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"Chantez sa louange dans l'assemblée des fidèles." (Psaume 149 (146), 1)
Une histoire mouvementée Vers l'an mil, Mirebalais et Loudunais sont cédés au comte d'Anjou, tout en restant au diocèse de Poitiers. Moncontour - Mons Cantoris, le mont du chantre - apparaît dans l'histoire au 11° siècle. Le comte Foulques Nerra (+ 1040) y fait construire un château dont l' imposant donjon domine toujours la plaine. Moncontour sera, comme Poitiers, le lieu de plusieurs batailles : en 1033, Geoffroi Martel, fils de Foulques Nerra, y écrase le duc d'Aquitaine, en 1569, les catholiques y tiennent en échec les protestants de Coligny, en juin 1940 s'y livre l'un des derniers combats entre Français et Allemands. L'église Saint-Nicolas, inscrite à l'Inventaire des monuments historiques en 1985, relevait de la proche abbaye de Saint-Jouin-de-Marnes.
La légende s'est vite emparée de Nicolas, évêque de Myre. Son culte se répand en Occident au 11° siècle, après le transfert de ses reliques à Bari. Dans le diocèse, les églises sous son vocable sont à : Civray, Le Vert, Gript, Sèvres-Anxaumont, Couture-d'Argenson, Les Roches-Prémarie, disparues à Poitiers et Bressuire.
Foulques Nera eut souvent l'occasion d'invoquer saint Nicolas, patron des marins, lors de ses 3 voyages en Terre Sainte. Vers 1040, une abbaye Saint-Nicolas est d'ailleurs fondée à Angers.
Une église romane... L'église est de la première moitié ou du milieu du 12° siècle. On commencera par admirer son chevet, d'une grande sobriété, renforcé par d'épais contreforts à ressauts entre lesquels s'ouvrent cinq baies en plein cintre sans décor. La corniche est supportée par des modillons à têtes grotesques, d'animaux, de volutes. Plusieurs d'entre eux ont été remployés dans la façade d'une maison voisine.
Pour retrouver l'aspect de l'église primitive, il faut imaginer un clocher au carré du transept - il figure encore sur une vue de 1699 - et une absidiole orientée sur chacun des bras de ce même transept. Des traces d'arrachement se remarquent encore, confirmées par l'examen de l'intérieur de l'église.
Le mur latéral nord, construit en moellons, est raidi par des contreforts peu saillants. II est percé de 6 baies en plein cintre sans décor. Vers son milieu, un portail s'inscrit dans un massif en saillie couronné par une corniche à modillons sculptés. Des dents de scie, motif fréquent en Loudunais et en Châtelleraudais, l'agrémentent discrètement. A la retombée des trois voussures en plein cintre, des chapiteaux assez dégradés montrent encore une tête humaine et des animaux affrontés. La façade occidentale, entièrement construite en appareil régulier, est divisée en deux parties par une vigoureuse corniche à petits arcs. Sa baie romane a été élargie à la fin du 18° siècle. La porte s'ouvre sous trois voussures à arêtes vives, entre deux arcades aveugles.
La logique voudrait qu'une triple arcature annonce un triple vaisseau dans la nef. En Poitou, un certain nombre d'églises à nef unique présentent cependant, comme ici, une triple arcature en façade.
A l'intérieur, l'église est beaucoup plus composite. La longue et large nef - 34 m sur près de 7 - est couverte d'une voûte en plâtre récente dans laquelle, haut placées en lunettes, s'ouvrent 6 baies. L'autel actuel est placé à l'intersection du transept, coupant la perspective sur le beau sanctuaire roman. Le choeur comprend deux travées droites voûtées en berceau légèrement brisé et une abside en hémicycle voûtée en cul-de-four. Cette partie de l'église paraît aujourd'hui quelque peu hors oeuvre. Ce bel espace vers lequel le regard se perd mériterait une mise en valeur.
De chaque côté du carré du transept, devenu en fait la dernière travée de la nef, s'ouvrent les deux bras de ce transept. Leurs autels et retables sont aujourd'hui placés contre les pignons nord et sud, et non plus, comme primitivement, dans les absidioles. Dans le bras sud, au-dessus de l'autel, on admirera une belle Vierge à l'Enfant en bois doré du 19' siècle. Le retable montre, en son centre, un triangle trinitaire rayonnant. L'autel du croisillon nord est dédié au Sacré Coeur. Le confessionnal, placé contre le mur oriental, masque l'entrée de l'escalier qui mène au clocher, aujourd'hui sur le bras sud. Primitivement, le clocher s'élevait au-dessus du carré.
Depuis le bras sud, on aperçoit deux baies jumelées par une colonnette. Ces baies étaient, à l'origine, destinées à éclairer le carré.
Vitraux et statues Le vitrail au-dessus de la porte ouest est signé Fournier - un maître-verrier tourangeau - et date de 1889. Il représente saint Nicolas, patron de l'église. Les autres baies sont également garnies de vitraux. On reconnaît :
* au nord sainte Abre et les saints Savin, Louis, Edouard, Hilaire et André ; * au sud sainte Florence, saint "Adelemus", les saintes [Domi]tille et Radegonde, saint Martin et saint Jean ;
Saint Adelemus est probablement saint Alléaume, natif du Loudunais au 11e siècle. Devenu moine de La Chaise-Dieu, il fut appelé par les souverains de Castille et dirigea, près de Burgos, un hôpital pour les pèlerins. Des liens de jumelage continuent, de nos jours, à unir le Loudunais et Burgos.
* dans le choeur une Assomption et deux autres saints.
L'assomption est signée L. Lobin, Tours, 1877. L'atelier Lobin, auquel Fourrier succéda, fournit une production abondante, et souvent d bonne qualité, à cette époque.
Le choix des personnages appelle quelques commentaires. Les grands saints du Poitou sont présents avec Hilaire, Martin et Radegonde. Saint Savin, sainte Abre, que l'on prétend fille de saint Hilaire, et sainte Florence, sont également poitevins, quoique moins connus. Les apôtres Jean et André ont évidemment leur place dans l'église. Avec Louis et Edouard, il est difficile de dire s'il s'agit des prénoms de donateurs ou d'un hommage à Mgr Louis-Edouard Pie, disparu quelques années avant l'installation des vitraux.
Statues : * dans le bras sud sainte Thérèse, sainte Bernadette, une sainte couronnée ; * dans le bras nord saint Michel, saint Nicolas et sainte Radegonde.
On remarquera surtout le très beau crucifix ancien à l'entrée de l'abside, le lutrin et une bannière sur laquelle Nicolas figure avec les trois enfants, rappelant un miracle opéré par le saint évêque.
Un réaménagement récent (autel, sol et deux pupitres) a utilisé le béton avec abondance, donnant au sanctuaire un aspect inhabituel.
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© PARVIS janvier 2002 réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI Centre théologique de Poitiers
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