l'aveugle-né

 

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Vitrail de l'église de Champagné St Hilaire (86)

        Tournons notre regard vers cette image. Elle représente le vitrail de l’aveugle-né de Champagné Saint Hilaire. La première chose qui nous étonne,  c’est la luminosité de ce vitrail, qui nous éblouit. Eclatant de jaune, d’orangé il n’est que clarté alors qu’il représente la guérison d’un aveugle.
        Jésus est le personnage central, il occupe toute la hauteur du vitrail et rayonne de lumière. Tout son être est éblouissant, blanc, couleur de la résurrection. La croix de son auréole est verte, couleur de l’espérance, alors que celle-ci est entourée de rayons lumineux pointus. Trois rayons, un blanc et deux verts sortent de ses yeux pour aller rejoindre le personnage orange. Sa main se dirige vers les yeux du jeune homme : « Ayant ainsi parlé, Jésus cracha à terre, fit de la boue avec la salive et l’appliqua sur les yeux de l’aveugle. » Jn 9, 6
        Plus petit que Jésus, le jeune homme nous apparaît tout en mouvement. Sa main droite aux doigts écartés s’appuie sur le corps de Jésus. Habillé de couleur orange,
 son corps tendu vers l’arrière a la forme d’un arc de cercle, dans lequel, on peut deviner une certaine tension, une crainte peut être. Il est ceint d’une écharpe violette, couleur de la tristesse, de la souffrance, mais elle n’entoure pas tout son corps, elle n’est plus qu’un simple filament par rapport au lumineux orange de sa tunique, couleur de joie et d’amour. Les rayons qui partent des yeux de Jésus viennent toucher son œil. Au-dessus de lui sont marquées les mots aveugle-né, nous situant ainsi le personnage.
       Dans la moitié gauche du bas du vitrail deux personnages sont enlacés. Une femme de couleur jaune semble endormie dans les bras d’un homme tout de couleur rouge. S’agit-il des parents de l’aveugle né ? Sans doute, ceux-ci font ils écho à la phrase : « Seigneur qui a péché pour qu’il soit né aveugle, lui ou ses parents ? » Jn 9, 2. La femme semble avoir les jambes et les pieds entourés de bandelettes comme si elle était vêtue d’un linceul sur une partie de son corps. Cela représente sans doute le lien qu’implique l’opinion des personnes sur son péché. Leur regard entrave et ligote la vie de cette femme, comme pour nous rappeler que notre regard sur l’autre peut aussi le lier. Contraste étonnant avec le regard de Jésus qui délivre le jeune homme de sa cécité.
       Et comme pour préciser ce fait, la phrase que disent les deux aveugles de Jéricho (Mt 20, 29-34) :  « Jésus, fils de David aie pitié de nous. » est écrite en lettres jaune. Celle-ci nous interpelle, est-ce que nous ne sommes pas aveugles nous aussi ? Ces deux personnages ne représentent-ils pas l’humanité ? La femme habillée de jaune semble comme entourée de la lumière du Christ, elle est aussi habillée de la couleur de la résurrection malgré les bandelettes qui la ligote. Le salut est déjà là, le pardon et la guérison sont pour chacun de nous aujourd’hui.