
IV. L'AVENTURE DE LA FOI AVEC D'AUTRES
1. Confesser sa foi nous fait entrer dans des pratiques :
la confession de foi n'est pas uniquement de l'ordre de la conviction, de l'énonciation verbale, mais elle se dit et s'incarne dans des pratiques sacramentelles (eucharistie, confirmation, baptême, confession...) et dans des attitudes de service qui mettent en acte le commandement de l'amour. La foi interroge nos pratiques, les convertit, mais en retour, nos pratiques interrogent notre foi dans un va-et-vient stimulant entre les deux dimensions de la vie chrétienne. La parole de Dieu est agissante, elle fait ce qu'elle dit.
2. La confession de foi nous rend acteur, pierre vivante de l’Eglise :
confesser sa foi nous fait sortir d'une attitude de passivité qui consisterait à recevoir mécaniquement un contenu extérieur, pour devenir coopérateur de la bonne nouvelle en recevant et en donnant. Chacun, par ce qu'il est, par ce qu'il fait, peut contribuer à ce nouveau visage d'Eglise que le synode appelle de ses voeux. Christ, en s'identifiant aux plus petits, manifeste le caractère exemplaire de la foi des personnes fragilisées pour toute la communauté. À nous de favoriser les passerelles, les liens intergénérationnels, pour que la pierre ne soit pas isolée mais s'intègre harmonieusement à toute la construction de l’Eglise.
3. La foi peut s'appuyer sur une grande variété de témoins :
si la foi est un don de Dieu, elle peut être éclairée par les reflets que sont les témoignages de saints, de proches, de personnes rencontrées. Une équipe d'accompagnement (parrain, marraine, membre du groupe...) peut constituer un soutien précieux dans le chemin d'initiation à la foi. Les manières de vivre sa foi, les spiritualités, sont diverses, et offrent autant de chemins praticables pour trouver sa voie. En confessant l'unique foi de l’Eglise, nous sommes ouverts à une pluralité de manières de vivre l'Évangile.
4. La confession de foi se nourrit de la variété des expériences, des temps et des lieux :
des lieux, des temps, des personnes, sont propices au ressourcement et à la confession de foi. La vie chrétienne se nourrit de l'alternance de la confession en grands groupes (JMJ, Lourdes, mouvements...) et en petits groupes, en temps forts et en temps "ordinaire", en lieux d'origine et en pèlerinage. La foi enracine dans une communauté, dans un groupe, dans un lieu habituel, mais elle envoie aussi et déracine à la rencontre de nouveaux horizons et de nouvelles personnes. Le même Esprit rassemble et disperse, unifie la communauté ou le groupe et singularise chacun de ses membres. Les parcours sont donc individuels dans une trajectoire communautaire.
5. Les mots de l’Eglise et la célébration des mystères nous ouvrent le chemin de la confession :
la foi se nourrit de mots, d'expressions, de rites, de pratiques qui l'informent et lui transmettent de manière vivante la Tradition. La liturgie, en sollicitant tous nos sens, en favorisant la participation de tous, offre un espace privilégié d'initiation à la vie chrétienne. La beauté d'une liturgie soigneusement préparée introduit au mystère de la confession de foi et manifeste le "nous" ecclésial de cette confession. Paroles, gestes, symboles façonnent l'existence et lui dévoilent la vérité de son être.
6. Pour confesser sa foi, elle doit nous être proposée de manière appelante :
la confession de foi appelle l'audace d'oser sortir de sa peur et de dire sa conviction profonde, mais aussi celle de proposer le chemin du Christ et de l’Eglise de manière joyeuse et cohérente avec le message évangélique. La figure du Christ est appelante par elle-même si nous la présentons dans sa beauté, dans son actualité, dans sa diversité (non seulement les paroles, mais aussi les gestes de salut). La force de l'Esprit dans toutes les manières de se dire et d'agir (la colombe, le feu, le vent...), dans sa présence intérieure à toute la communauté et à chacun de ses membres (les charismes), offre également un chemin d'humanisation. Notre foi est trinitaire, notre proposition de la foi emprunte donc les chemins du Christ et de l'Esprit pour découvrir la bonté du Père.