idées

 

[Agenda][Audio-visuel][catéchèse][catéchuménat][Librairie][Equipe][Eveil de la foi][PCS][Prieres][Radio][Annonce de la foi][Au fil des jours]

 

[recherche][idées][catéchistes][enfants][Confesser la foi][Célébrer la foi][Ouvrons les portes de la foi][Les Sessions]

 

Quelques défis actuels pour la catéchèse

 

1-   Vivre une histoire

On pourrait tout aussi bien dire : vivre une catéchèse qui construit l’histoire des personnes catéchisées.

Des questions résument cette préoccupation : que deviennent les personnes dans , grâce et par la catéchèse ? Qu’est-ce que la catéchèse les fait devenir ?

Un défi est à relever : dans cette histoire que nous vivons ensemble, quel devenir pour les personnes catéchisées et pour nous-mêmes ?

-         une référence : l’année liturgique

L’année liturgique nous fait vivre un parcours avec quelques grandes fêtes. Un récent sondage paru dans le journal « La Croix » montre par exemple que Noël demeure un repère pour de nombreuses personnes.

Comme beaucoup de parcours catéchétiques le proposent, essayons d’articuler la catéchèse aux grandes fêtes et aux grands temps liturgiques : La Toussaint, Avent, Noël, carême, Pâques, temps pascal, Pentecôte. Vivons l’année liturgique comme un parcours qui construit notre histoire, essayons d’en faire le récit : avec les enfants et les familles, élaborons des albums photos photo souvenir, ouvrons des livres d’or qui s’enrichissent à chaque fête, etc…

-         La veillée pascale et le modèle catéchuménal

La recherche actuelle qui se déploie autour de la veillée pascale attire aussi notre attention sur le fait que ce parcours a un sommet qui est aussi sa source : la fête de Pâques.

Notre parcours n’est pas que linéaire, mais se réfère sans cesse au mystère pascal. Pâques n’est pas seulement l’aboutissement d’un parcours catéchétique, mais ce qui l’éclaire dès le départ.

Regardons ce que nous vivons dans le catéchuménat. Dès l’entrée en catéchuménat, c’est-à-dire dès le début de la catéchèse, le catéchumène est marqué du signe de la croix. Le signe qui dès le départ lui est donné touche au mystère pascal et le geste qui lui est demandé est aussi de l’autre du passage : passer la porte, franchir le seuil.

La catéchèse va d’une certaine manière sans cesse revenir à ce mystère pascal pour  mieux l’accueillir, pour mieux le comprendre, pour mieux en vivre, pour le faire résonner.

Dès la rentrée du caté, il est bon de trouver des signes et des gestes qui témoignent de l’enjeu de la foi chrétienne : faire ensemble le signe de la croix, découvrir tout ce qui dans l’église rappelle la mort et la résurrection du Christ, inviter chacun à se lever, à se mettre debout pour acclamer l’évangile… et donner dès ce départ rendez-vous pour la grande fête de Pâques.

 

2-   La participation active de la communauté

-         La dernière session était construite autour de cette question. Le plus souvent, nous abordons cette question en considérant qu’il existe deux réalités : la catéchèse et la communauté. Puis, nous essayons de chercher et de trouver les bonnes passerelles et les ponts entre l’une et l’autre. Le projet était plutôt de sortir de cette problématique, de refuser de penser la catéchèse sans penser la communauté, de refuser de penser la communauté sans penser la catéchèse, de considérer que la communauté est comme le Directoire Général pour la Catéchèse « l’origine, le lieu et le but de la catéchèse » (DGC § 253). C’est dire que nous avons une double conviction :

Ø      Une communauté structurée, dynamique, vivante, avec un projet pastoral motivant, contribue à faire vivre une catéchèse renouvelée.

Ø      Une catéchèse structurée, dynamique, vivante, avec un projet mobilisateur, contribue à faire vivre une communauté et la nourrit.

-         une lettre vivante

Il faudrait s’habituer à considérer que le meilleur document catéchétique pour les catéchisés, c’est la communauté qui aujourd’hui vit l’expérience chrétienne. La foi n’est pas seulement dans le livre de caté, même si c’est un très beau livre avec papier glacé, images en couleur, pédagogie actualisée, la foi est réellement vécue aujourd’hui par des personnes et des groupes qui en donnent le témoignage.

Ces paroles édifiantes ne cachent pas la difficulté. Beaucoup d’observateurs font remarquer qu’une des difficultés de nos sociétés occidentales réside dans le fait que les institutions qui devraient légitimer auprès des nouvelles générations les démarches, attitudes et valeurs ont perdu de leur crédibilité.

Convaincre les communautés chrétiennes que la catéchèse pour tous les âges est une fonction vitale de l’Eglise devient une tâche urgente et importante.

