L'église Saint-Pierre
de Fenioux
    (Deux-Sèvres)

Situation




"Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise."
(Evangile de Matthieu 16, 18)

L'histoire
      A la demande d'un certain Geldin, l'église Saint-Pierre de Fenioux fut donnée en 1093 par Gui de Vaucouleurs aux religieux de Parthenay-le-Vieux.
      L'édifice date principalement du milieu du 12e siècle mais fut agrandi au 16e, sur un espace limité par le mur nord de la nef et le bras du transept, par une chapelle funéraire dite "la chapelle rompue".

Avant 1525, date de son mariage avec Louise de Montfaucon, François Ratault, seigneur de la Braudière, entreprend la construction de la chapelle. Le maître d'œuvre en fut peut-être Jacques Goiraud, de Montaigu. La ruine de la famille, vers 1531, laissa inachevé un bâtiment que les guerres de Religion finirent probablement de détruire.
      Supprimées par l'architecte Brun au cours de travaux de restauration, au début des années 1930, les surélavations des murs latéraux de la nef évoquaient davantage la période des guerres de Religion que les dispositifs fortifiés de la guerre de Cent Ans.
      A l'occasion de la même campagne, le clocher fut retouché pour prendre son aspect actuel.
      A partir des dernières années du 20e siècle, de nouveaux travaux sont entrepris : éclairage extérieur, restauration complère de l'édifice, examen des parois qui révèle des traces de décor mural.

      L'église est Monument historique depuis 1888.
      La construction, assise sans fondations sur le schiste affleurant, associe les moellons de rhyolite - une roche peu éloignée du granit - et la pierre de taille calcaire employée notamment pour la façade, le clocher, l'abside et les sculptures.
      La façade, raidie par de puissants contreforts d'angles à glacis, est percée d'un portail en arc brisé. Son archivolte se compose de quatre voussures retombant sur des colonnes par l'intermédiaire de chapiteaux.

      Ces chapiteaux sont sculptés d'un décor végétal - palmettes et feuillage - mais aussi de scènes historiées :
      - à gauche, Samson et le lion, Samson et les portes de Gaza;
      - à droite, travaux des champs (un homme coupe un arbre, un autre abat un porc...).

L'épisode de Gaza (1 Juges 16, 1-3) au cours duquel Samson arrache, à son réveil au milieu de la nuit, les portes de la ville où ses ennemis croyaient pouvoir l'emprisonner, a été très tôt interprété comme une préfigure détaillée de la Résurrection : le héros est l'image du Christ sortant vainqueur de son tombeau au matin de Pâques. Samson tuant le lion (1 Juges 14, 5-6) est une autre image de la victoire contre le péché et la mort.
      Trois marches permettent de descendre dans la nef dont le dallage pierre est en grande partie récent. Le vaisseau unique aligne deux travées presque carrées qui reçoivent le jour de quatre baies à base en glacis.
      Le carré du transept, sur lequel s'élève le clocher, est couvert d'une coupole sur pendentifs.
      Sur le transept, dont le bras nord est légèrement plus long que le bras sud, viennent se greffer deux absidioles et le sanctuaire avec sa travée droite et son abside en hémicycle. Le voûtement en berceau brisé est complété par les culs-de-fours des absides.

Sous la sacristie, une crypte probablement peu ancienne a été redécouverte en 1932 par le curé de Fenioux.

Les vitraux
      Les trois baies de l'abside ont reçu des vitraux provenant des ateliers Fournier, à Tours, et datés de 1879.

   Successeur de Lobin, Fournier, très productif, a réalisé de nombreux vitraux dans le diocèse de Poitiers.       Au centre, on reconnaît la Mission de Pierre, saint titulaire de l'église. De part et d'autre, dans des grisailles d'ornement et traités à égalité, le Sacré Cœur de Jésus et le Sacré Cœur de Marie.
Venant en contraste avec son triple reniement, la triple affirmation de l'amour de Pierre pour Jésus correspond aussi à la confirmation, après la Résurrection, de la mission dont celui-ci le charge.

Après le repas, Jésus dit à Simon-Pierre : "Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ?" Il répondit : "Oui, Seigneur, tu sais que je t'aimes" et Jésus lui dit alors : "Pais mes agneaux." (Jean 21, 15)

Les statues
      Les statues sont des plâtres moulés modernes, témoignages des dévotions et de la générosité d'une époque et très fréquemment rencontrés dans nos églises.
      On reconnaîtra : Thérèse de l'Enfant Jésus, Pierre, Paul (?), Jean-Baptiste et - sa présence est moins commune - Catherine, reconnaissable à la palme des martyrs et à la roue de son supplice.

Une belle statue de sainte Catherine - 16e siècle - est conservée dans l'église Sainte-Eulalie de Secondigny.

L'autel de l'absidiole nord
      Alors que les fonts baptismaux sont maintenant disposés dans l'absidiole sud, l'absidiole nord a gardé son autel de pierre du 19e siècle.
      Sur le devant, de nombreux personnages sont mis en scène. Anne et Joachim, Joseph et Marie, Elizabeth et Zacharie assistent aux jeux des deux jeunes cousins : Jésus et Jean-Baptiste, exaltant ainsi les valeurs de la Sainte Famille, ici élargie.

Jean-Baptiste, né avant Jésus, est représenté un peu plus grand. Celui qui sera le dernier des prophètes de l'Ancien Testament et ascète du désert a déjà son vêtement en poil de chameau !

      Des emprunts aux litanies de la Sainte Vierge, dites "de Lorette", encadrent la scène : Turris David (Tour de David), Federis arca (Arche d'alliance)...

© PARVIS
mars 2003
réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI
Centre théologique de Poitiers