L'église Saint-Pierre
d'Allonne
    (Deux-Sèvres)

Situation




"Venez ! Crions de joie pour le Seigneur,
acclamons le rocher qui nous sauve."

(Psaume 95 (94), 1)

L'histoire
      Le nom d'Allonne apparaît dans l'histoire en 954.
      En 1119, les religieux de Parthenay-le-Vieux reçoivent ce fief du seigneur de Parthenay. Ils font construire une église paroissiale placée sous le vocable de saint Pierre.
      De cette église primitive ont été conservées la nef - confortée par des contreforts plus récents - et la tour du clocher, de forme typiquement gâtinaise.

      Au début du 13e siècle, la partie orientale est remplacée par l'actuel chœur à chevet plat, réaménagement qui entraîne la suppression des bras du transept.
      C'est probablement au cours de cette campagne de travaux que l'église est fortifiée comme semblent le montrer ses archères. Le dispositif est complété par la surélavation des murs de la nef et il est encore amélioré au 15e siècle.

Cette fortification précoce, comme à Augé, n'est pas surprenante : jusqu'en 1242, la Gâtine fut une zone d'affrontements entre les Plantagenêts et les souverains capétiens. Des forteresses comme le Coudray-Salbart, Parthenay et Niort attestent également de ces affrontements.
      L'église ne subira ensuite que des transformations mineures : sacristie contre le mur nord et porche devant la façade (19e siècle), tribune intérieure (début du 20e), pose de tirants métalliques dans la nef (milieu du 20e).

L'architecture
      La construction, qui allie le granit et le calcaire, présente différents types d'appareil (pierres de taille plus ou moins régulières, moellons assisés...) et de nombreuses ruptures d'assises. Plusieurs baies et portes ont été murées ce qui contribue à rendre moins facile la lecture archéologique du bâti, d'apparence massive et hétéroclite.
      Le portail occidental roman, masqué par le porche, était autrefois l'entrée principale. Ses deux voussures à tore retombent sur des chapiteaux à décor végétal. On pénètre généralement dans l'église par la porte sud.

      Le volume intérieur, à vaisseau unique, aligne les quatre travées de la nef, la travée sous clocher - autrefois le carré du transept - et les deux travées du chœur.
      La nef, dont le sol a été surhaussé, est couverte d'une voûte en berceau brisé. Ses doubleaux reposent sur des colonnes engagées couronnées de chapiteaux à feuillage. Les tailloirs de ces chapiteaux se prolongent pour former une corniche à la retombée de la voûte. Chacune des travées, aux murs latéraux doublés d'une grande arcade, reçoit le jour d'une baie en plein cintre.

      La travée sous clocher est couverte d'une coupole sur pendentifs qui repose sur des supports articulés.
      Le chœur présente des voûtes bombées octopartites à nervures toriques. Les clés sont sculptées et l'on remarquera la présence de saint Pierre, titulaire de l'église, sur la dernière. Les nervures retombent sur des culots ou des chapiteaux portés par de courtes colonnes elles-mêmes supportées par des personnages. Un tel dispositif est commun dans l'architecture gothique locale.


Les autels et les statues
      L'ancien autel majeur, en pierre, montre sur le devant la scène des pèlerins d'Emmaüs, souvent représentée pour évoquer l'eucharistie. Plus insolites sont les personnages latéraux, eux aussi désignés par des inscriptions. Jean-Marie Vianney, le saint curé d'Ars canonisé - c'est-à-dire inscrit sur la liste des saints de l'Eglise - en 1925, et Théophane Vénard, martyr du diocèse de Poitiers canonisé en 1988.


      Cet autel est signé. Réalisé par le sculpteur A. Deshoulières, de Poitiers, il provient des ateliers Saint-Savin.

"Or, quand il se fut mis à table avec eux, il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux furent ouverts et ils le reconnurent..." (Luc 24, 30)
      L'autel face aux fidèles montre le Christ entre les saints Pierre et Paul, les deux colonnes de l'Eglise primitive. Les autels secondaires ont été disposés en fonction du peu d'espace laissé libre dans la nef.
      Les statues sont des plâtres moulés polychromes modernes. Elles témoignent des dévotions et de la générosité d'une époque. On reconnaît : la Vierge à l'Enfant et Joseph à l'Enfant, saint Barthélemy et sainte Germaine - canonisée en 1860 - ainsi que le Sacré Cœur de Jésus.


   Les vitraux
      Le Sacré Cœur se retrouve au centre du triplet du chevet. Le vitrail, sorti des ateliers Fournier, à Tours, alors très productifs, il date de 1890.

La phrase "Voici ce cœur qui a tant aimé les hommes" reprend les paroles adressées à sainte Marguerite-Marie Alacoque, visitandine de Paray-le-Monial, par le Christ qui lui était apparu.

La "Grande Apparition" est datée par tous les biographes de la sainte du 16 juin 1675.
      A notre droite, Radegonde, reine, moniale et bâtisseuse est la sainte la plus vénérée du diocèse.

      A notre gauche, saint Pierre aux liens rappelle le vocable de l'église. La précision ès-liens, comme à Allonne, rappelle l'épisode de son évasion miraculeuse (Actes 12).

© PARVIS
mars 2003
réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI
Centre théologique de Poitiers