L'église Saint-Sulpice
d'Aulnay
      (Vienne)

Situation




"Quelle joie quand on m'a dit : 'Allons à la maison du Seigneur !'"
(Psaume 122 (121), 1)

Un prieuré-cure
      L'église Saint-Sulpice d'Aulnay en Loudunais, en un site où ont dû abonder les aulnes, probable origine du toponyme, existait avant le début du 13° siècle.

Autres églises Saint-Sulpice : à Asnières-sur-Blour (près de l'Isle-Jourdain), Charroux, Oyré et Teillou.
      En 1231, l'évêque de Poitiers, Philippe, la donne à l'abbaye des chanoines réguliers de Saint-Augustin fondée au siècle précédent à Fontaine-le-Comte, près de Poitiers.

Les chanoines réguliers, qui suivent la règle dite de saint Augustin, inspirée des écrits de ce Père de l'église donnant des conseils de vie commune, vivent comme des moines mais ils assurent aussi une activité pastorale, à la différence des moines bénédictins.
      A partir de 1231, Aulnay sera donc un prieuré-cure, desservi par deux chanoines réguliers.
      L'appauvrissement de l'abbaye conduira, en 1328, à la réunion des revenus du prieuré à la mense commune, c'est-à-dire aux ressources nécessaires, pour la vie des chanoines de Fontaine-le-Comte. Dès lors, il n'y aura plus de prieuré à Aulnay mais une simple église paroissiale dont le desservant sera un prêtre nommé par l'Abbé.


Une église toute simple
      L'église d'Aulnay, est constituée d'une nef de 14 m de long sur près de 6 m de large, couverte d'un plafond, prolongée, au-delà d'une arcade, par un choeur en hémicycle, voûté et éclairé par cinq baies.
      Le choeur, roman, doit être admiré de l'extérieur, bien qu'il ne conserve plus qu'une de ses baies romanes et deux modillons anciens et qu'il soit en partie dissimulé par une construction adventice.
      Le clocher-mur, à la jonction de la nef et du choeur, est épaulé par un contrefort.


Les autels et les vitraux
      Les autels et les vitraux datent du 19° siècle. Le maître-autel est orné des statues de saint Sulpice, sainte Cécile et saint Charles Borromée.

Le saint patron de l'église est normalement représenté. Plutôt qu'à des dévotions populaires, il faut penser, pour le choix des autres statues aux saints patrons des généreux donateurs, omniprésents dans tout l'édifice.
      Les petits autels latéraux, à la jonction de la nef et du choeur, sont dédiés à saint Joseph et à la Vierge Marie. Un tel dispositif est commun à cette époque.
      Le vitrail sud-ouest de la nef représente saint Urbain, prénom du mari de la donatrice, Madame Confex-La Chambre. Le vitrail sud-est figure à nouveau Charles Borromée.

Né en 1538, Charles Borromée est cardinal à 23 ans. Peu après archevêque de Milan, sa ville natale, il a sur le concile de Trente une influence décisive et s'applique à mettre en oeuvre les réformes promulguées par son oncle le pape Pie IV. II crée le premier séminaire, restaure la discipline des Ordres religieux...
En dépit de ses origines, il mène une vie de pauvreté, notamment pendant une épidémie, et meurt à 43 ans.

      Ces deux vitraux sont signés : Stelzt, peintre à Nancy.

Cet artiste, moins actif dans le diocèse que d'autres maîtres-verriers de son époque (Fournier, Dagrand, Charlemagne, Lobin, les frères Guérithault...) a également travaillé à Chenay (Deux-Sèvres), Quinçay, Neuville (Vienne)...
      Le vitrail sud du choeur représente sainte Marcelline, vierge milanaise du 4° siècle, peu vénérée dans le diocèse de Poitiers. C'est un autre exemple de l'influence des donateurs sur le choix des sujets.


La chapelle
      Sur le choeur, à gauche, se greffe une chapelle. Son vitrail, dans le mur nord, figure saint Edgard. La présence de ce saint, roi d'Angleterre au 10° siècle, n'étonnera le visiteur que s'il ignore que l'un des châtelains d'Aulnay portait ce prénom.
      L'autel s'orne de l'Agneau immolé.

L'agneau, qui apparaît fréquemment dans la Bible, est souvent un symbole du Christ. II fait aussi souvent référence à l'Apocalypse (5,6) : "un agneau se dressait qui semblait immolé". L'ambiguïté du texte a conduit à deux représentations de l'animal, couché sur le livre ou, au contraire, debout et triomphant. C'est de cet Agneau vainqueur que les Anciens chanteront la louange : "Tu es digne de recevoir le livre et d'en rompre les sceaux, car tu as été immolé et tu as racheté pour Dieu, par ton sang, des hommes de toute tribu, langue, peuple et nation" (5,9).
      La statue sur l'autel est celle de Marie - Mater Admirabilis - dont le modèle peint se trouve à la Trinité-des-Monts, maison française des religieuses du Sacré-Coeur à Rome.
      D'autres statues complètent le mobilier de la chapelle, plâtres modernes mais témoignages de la générosité et des dévotions d'une époque. De gauche à droite : Saint Antoine de Padoue (mur ouest), le Sacré Coeur de Jésus, Notre-Dame de Lourdes (mur nord), à nouveau saint Charles Borromée, une sainte vierge martyre (sur l'autel), Sainte Anne avec Marie enfant (mur est).
      A droite de l'autel, posée à terre, est une statue plus ancienne du saint évêque Sulpice, patron de l'église.


Une famille de donateurs
      Sous la chapelle existe une crypte. On y accède par un long escalier au nord de l'église. Là sont les caveaux de la famille des propriétaires du château d'Aulnay, les La Rochequairie.

Les La Rochequairie sont également les donateurs des fonts baptismaux, placés au fond de l'église en 1929 à l'occasion du baptême d'un fils prénommé Louis.
      Les deux cloches, Yvonne et Cécile, ont été bénites le 22 juin 1913. Il est à remarquer qu'elles avaient été payées par la municipalité. Elles ont eu pour parrains et marraines le marquis de La Rochequairie et son épouse, le comte Pierre de La Rochequairie et la comtesse de Grailly, née La Rochequairie.
      L'église d' Aulnay était entourée, comme il était de coutume, par son cimetière. Un nouveau cimetière a été établi à l'écart du bourg en 1900. Sur la place, au sud de l'église, coexistent en bonne harmonie un calvaire et le Monument aux morts.

© PARVIS
janvier 2002
réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI
Centre théologique de Poitiers