

Regardons cette scène de la Samaritaine qui est composée de 3 vitraux séparés. L’homme et la femme se regardent, au-delà de cette séparation (qui peut nous rappeler celle qui existait entre les juifs et les samaritains, entre les hommes et les femmes) nous devinons le dialogue.
L’homme est assis au bord du puits, il est habillé d’une tunique bleue et d’un manteau rouge, signe de royauté. Son auréole cruciforme est rouge, couleur de l’amour mais aussi du sang versé à la passion (rappelée par la croix). Au-dessus de sa tête, un arceau soutient une poulie et surplombe le puits. La moitié seulement de cette anse de poulie est rouge et si on regarde bien, on se rend compte que cette moitié rouge a la forme d’une crosse de berger, la couleur rouge étant celle de l’amour, il s’agit donc du bon pasteur.
Son attitude est toute tendue vers cette femme qui s’approche de lui, il s’adresse à elle, sa main gauche levée parallèlement à sa bouche ouverte accentue l’impression de dialogue.
La femme est toute en mouvement, mais avec une sorte de retenue, de crainte comme le laisse supposer le mouvement de sa main gauche. Le jaune pâle de sa robe représente sans doute une vie assez blafarde, sans trop de couleur ni de but. Son manteau vert lui donne une dimension d’espérance, une espérance possible dans sa vie dont elle n’a sans doute pas vraiment conscience, vu que celui-ci est en grande partie entouré de violet, couleur de tristesse et de douleur. Pourtant cette femme, comme beaucoup d’autres personnes tout au long des siècles, est en marche vers Jésus.
La cruche rouge tenue avec précaution sur sa tête est sans doute la même que celle déposée aux pieds de Jésus, signe de sa vie en recherche d’amour, déposée aux pieds du Seigneur, devenue inutile puisque Jésus lui a donné l’eau vive, l’amour...
Le vitrail central est un peu une synthèse des deux autres. Il est dessiné en forme de cruche, c’est à partir de celle-ci que cette rencontre a été possible et que tout a commencé&. La femme va puiser de l’eau, Jésus lui demande à boire. La couleur dominante beige terre, signe de vie endormie est coupée par le bleu de l’Esprit. Sous toute vie endormie sommeille la force de l’Esprit de la vie.
Au centre, la croix de la résurrection, blanche, lumineuse, sans le corps de Jésus, illumine de son rayonnement le vitrail. À son pied, un fleuve d’eau vive accentue cette impression de vie, de lumière et d’Esprit. Sous les bras de la croix, deux fleurs rouges, couleur de l’amour semblent danser tout en rappelant par leurs positions les deux cruches rouges des vitraux du bas.
À droite du bras de la croix, une cruche jaune dorée déborde de vie et d’Esprit, d’une eau qui apaise toute soif.
Le visage et la main de jésus sont tournés vers la femme mais aussi vers nous. De sa main, il nous interpelle aussi, nous appelle en bon pasteur aimant, soucieux qu’aucune de ses brebis ne se perde, à déposer nous aussi à ses pieds notre vie et à laisser l’esprit fleuve de vie débordant envahir notre vie pour la renouveler et lui permettre de porter du fruit, un fruit qui demeure.
Vitrail de l'église
de la Roche Pozay (Vienne)