L'église Saint-Porchaire
de Bressuire
   (Deux-Sèvres)

Situation




"Ils vinrent et se mirent à l'œuvre dans la Maison du Seigneur,
du tout-puissant, leur Dieu."

(Aggée 1, 14)

Une paroisse ancienne
      Il n'est pas impossible que Saint-Porchaire ait été la paroisse-mère dont Bressuire fut distrait. Cette cure, annexée au doyenné de Bressuire sous l'Ancien Régime, constituait la résidence du doyen à la tête de ce vaste territoire.

Au cours de la première moitié du 16e siècle, Saint-Porchaire fut un centre artisanal réputé pour ses céramiques.
      Relativement épargnée par la Révolution en raison de sa situation quelque peu écartée, Saint-Porchaire devint, après le Concordat, l'un des principaux foyers de la "Petite Eglise" qui le refusait : en 1805, le tiers de la population est considéré comme "dissident".

La vie de saint Porchaire, Abbé de Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers, est mal connue. Il vécut au 6e/7e siècles et fut inhumé dans l'église de Poitiers placée sous son vocable au 10e siècle. Sa tombe, porteuse d'une inscription, y fut retrouvée au 17e siècle.

Une modeste église
      L'église actuelle, environnée de constructions, date de la fin du 12e siècle ou de la première moitié du 13e. Remaniée au 15e, comme en témoigne la baie axiale, elle a subi des restaurations de grande ampleur au 19e siècle : couvertures, aménagements et décor intérieur...
      La façade, encadrée par deux contreforts, est percée d'une porte en arc brisé dotée d'une archivolte à trois rouleaux. Le pignon est lui-même percé d'une étroite baie en arc brisé.

      La nef charpentée, dotée d'une fausse voûte, reçoit le jour de quatre baies. Les deux premières sont garnies de verres blancs, les deux autres de vitraux.
      La travée sous clocher, entre nef et sanctuaire, est légèrement plus étoite. Les ogives de son voûtement, renforcé par des liernes, retombent sur des chapiteaux aux crochets assez rustiques. A droite, une porte donne accès à la sacristie moderne.
      Le chœur à chevet plat est également voûté sur croisée d'ogives. En plus de la verrière axiale, il est éclairé par une autre baie du côté sud.

Les vitraux
      Quatre des vitraux sont dus à Charles des Granges, verrier clermontois dont l'abondante production est bien représentée dans la région. Ils datent de 1874.

      Dans la nef :
- à gauche, saint Joseph,
- à droite, saint Jean-Baptiste.
      Sous le clocher :
- à gauche, le Sacré Cœur de Jésus,
- à droite, saint Louis, roi de France.

P.P.N. = "Priez pour nous". Le sigle met ici en valeur le rôle intercesseur des saints.
"Voilà ce cœur qui a tant aimé les hommes" est la phrase qui accompagne souvent les représentations du Sacré Cœur.

         La composition de la verrière axiale, réalisée par les ateliers Lobin, de Tours, également très productifs, est plus singulière. Datant de 1864, époque du réaménagement du sanctuaire, elle associe, à égalité, saint Martin et saint Porchaire, titulaire de l'église, surmontés par une Assomption de la Vierge.

Martin. La scène dite "Charité de saint Martin" est souvent représentée mais les vitraux le figurent plutôt en évêque.       Le dernier vitrail, à droite, représente saint André. Il est l'œuvre de B. Renoncé, de Nantes, et date seulement de 1986.

Les statues
      Les statues sont des plâtres moulés modernes, polychromés ou non. Elles témoignent des dévotions et de la générosité d'une époque, la fin du 19e et le début du 20e siècle.
      On reconnaîtra, faisant parfois double emploi avec les vitraux :
- dans la nef et sous le clocher : l'Enfant Jésus de Prague, Joseph, Jeanne d'Arc, le Sacré Cœur, Antoine de Padoue, Thérèse de l'Enfant Jésus et trois représentations de la Vierge Marie.
- dans le sanctuaire, accompagnant un Christ en croix : Michel et Genès.

La Madone et Notre-Dame de Lourdes sont souvent présentes dans nos églises, la Vierge dite "des trois Ave Maria" est beaucoup plus rare.

Michel (= Qui est comme Dieu), est le prince de la milice céleste (Daniel 12, 1). Chef du combat spirituel, il terrasse le dragon (Apocalypse 12, 7-8), arrache au démon le corps de Moïse (Jude 9) et préside au Pèsement des âmes. La facture assez vigoureuse de cette statue la distingue de la plupart des autres représentations de l'archange rencontrées à cette époque.

Genès, peu vénéré dans le diocèse si l'on excepte la paroisse de Saint-Genest-d'Ambierre dans le Mirebalais, l'histoire se montre avare sur les quatre saints personnages ayant porté ce nom au cours des premiers siècles. Il est ici représenté en soldat romain et en martyr.

A voir également...
      Les boiseries du chœur, qui datent de la seconde moitié du 19e siècle, comme le chemin de Croix, érigé le 16 avril 1892.

Cette époque, celle du principal réaménagement de l'église, est fortement représentée dans tout l'édifice dont l'état exigeait une restauration. De même, l'expansion démographique demandait la libération d'un espace supplémentaire sans recourir à un coûteux agrandissement.
A partir du rétablissement de la cloche, en 1854, les paroissiens verront ainsi, tous les dix ans environ, leur église enrichie de quelque nouveauté. On peut regretter toutefois la disparition de l'ancien retable et d'une toile figurant la résurrection de Lazare.

© PARVIS
février 2003
réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI
Centre théologique de Poitiers