siècle de l'abbaye de Saint-Maixent, de règle bénédictine. Le nom latin de Léger, Leodegarius, deviendra Liguaire. L'abbaye bénédictine dépendait du diocèse de Saintes.

      De grandes constructions, monastère et église abbatiale, furent entreprises vers 1200, mais l'abbaye fut en partie incendiée par les anglais en 1364, pendant la Guerre de Cent Ans. Un second monastère fut bâti, au nord de l'église, vers 1530 mais peu après, en 1575, au cours des guerres de religions, l'église fut incendiée et ne sera jamais reconstruite. L'abbaye en mauvais état et n'ayant plus que cinq moines fut sécularisée en 1762 puis vendue à la Révolution. De cette abbaye subsistent une crypte, une salle capitulaire et trois arches du cloître.

L'église paroissiale Sainte-Marie-Madeleine

         Pour les habitants du bourg de Saint-Liguaire, fut élevée une église paroissiale Sainte-Marie-Madeleine. Son curé était nommé par l'abbé de la proche abbaye. Elle est citée pour la première fois en 1402.

      L'église est sur un plan rectangulaire. Son chevet plat et sa faible élévation lui donnent un aspect quelque peu trapu. La nef est composée de trois travées à voûtes d'ogives quadripartites. Les contreforts sont à l'intérieur de l'église et forment des chapelles latérales.

      En 1775, le curé Nicolas Bernard fit construire le presbytère de ses deniers et remonter le portail avec des colonnes et chapiteaux de l'abbatiale de 1200.

      C'est peut-être de son temps que date l'autel latéral sud avec son tabernacle orné d'un Christ étendant les bras et regardant vers le ciel. Ce tabernacle contient aujourd'hui la réserve eucharistique.


      De la même époque daterait le vitrail d'axe qui fut détruit, à l'exception de sa partie supérieure représentant sainte Marie-Madeleine, lorsque l'on construisit une sacristie contre le chevet à la fin du 19ème siècle.
      Dans la dernière chapelle latérale de droite, le confessionnal, de 1762, est classé Monument historique.

      Au 19ème siècle, on suréleva le clocher de 2 mètres parce qu'on entendait mal la cloche, "Marie-Thérèse", installée en 1819. Une autre cloche fut offerte en 1880 par Roger Levesque. Une troisième fut acquise par souscription vers 1930.


Nouveaux aménagements
      A partir de la fin du 19ème siècle, beaucoup d'efforts furent faits pour embellir et faire vivre cette petite église. Parmi ceux qui s'y dévouèrent, il faut citer en premier lieu l'abbé Paul Roy de Combrand, curé de 1911 à 1944. C'est à lui que l'on doit les panneaux placés à l'entrée : historique de l'abbaye et de la paroisse à gauche, liste des abbés et des curés à droite. Il fit restaurer l'intérieur, rejointoyer les voûtes, reprendre les parements des murs. En 1972, Les fonts baptismaux sont passés de la droite à la gauche de l'entrée ; au dessus, le vitrail de saint Hilaire, évêque de Poitiers au 4ème siècle, est du bordelais G.P. Dagrand.

      La sacristie, après la démolition de celle qui avait été malheureusement adossée au chevet, fut réinstallée à droite de l'entrée. Le Baptême du Christ est un tableau du 17ème siècle. Le vitrail représentant Jean Baptiste, patron des chamoiseurs fut offert en 1928 par Léon Rousseau, chamoiseur. Y figurent un ouvrier mégissier et les outils de la corporation.

      Dans la première chapelle de droite se trouve un autel avec une Vierge à l'Enfant. Le vitrail qui montre Anne apprenant à lire à Marie a été offert à l'occasion de la mission de 1952. Les statues de Saint-Antoine de Padoue et de Thérèse de l'Enfant Jésus furent installées en 1932 offertes par la Ligue Féminine d'Action Catholique.

         Dans la deuxième chapelle, vitrail de Sainte Macrine et en dessous, chapelle Sainte Macrine de Magné. Les deux statues sont celles de Sainte Marie-Madeleine, patronne de l'église et de Sainte Chantal (?).

      Entre la deuxième et la troisième chapelle, on pourra vénérer les reliques de Saint Léger, données par l'église St-Léger-du-Bois, au diocèse d'Angers, à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye de St-Liguaire en 1961.

      Le vitrail de la chapelle du Saint Sacrement représente Saint Joseph avec Jésus adolescent, il est de Dagrand et date de 1902. Deux reliquaires, classés Monument Historique, vont être posés.

      Sur la face nord, la première chapelle a un autel ancien, le vitrail de la Vierge à l'Enfant date de 1896. Dans les chapelles suivantes, deux vitraux représentent Saint Georges et Saint Léger, offerts par le Général Deville en 1918 avec deux extraits du Psaume 27, verset 3 : "Qu'une armée vienne camper contre moi, mon cœur est sans crainte" et "Qu'une guerre éclate contre moi, j'ai là ma confiance".

      A côté du monument aux morts de la guerre de 1914-1918 se trouve une statue de Jeanne d'Arc sortie des ateliers Rouillard d'Angers et bénite en 1910.

Point de vue...
      Dans cette maison de prière, le chœur est desservi par le grand espace blanc de la verrière d'axe, qu'encadrent deux tableaux de saint Pierre, à gauche, et de saint Paul, à droite. De ce fait, il manque, pour le visiteur un point fort qui retienne l'attention sur ce lieu essentiel. Lors des célébrations, l'autel redonne à l'église tout son sens.

© PARVIS
décembre 2004
réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI
Centre théologique de Poitiers