Les chemins du monde

 

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III. CONFESSER SA FOI SUR LES CHEMINS DE DIEU ET DU MONDE

 

1. Confesser sa foi, ce n'est pas réciter une doctrine, mais c'est dire une alliance nouée avec une personne :

la foi dépasse l'ordre du savoir, de la culture religieuse, pour s'épanouir dans l'ordre de la charité, d'une alliance tissée avec le Christ. Avant de prétendre s'édifier par une batterie de questions-réponses, la foi jaillit de l'interpellation de l'existence qui se découvre aimée et sauvée jusque dans ses égarements et son mal-être. Sans cette rencontre personnelle, la foi se transforme en idéologie, elle perd sa sève. Inversement, sans contenu de la foi (le symbole des apôtres, l'histoire de Jésus...), l'interpellation de l'existence serait trop vague et subjective. La personne du Christ, nous rejoignant au plus intime de nous-même, et se révélant dans l'histoire, permet d'articuler les dimensions objectives et subjectives de la confession de foi.

 

2. Confesser sa foi, c'est sortir de sa peur et oser s'aventurer sur les chemins de Dieu :

Dieu, par son Fils, sort de lui-même pour se dire tel qu'il est dans le monde. Notre foi, à son tour, nous fait sortir de nous-mêmes, pour dire ce qui nous anime et nous fait vivre, et pour devenir serviteur d'Évangile par des gestes concrets dans notre quotidien. La foi nous fait donc oser la rencontre, elle se risque au regard de l'autre. L'intériorité de la prière, du retour sur soi, se conjugue nécessairement avec la découverte du prochain. La foi la plus intérieure comporte inévitablement une dimension sociale et ecclésiale.

 

3. La foi ouvre au dialogue, à l'amitié avec Dieu :

la foi n'est pas de l'ordre de la sage récitation, du monologue qui vire à l'introspection, elle met toujours en relation, avec Dieu, avec l’Eglise , avec le monde. Jésus demande à ses disciples de ne plus l'appeler maître, mais ami : la foi nous ouvre au dialogue avec celui qui est le coeur de notre coeur si nous savons alternativement écouter et parler, garder et rompre le silence. L'amitié demande des rencontres régulières, un désir toujours plus grand de connaître l'autre et de l'aimer dans sa différence. Dieu est personne, c'est-à-dire relation, achèvement de soi dans le don. À son image, nous sommes créés pour le dialogue et le don de soi.

 

4. La foi se déploie dans l'action et dans la contemplation :

la foi opère par la charité, elle est stimulée par l'espérance. Une foi qui ne serait pas agissante, d'une manière ou d'une autre, serait morte ou relèverait de l'illusion. La foi de Jésus se manifeste à la fois dans des moments de contemplation, de prière, à l'écart avec son Père, et des moments d'action, de marche, de guérison, de compassion, de colère. Action et contemplation sont les deux faces d'une même vie au service d'une parole agissante. L'un ne va pas sans l'autre sous peine de priver la foi de sa réalité concrète.

 

5. Confesser sa foi, c'est en témoigner publiquement dans la communauté et dans le monde :

la foi ne relève pas de la simple sphère privée, de l'opinion personnelle qu'il s'agirait de taire au nom de la tolérance ou du relativisme des valeurs et des croyances, elle reste fondamentalement sociale, c'est-à-dire qu'elle comporte la mission de s'incarner dans des institutions ou dans les débats d'une époque pour devenir "le sel de la terre". Chacun à son niveau, dans sa famille, dans son milieu professionnel, est appelé à confesser sa foi dans le respect bien sûr de la liberté de conscience de ses auditeurs. Le témoignage peut prendre de multiples formes, sans que le spectaculaire et le médiatique soient toujours le plus performant pour le Royaume.