Plusieurs pistes de travail s’ouvrent :

Ø      La première consiste à travailler nos mentalités, nos représentations sur l’Eglise, la communauté et la catéchèse, à faire bouger nos idées. Certes, ce n’est pas d’une efficacité immédiate, mais c’est une démarche incontournable pour qu’à plus long terme de nouveaux projets voient le jour. Beaucoup de réunions qui sur le plan pratique ne semblent pas opérationnelles gardent en ce sens leur importance.

Ø      La deuxième consiste à préciser quelques pistes pour mieux situer la catéchèse au cœur de la vie ecclésiale. Nous renvoyons sur ce point au dernier numéro d’Eglise en Poitou (n°39 du 30 mai 2003) consacré à la catéchèse et au catéchuménat qui reprenait les échanges lors des rencontres par groupes de Territoire.

Ø      La troisième est celle proposée par les évêque qui nous invitent à « aller au cœur de la foi ». C’est une démarche de fond et permanente. La catéchèse n’est pas qu’une activité parmi d’autres, mais l’écho que la Parole de Vie trouve en nous, en nos communautés, et que nous cherchons à faire résonner. L’enjeu, c’est l’annonce de la Bonne-Nouvelle, de l’évangile qui nous anime, de trouver de nouveaux chemins d’évangélisation.

Notre évêque propose de nous accompagner et de nous guider dans cette recherche. Avec lui, 11 rencontres sont organisées dans le diocèse (voir l’agenda en pages centrales). Il s’agira de nous motiver pour «  aller au cœur de la foi », pour chercher ensemble comment dans nos communautés réfléchir et travailler le document de la Commission Episcopale de la Catéchèse et du Catéchuménat.

 

3-   Penser commencement

Dans un livre sur « l’Avenir de la Catéchèse » (Ed de l’Atelier) Denis Villepelet, directeur de l’ISPC (Institut Supérieur de Pastorale Catéchétique) dessine trois types de catéchèse : une catéchèse plutôt envisagée comme transmission et mettant en œuvre une pédagogie d’enseignement, une catéchèse plutôt construite comme appropriation progressive du contenu de la et mettant en œuvre une pédagogie d’apprentissage, une catéchèse considérée comme incessant éveil à la foi chrétienne et vécue comme chemin initiatique.

C’est ce troisième modèle que nous cherchons à développer actuellement, non pas parce que nous critiquons les deux autres, mais parce qu’il semble le mieux correspondre à notre société diversifiée et complexe. Ce modèle s’inspire fortement du catéchuménat et de la démarche de cheminement qu’il propose. On le caractérise par le mot « initiation » care dit l’auteur : « l’initiation procède par étape et par seuil… » Et il ajoute : « L’initiation est passage et renaissance… dans ce paradigme, on n’arrête pas de commencer et de recommencer à tout âge ». (p. 113).

Risquons cette aventure avec les enfants, les jeunes, les parents, les adultes et commençons ou recommençons avec eux une démarche de découverte de l’évangile, de la vie en Eglise, de la prière et des sacrements. En ce début d’année pastorale, disons nous d’abord : Que pouvons-nous commencer avec eux ? Que pouvons-nous recommencer ? Quelles étapes voulonss-nous vivre ? quels seuils voulons-nous franchir ?

 

4-   Des temps de prise de conscience

Ces étapes et ces temps forts, qui s’appuient sur les rites et les symboles liturgiques et s’en nourrissent ne nous font pas franchir des seuils de façon magique, mais parce que des occasions sont données de les intérioriser, de les intégrer, de les relire. C’est ce qu’on appelle la catéchèse mystagogique. Le mot « mystagogie » commence comme le mot « mystère » et finit comme le mot « pédagogie », en quelque sorte il s’agit d’une pédagogie pour entrer davantage dans le mystère vécu. On peut évidemment le vivre sans employer le terme.

En pratique, il s’agit non seulement de vivre des temps forts avec les catéchisés, mais aussi de trouver des moyens pour en reparler, pour se rappeler, pour y donner du sens. Il s’agit par exemple de non seulement préparer une célébration avec des enfants ou des jeunes, mais aussi ensuite de la relire, d’en reparler, d’écouter ce que chacun y a vécu, et d’essayer d’enrichir avec de nouvelles paroles, de nouvelles prières, de nouveaux chants. Tous les supports réalisés pour ces temps forts, feuilles de chants, photos, films, panneaux sont utiles pour ces temps de reprise.

D’une certaine manière, on pourrait dire que les évêques nous proposent de vivre tous une catéchèse mystagogique en reprenant le déroulement de la veillée pascale, de reprendre conscience de ce qu’elle nous fait vivre et de nous enrichir dans nos échanges de nos expériences croyantes. Il nous font expérimenter un modèle catéchétique.

Bernard Châtaignier