La chapelle
Sainte-Radegonde
de Marconnay
      (Vienne)

Situation




"Parée de mille couleurs, elle est menée vers le roi..."
(Psaume 45 (44), 14)

Un pèlerinage renaît
      La vieille église paroissiale Sainte-Radegonde avait été aliénée. Depuis la séparation des Eglises et de l'Etat (1905), le rachat progressif de ses ruines, de minuscules chènevières environnantes et de diverses parcelles a permis de reconstituer un petit ensemble autour de l'ancien lieu de culte. Cet espace est redevenu un lieu de pèlerinage sous l'impulsion du Père Sapin. Chaque année, vers le 13 août, à l'occasion de la Sainte Radegonde, la foule se rassemble sur le site.

Avant la Révolution, Sainte-Radegonde-de-Marconnay était une paroisse à part entière. Après le Concordat, elle fut rattachée à Mazeuil pour n'être rétablie qu'en 1849. Le chef-lieu de la commune, en 1864, passe à Verger-sur-Dive... éloigné de 1500 m de cette rivière ! En 1972, Verger-sur-Dive est rattaché à La Grimaudière.
La Chapelle
      Elle s'élève au centre d'un enclos, à quelque distance de la fontaine Sainte-Radegonde qui sourd à mi-pente.
      De l'église ont été conservées lors de la restauration :
         - une partie du mur latéral sud qui constitue l'arrière du podium moderne,
         - une partie du mur pignon est, couronné par une croix antéfixe ancienne.
      A droite de l'entrée, la croix est un montage intégrant une croix pattée ancienne.


Les vitraux
      Sainte Radegonde et les saints de son entourage :
         (A) Saint Médard,
         (B) Sainte Clotilde,
         (C) Sainte Agnès,
         (D) Sainte Radegonde,
         (E) Sainte Disciole,
         (F) Saint Fortunat.

Les premiers "vitraux" étaient en matière plastique et contreplaqué. Ils ont été refaits, de manière plus classique, en verre et plomb par l'atelier vitrail de Remouillé, près de Nantes. Les dessins initiaux ont cependant été respectés. Les personnages sont représentés en pied, proches de la tradition médiévale.
Les peintures murales
      Vie de sainte Radegonde :
         (1) Le sort de la jeune princesse est joué aux dés entre Clotaire et son frère Thierry.
         (2) Elle part en bateau.
         (3) Son mariage avec le roi Clotaire.
         (4) Elle détruit des temples païens.
         (5) Elle s'adonne à des œuvres de charité.
         (6) Apparition du Christ à Radegonde.
         (7) Miracles opérés par Radegonde.
         (8) Le miracle des avoines.
         (9) Radegonde construit l'abbaye Sainte-Croix et reçoit la relique de la vraie croix.
         (10) Mort de Radegonde et ses funérailles présidées par l'évêque Grégoire de Tours.

Quelques personnages...
      Radegonde, princesse thuringienne, épouse Clotaire, roi des Francs. Révoltée par la violence du roi et de son entourage, elle s'enfuit et vient fonder, au milieu du 6e siècle, l'abbaye Sainte-Croix, qui existe encore de nos jours, à Poitiers. Elle meurt en 587 et deviendra la sainte patronne de la ville.

      Agnès et Disciole furent, à Sainte-Croix, les saintes compagnes de Radegonde. La première gouverna l'abbaye dont Radegonde, par humilité, ne fut jamais abbesse. Elles sont fêtées le 15 mai.

      Venance Fortunat, clerc italien visitant la Gaule, fut accueilli par Radegonde. Intendant, puis aumônier de Sainte-Croix, il deviendra évêque de Poitiers. Héritier des splendeurs de la littérature antique, il compose de nombreuses œuvres poétiques, parmi lesquelles l'hymne Vexilla Regis. Mort en 600, il est fêté le 15 décembre.

      Médard, saint évêque de Noyon, joue un rôle important dans la vie de Radegonde. Il est notamment celui qui la consacre à la vie religieuse.

      Clotilde, épouse de Clovis, est ici représentée parce que son destin de souveraine chrétienne se rapproche de celui de Radegonde dont elle était, par ailleurs, la belle-mère.

         Des créations artistiques contemporaines en un lieu aussi isolé : voilà qui n'est pas si fréquent en Poitou. Les peintures ont été réalisées en 1975 par les élèves de l'école d'art "La Poulinière" de Saint-Lô qui furent aussi les créateurs des premières œuvres fermant les baies.

La présence de réfugiés normands dans la région, en 1944, et les liens conservés depuis lors explique l'intervention des artistes de Saint-Lô.

© PARVIS
janvier 2003
réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI
Centre théologique de Poitiers