L'église Saint-Florent
de Niort
    (Deux-Sèvres)

Situation




"Mon Dieu, j'ai fait de toi mon refuge,
Tu m'apprends les chemins de la vie."

(Psaume 15)

Une grande ancienneté
      Les éléments les plus intéressants de cette petite église sont peut-être les trois reliefs en méplat encastrés dans la façade ouest. Dans deux d'entre eux on pourrait reconnaître de grossières figurations de l'Annonciation (?) et de la Visitation (?).

   

         Le quatrième remploi, de même facture, incrusté dans le mur sud de la nef, représente le Christ, identifiable par la croix dessinée autour de sa tête.

      On sait que la sculpture sur pierre connut une éclipse en Occident entre le 8e et le début du 11e siècle ; ces sculptures d'apparence naïve pourraient donc remonter jusqu'à la période mérovingienne.

      Un concile tenu à Verberie en 869 confirma à l'abbaye poitevine de Charroux - fondée à la fin du 8e siècle - trois "monastères" dont celui "construit dans le pays de Saintonge en l'honneur de saint Florent, martyr". Saint Florent relèvera dès lors de Charroux comme prieuré et paroisse.

Saint Florent, fêté le 22 septembre, vécut au 5e ou 6e siècle au Mont-Glonne, près de la Loire, alors du diocèse de Poitiers. Au 7e siècle, une abbaye s'établira en ce lieu qui deviendra, par la suite, Saint-Florent-le-Vieil.
Florent est dit martyr, sans doute par confusion avec un martyr du 4e siècle, saint Florian. Celui-ci, d'après sa vie - purement légendaire - écrite au 9e siècle, serait son frère.

      Saint-Florent sera la dernière paroisse du diocèse de Saintes limitrophe de la ville de Niort. Celle-ci s'établira au 10e siècle sur la rive gauche de la Sèvre, autour du château bâti par le comte de Poitou pour contenir la Saintonge.


Une église romane
      L'église est aujourd'hui comprise dans la partie sud de la ville de Niort. Située à l'écart de la route, au sein d'un cimetière fermé depuis 30 ans, elle reste l'un des derniers témoins d'une histoire ancienne.

      L'église actuelle remonte au 11e ou 12e siècle. C'est une simple salle rectangulaire avec un chœur à chevet plat. Les murs de la nef, principalement au sud, et leurs baies datent de cette époque.

      La haute façade nue, percée d'une simple porte en plein cintre, est sommée d'un clocher-mur à deux baies. Les cloches datent de 1902 et l'une a été refaite en 1952. Le clocher et la baie du chœur ont été reconstruits à la fin de Moyen Âge.


La "crypte" du curé
      Une marche, au bout de la nef, introduit à un palier sous lequel, en 1856, fut découverte une "crypte" formée de deux couloirs parallèles réunis par un passage établi sous un sarcophage.
      La faible hauteur de cet espace, le fait que l'eau y stagne en permanence sont peu compatibles avec la fonction liturgique d'une véritable crypte.

Ce caveau fut peut-être la sépulture d'un curé dont l'épitaphe est gravée sur le mur, à droite de l'entrée du chœur.
"Cy gist le corps de messire Gilbert Matheron, prestre, bachelier en théologie, curé de Saint-Florant pandent 40 ans, bienfacteur de cette église, qui décéda le 29 septembre 1702, agé de 70 ans. Priez Dieu pour son âme."

L'après-concile de Vatican II
      Le chœur se terminait par un hémicycle dissimulant un mur droit ; c'est l'inverse du dispositif plus fréquemment rencontré. L'hémicycle a été supprimé, de même que l'ancien maître-autel avec une statue du Sacré Cœur. Un autel a été placé en avant pour permettre la célébration face au peuple.

         Le retour à un chevet droit a dégagé une grande baie au-dessus de laquelle on peut lire : JEAN DE LA BARRE, PRIEUR, SEIGNEUR DE CE BOURG. Le vitrail de cette baie axiale, représentant la Vierge à l'Enfant, est l'œuvre de Jean-Claude Coulais (1965 ou 1966).

      La croix en bois, à gauche de l'entrée du chœur, est due au sculpteur Laurent Page et date de 1983. Le chemin de Croix fut réalisé en 1966 par Gaston Page, père du précédent.

      Le plafond en plâtre de la nef a été refait en 2001, en staff (plâtre, fibres végétales, armature). Il est plus bas que le chœur, ce qui produit un effet curieux.

Salut, Mère de miséricorde,
Mère de Dieu et mère de pardon,
Mère de l'espoir et mère de grâce,
Mère pleine de sainte joie,
Ô Marie !...

Salut, heureuse Vierge Mére,
car celui qui siège à la droite du Père
et qui gouverne le ciel, la terre et les airs
s'est enfermé dans votre sein,
Ô Marie !...

Soyez, Mère, notre consolation,
soyez, Vierge, notre joie, et unissez-nous enfin,
pleins de joie, aux choeurs célestes,
Ô Marie !


(prière écrite au XIIIème siècle)

© PARVIS
décembre 2004
réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI
Centre théologique de Poitiers