L'église Saint-Pierre
d'Aiffres
      (Deux-Sèvres)

Situation




"Le vainqueur, j'en ferai une colonne dans le temple de mon Dieu."
(Apocalypse 3, 12)

      Un peu à l' écart du bourg l'église s'élève sur la hauteur dominant la Guirande, ruisseau au nom évocateur de la frontière entre les territoires gaulois des Pictons et des Santons. La viguerie d'Aiffres - Vicaria Afriacensis - est citée au milieu du 10° siècle.
      L'implantation de l'église et son vocable de Saint-Pierre - celui de la cathédrale de Poitiers - laissent entrevoir une origine antérieure au 11° siècle, époque de laquelle paraissent dater ses parties les plus anciennes.
      Il est vraisemblable qu'elle n'échappa pas plus que ses voisines aux désordres des guerres de Religion. Dépôt de bois au début de la Révolution, elle fut étrangement rendue au culte dès l'an IV sur l'insistance du curé Jean Belin.
      En 1816, elle menace ruine. Le choeur doit être reconstruit en 1837. L'autel de la Vierge, jugé dans un "état indécent" en 1831, devra attendre sa réparation jusqu'en 1865. Une campagne de restauration débute en 1879, au cours de laquelle une voûte, exigeant la surélévation des murs latéraux, remplace le plafond en matériau léger. La sacristie date de 1903.


L'extérieur
      Le portail est précédé par un "ballet" restauré mais dont l'existence est attestée au 16° siècle. Les chapiteaux d'angles de la porte, sous des tailloirs ornés de rinceaux, montrent : à gauche un basilic et un quadrupède, à droite, une néréide et un oiseau becquetant son aile. Au pignon, au-dessus de la baie romane ornée de chapiteaux à décor, de pointes de diamant et de quatre-feuilles, on distingue nettement les parties restaurées.
      Le clocher de plan barlong flanque l'église au nord. De style roman, il conserve quelques modillons très érodés. Un escalier en vis y donne accès par le fond de la chapelle. Sa cloche, datée de 1826 et fondue à Paris, porte les noms des donateurs et du préfet des Deux-Sèvres.
      Du même côté, on remarquera une porte obturée qui offrait jadis un accès direct au cimetière. Les murs avec leurs étroites baies romanes à linteau monolithique gravé de faux claveaux datent principalement du 11° siècle.


L'intérieur
      La nef romane comprend cinq travées, leur voûte en anse de panier est moderne.
      A droite, s'ouvre une petite porte près de la chapelle des fonts baptismaux, restaurée dans son style mixte en 1966. Elle débouche sur un choeur gothique restauré dans le style du 15° siècle. Le sanctuaire ouvre par deux arcades sur la chapelle de la Vierge qui l'étend au nord. Elle fut, au moins un temps, une chapelle seigneuriale.
      Parmi les vitraux, remarquons dans le choeur la verrière qui date de 1877. Elle représente l'épisode de la délivrance miraculeuse de Pierre. Au centre, Sanctus Petrus, saint Pierre aux liens, à gauche, ses gardes endormis, à droite, l'ange libérateur.


        Dans le cimetière, qui s'étend au nord et à l'est de l'église, on remarquera la haute croix hosannière* du 12° siècle, classée en 1889. Son fût quadrilobé se dresse sur un emmarchement ; il est couronné d'une croisette. Le monument a conservé sa tablette intacte. Autre croix romane au cimetière de Prahecq.

* A rapprocher de "hosanne" (= buis) et de l'acclamation "hosanna !" : la croix hosannière était un lieu de célébration. L'évangile y était lu, lors de la fête des Rameaux.

© PARVIS
février 2001
réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI
Centre théologique de Poitiers