L'église Saint-Pierre
de Béthines
      (Vienne)

Situation




"...et de dire encore une fois, pour moi, à votre Mère :
'Femme, voilà votre fille'."

(Sainte Jeanne-Elisabeth)

Une origine ancienne...
      Une nécropole mérovingienne s'étendait sous la place au centre du village qui domine la vallée du Salleron. L'existence de l'église Saint-Pierre est attestée dès la première moitié du 10e siècle : elle est desservie par les prêtres Dodon et Israël et se trouve sous l'autorité de l'évêque. Béthines est alors qualifié de vicus, c'est-à-dire de petite agglomération. La paroisse comprenait le territoire de Villemort qui en sera distrait en 1776 pour former une paroisse particulière.
      En 1184, Béthines est cité pour la première fois dans la dépendance de l'abbaye de Saint-Savin qui y aura un prieuré. C'est l'abbé de Saint-Savin qui nomme le curé.

      Entre Berry et Poitou, entre Saint-Savinois et Montmorillonnais, Béthines est partagé, sous l'Ancien Régime, entre plusieurs seigneuries ecclésiastiques. La division de la partie orientale de l'église en trois profonds espaces voûtés communiquant par des arcades répond à ce partage :
         * Le choeur était sous l'autorité de l'abbaye de Saint-Savin et la responsabilité du prieur.
         * La chapelle sud, encore dite "de la Châtille" à la fin du 19e siècle, appartenait à la Maison-Dieu de Montmorillon, seigneur de la commanderie de la Châtille, aux mains des Augustins depuis le 17e siècle.
         * La chapelle nord appartenait aux Dames fontevristes de La Puye, présentes à Béthines par leur seigneurie de Vrassac.
      On peut encore mentionner les Dames fontevristes de Villesalem, "seigneur décimateur", ayant des obligations quant à l'entretien du choeur.

      Le clocher en pierre du 12e siècle, inscrit à l'inventaire des Monuments historiques, est intégré au flanc sud. Une corniche portée par des modillons à têtes souligne l'étage des baies. La flèche octogonale est accostée de quatre pinacles terminés par des boules.
      Des traces d'anciens accès se distinguent encore dans le mur nord. Remarquer les contreforts du côté sud et la porte moulurée, l'ampleur impressionnante du chevet...
      Le vaste espace rectangulaire de la nef, à fausse voûte, reçoit le jour par les baies du mur sud. La nef fut allongée en 1841. Un degré de quatre marches précède son entrée moderne surmontée d'un oculus.

      Après la tourmente révolutionnaire, la paroisse connaît une précoce et remarquable "restauration". L'abbé Jean-Baptiste Vacherie, déporté en 1792, restera curé jusqu'à sa mort, en 1819. L'église et son mobilier témoignent de l'élan religieux de cette époque.
      La chapelle sud devint chapelle du Sacré-Coeur en 1832 , à la suite de la fondation de l'archiconfrérie du Sacré-Coeur de Jésus. La même année, la chapelle nord est concédée, sous le vocable de Notre-Dame, aux Filles de la Croix qui donnèrent alors une parcelle pour la construction des fonts baptismaux.

Jeanne-Elisabeth Bichier des Âges
      C'est à Béthines, dans la propriété familiale de la Guimetière, que Jeanne-Elisabeth, native du proche Berry avait entrepris une première expérience de vie religieuse.
      Béthines deviendra la première des nombreuses fondations de son Institut.



      Devant l'église s'élève une grande croix de bois fichée dans un socle en forme de "tombeau". Erigée à l'issue de la mission de 1822, elle est l'une des rares croix de ce type qui subsiste du temps de la Restauration. Elle présente une particularité peu fréquente à l'époque : la présence des instruments de la Passion sur le bois.

© PARVIS
février 2001
réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI
Centre théologique de Poitiers