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Laissons notre regard s’arrêter
sur la nativité d’un autel situé dans le déambulatoire de l’église Ste
Radegonde de Poitiers. Ce qui nous saisit d’abord, c’est le contraste entre la
sobriété du fond de la scène de couleur argenté avec les dorures et les
couleurs plus marquées des personnages et du tour de l’autel.
Le fond de la scène, peu coloré
mais lumineux, presque sans relief laisse apparaître en son centre l’âne et le
bœuf qui réchauffent l’enfant Jésus avec au-dessus le râtelier empli de foin. Cà
et là, de la végétation se dégage des fentes du mur.
Regardons de quelles évocations
cette scène est imprégnée : les 5 arcades, sous chacune d’elle nous voyons
un motif : au centre une étoile à 5 branches qui évoque celle qui a guidé
les mages, de chaque côté des fleurs ressemblant à 2 marguerites évoquent
plutôt la simplicité et l’humilité et encore de chaque côté, des roses des
vents, symbole de l’universalité. Au-dessus, des pierres précieuses : le
vert des émeraudes évoque l’espérance , alors que le rouge des 3 rubis est la
couleur de l’amour. Autrement dit, par le choix de certains éléments de son oeuvre,
l’artiste nous invite à découvrir l’espérance, l’amour, la simplicité, l’humilité
et la dimension universelle présentes dans cette scène de la nativité.
Les 3 personnages en relief et en
couleur se détachent du fond de la scène : sans doute une façon d’attirer
notre regard sur eux. Joseph, les mains croisées sur la poitrine contemple l’enfant
avec respect. Son attitude simple et discrète nous invite cependant à entrer
avec lui dans cette contemplation. Marie revêtue des couleurs royales est à
genoux devant l’enfant. Elle aussi adore l’enfant tout en méditant ces évènements dans son cœur. (Lc 2, 19) Son auréole gravée d’étoiles nous
rappelle le texte de l’Apocalypse : « une femme vêtue du soleil, la lune sous les pieds et sur la tête une
couronne de 12 étoiles. » (Ap
12, 1) Autrement dit, la naissance de Jésus inaugure déjà sa venue dans la
gloire et nous fait goûter aux joies du ciel.
Jésus est couché sur la paille,
enveloppé dans un tissu en forme de mandorle, préfigurant le Christ en gloire.
Il tient dans sa main droite une croix et avec la main gauche, il montre Marie
en prière près de lui rappelant déjà Marie au pied de la croix. A Noël, Marie
nous a donné le Sauveur ; sur la croix, Jésus nous donne Marie pour mère.
Laissons-nous saisir par la paix
et la simplicité de cette nativité, toute imprégnée du mystère pascal. Elle nous
invite à suivre Jésus, de la crèche à la croix en nous laissant guider par
Marie, notre Mère. Laissons-nous toucher par l’espérance et la confiance qui s’en
dégagent et qui nous convient à redire notre foi en ce Dieu Père qui nous a
donné son Fils Jésus et qui nous invitent à reconnaître dans ce mystère le
commencement de notre salut.