Toussaint  et  Halloween    
 

En surfant sur le site internet du diocèse de La Rochelle
(http://catholique-larochelle.cef.fr)
j'ai trouvé ces réflexions de celui qui était alors l'évêque de La Rochelle.
Un journaliste lui citait des réflexions entendues dans des écoles :
A propos des vacances de la fin d'octobre, on parlait du week-end de la fête d'Halloween.
Des enfants disaient :
- On ira en vacances après Halloween.
- Dans mon école, il y a une messe pour Halloween.   ?   ?   !

 
* Y a-t-il un lien entre la Toussaint et Halloween ?
Ou bien est-ce que ce sont deux choses complètement séparées ?

+++ Je connais mieux la Toussaint qu'Halloween. Il m'est donc difficile de répondre à votre question. J'ignore beaucoup de choses sur cette fête, n'ayant pas d'enfant moi-même.   Manifestement, c'est fait pour, à partir des enfants, amener quand même un petit peu à dépenser de l'argent.
 
A dire vrai, ce que j'en connais, me montre peu de rapports avec la fête de la Toussaint.   Ou plutôt, ce sont deux manières tout à fait différentes de parler du même sujet - sérieux - qu'est la mort.
 
D'un côté, on refuse d'en parler, en la traitant par la dérision.
De l'autre, on essaie d'avoir un langage plus solide sur ce moment inéluctable de toute vie humaine.
Et là, on peut s'interroger.
A-t-on réfléchi à toutes les conséquences que cela pouvait avoir sur des enfants, sur leur imaginaire, sur leur conscience même, de traiter uniquement par la dérision le sujet si important et si sérieux de la mort ?
C'est donc là que je demeure interrogatif.
* Alors vous dites que, quelque part, c'est une façon d'évacuer le sujet en le tournant par la dérision.   Mais parle-t-on beaucoup de la mort dans nos églises ?
+++ Je pense que c'est une réalité dont on parle, bien sûr. On en parle en de multiples occasions, et pas simplement dans les églises -- parce que la vie chrétienne ne s'exprime pas que dans les églises. Il y a tout ce qui se fait au niveau de l'accompagnement des familles, au moment des maladies, des décès.
Cela me fait bien voir qu'on n'élude pas la question, et peut-être même qu'on l'éluderait moins qu'il y a quelques années.
Il semble qu'à nouveau on a la sagesse de regarder le message chrétien de la mort vraiment en face : avec la bonne nouvelle de la résurrection, avec cette conception que la vie humaine vient de quelqu'un qui est Dieu et qu'elle va vers quelqu'un qui est Dieu.

Et donc, si la mort est, pour nous, une incontestable épreuve, elle n'est pas du tout un désespoir, mais un passage. Un passage qui forcément entraîne l'épreuve de la séparation pour ceux qui voient partir un des leurs. Mais aussi ce passage installe dans l'espérance, parce qu'on sait que celui qui est parti n'est pas anéanti. Il est dans cette vie nouvelle que le Christ nous a ouverte, après sa victoire sur la mort.
C'est là le cœur, le nœud de notre foi chrétienne.
Nous le célébrons de manière plus joyeuse et plus tonique à Pâques.
A la Toussaint, nous essayons de le faire d'une manière un peu plus "familiale".   Nous formons la famille des croyants qui se réjouissent de savoir que ceux qu'ils ont quittés, sont vivants auprès de Dieu, à travers cette fête de tous les saints.
Le lendemain, dans une démarche plus familiale et plus humaine, nous nous rappelons les défunts de nos familles. D'ailleurs, cette belle coutume de fleurir nos tombes indique, à la fois, qu'on ne veut pas effacer le souvenir de ceux qui nous ont quittés, car cela nous marque et nous fabrique. Et en même temps, on ne le fait pas de manière triste. On le fait de la même manière que, lorsque l'on rend visite à quelqu'un, on lui offre des fleurs. Si nous faisons cela, c'est bien pour exprimer, plus ou moins consciemment certes, la conviction qu'ils sont en vie.
Extraits de l'interview de Mgr Pontier, (RCF 17 - 27.10.00)

 

On pourrait citer encore le point de vue (sévère) de Mgr Albert Rouet, évêque de Poitiers, qui s'exprimait dans le journal "La Nouvelle République du Centre-Ouest" (01.11.02) :
 
Que les enfants s'amusent, c'est très bien ! Qu'ils se déguisent, c'est très bien aussi !
A condition qu'on soit capable de leur dire, comme pour Noël, ce qu'il y a derrière cette fête d'Halloween. [...] La Toussaint est pour les catholiques une fête des vivants, car nos morts vivent personnellement en Dieu.
Halloween, c'est la résurgence d'un vieux fond païen des âmes anonymes. [...]
Le grand tabou du XXIe siècle touche à la souffrance et à la mort. Aujourd'hui, on peut arriver à 25 ans sans avoir vu un mort. Le seul mort que l'on voit, c'est éventuellement le copain accidenté de la route. Occulter la mort donne une fragilité extrême. Et derrière ce silence naissent une violence terrible et une fureur de vivre. On fabrique des gens désemparés.
Halloween joue avec la réalité de la mort sans l'expliquer. Et c'est cela qui est dangereux.

Pour continuer à parler de Halloween, de la Toussaint, du jour des morts ...
Pourquoi la Toussaint ?
Histoire de la Toussaint
Halloween ?
Le jour des morts
Visite d'un cimetière
Comment devient-on saint ?

Et si tu avais encore d'autres questions ?

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