Avant de nous retrouver ce soir pour la bénédiction de l'huile des catéchumènes, de l'huile des malades et consacrer le Saint Chrême, nous avons commencé notre journée ce matin, entre prêtres et avec les séminaristes, par un long temps de réflexion sur les changements et les mutations de ce monde.
Une société en mutation :
Nous sommes dans une société en plein bouleversement, sur laquelle on peut porter deux regards contradictoires :
- On peut se dire qu'après tout on ne fait jamais d'omelette sans casser les ufs, qu'à terme, d'ici 2035, la courbe de la démographie sera telle que sera revenu le plein emploi pour tout le monde, et qu'à longueur de siècles, les difficultés passagères d'une cinquantaine d'années, ne portent pas à conséquence !...
- Mais faut-il donc que l'histoire et le progrès n'avancent que comme des rouleaux compresseurs, indifférents à ceux qu'ils martyrisent et qu'ils écrasent ?
Faut-il que perpétuellement les progrès soient payés de tant de douleurs et de tant d'abandons ?
Quand, enfin, aurons-nous humanisé les manières pour l'homme de franchir des crises sans qu'elles soient autant mortelles pour beaucoup ?
Bien sûr, il y aura des survivants, bien sûr, il y en a qui triompheront. Déjà il y en a.... Mais les mutations coûtent de plus en plus cher au prix humain qu'on oublie souvent... En ce moment, il faudrait vraisemblablement prendre de l'huile des malades et en oindre la totalité de notre société.
Le plus extraordinaire de ce qu'on nous a rappelé ce matin, nous redit que dans une société où le tiers des gens aptes à travailler ne connaissent pas le plein emploi, 93 % des gens se disent "heureux". C'est peut-être un bonheur à en pleurer... car se dire "heureux", dans une telle situation, ne peut s'entendre qu'à condition de se boucher les yeux, de se fermer les oreilles sur tant de détresses qui viennent jusqu'à nos portes. Le prix du bonheur est peut-être l'égoïsme.
De ces mutations je n'en dirai pas plus. Simplement pour rappeler que nous sommes dedans et que les Deux-Sèvres et la Vienne sont entraînés dans ce grand courant que nul ne maîtrise, pas plus qu'on ne maîtrise la bulle financière internationale.
Sachez que dans le Sud du diocèse résident 5 000 Anglais. Bien sûr, quelques chercheurs viennent sur le campus universitaire ou au Futuroscope pour suivre des thèses avec les techniques les plus modernes, bien sûr quelques personnes ont acheté des manoirs ou de petits castels, mais la majorité de ces gens viennent en France "profiter", le mot est horrible, du RMI qu'ils n'ont pas chez eux !
Ce qui nous permet de constater :
1°) que la fameuse "libéralisation" dont on gratifie l'Angleterre, a aussi un coût humain dont nous constatons la présence jusque sur notre terre.
2°) que nous sommes impliqués dans les tourbillons de cette mutation de l'Europe et du monde.
Dans un monde, dont les mutations sont aussi brinquebalantes, il est inévitable que se pose la question du prêtre.
La position du prêtre aujourd'hui :
Je crois qu'on ne va pas assez loin, on manque d'audace pour parler aux prêtres. On dore la pilule, on nous plaint, on s'arrange pour nous rendre heureux. On dit qu'après tout nous ne sommes pas si mal (cela est tout à fait certain). Mais là n'est pas le problème. Le problème n'est pas que nous nous tirions personnellement le moins mal possible d'une situation difficile. Le problème est d'être prêtre, de vivre en prêtre et d'exercer son ministère dans ce monde incompréhensible, dur, passionnant en même temps, plein de nouveautés, mais angoissant quant au coût humain qu'il génère.
Nous nous trouvons aujourd'hui devant trois manières insuffisantes d'aborder la question du sacerdoce. Parce qu'elles sont insuffisantes, même quand on veut être lénifiant et arrangeant elles engendrent chez bon nombre de prêtres, une angoisse et un soupçon sur leur propre ministère, leur avenir et la raison qu'ils ont eu d'engager leur vie à la suite des apôtres.
1. La première raison est très ancienne. Elle réfléchit, comme un marchand de savonnettes, uniquement de manière quantitative, en nombre de prêtres. Le nombre diminue, c'est vrai.
N'importe quelle statistique le montre, n'importe quel texte l'écrit. On ne cesse de dire "il n'y a plus de prêtres, il n'y a pas assez de prêtres, on manque de prêtres". C'est vrai. Au Conseil épiscopal, en période de nominations, il est certain que nous manquons cruellement de tel ou tel prêtre pour un poste, nous n'avons plus de possibilités de liberté, nous sommes à la merci du moindre coup de fatigue, de la moindre maladie, de la moindre déprime de l'un d'entre nous. Vous le savez, ce n'est pas la peine de feindre et d'avoir une politique de l'autruche.
Cette diminution, nous avons essayé de la masquer en ajoutant, nomination à nomination. Un article du "Figaro Magazine" parle d'un prêtre qui a 16 paroisses (erreur, il en a 17 !) mais 5 ont moins de 100 habitants.
Cette logique du nombre est une logique mercantile. Elle oblige l'Eglise à raisonner comme la SNCF pour savoir si oui ou non elle va garder la ligne Poitiers-Montmorillon, parce qu'il n'y a que peu de voyageurs à chaque voyage, dont les horaires d'ailleurs ne sont pas d'une commodité remarquable !
Exemple intéressant, car on s'interroge sur le nombre de voyageurs, on ne se pose pas la question de savoir si l'autorail passe au bon moment pour prendre des gens... N'importe quel polytechnicien peut torpiller une ligne, même de TGV, avec ce genre d'approche.
Le nombre n'est pas suffisant car il est lié à une structure. Or, on ne soulève pas le problème des structures. On les aménage, on les arrange, on les grossit et on crie victoire quand on est passé de 600 paroisses à 50 transformant tous les curés en curés-doyens.
Disons-le clairement : je n'ai pas envie d'engager le diocèse directement dans cette voie qui est encore une logique de la quantité. Car lorsque nous aurons 50 paroisses qu'est-ce qui nous prouve que dans trente ans nous aurons 50 prêtres ? Alors nous ferons 30 paroisses ? C'est la logique du cimetière... On finira par 1 paroisse : la cathédrale avec un évêque (jusqu'à preuve du contraire on en trouve toujours !).
2. Cette logique du nombre étant totalement insuffisante, on s'est engagé, par voie de complément, dans des logiques de l'alternative.
On va essayer de trouver des prêtres, d'en fabriquer à moindre coût... On sait déjà dans les zones rurales ce que cela donne quand, le prêtre partant, on met une religieuse, quand il n'y a plus de religieuse, on met une laïque en pastorale et alors à la grâce de Dieu !
Cette logique de l'alternative consiste à vouloir faire passer dans le corps du clergé des gens qui n'y sont pas et on est prêt à ordonner des gens mariés... problème qui pourra un jour être réfléchi, mais certainement pas dans le contexte actuel.
Cette logique de l'alternative est une logique pseudo-moderne. Elle fait moderne parce qu'elle appelle de nouvelles personnes, mais elle est éminemment conservatrice car elle ne touche en rien à la structure et à l'organisation de notre Eglise. Elle est une manière élégante, avancée, parisienne ou lyonnaise de ne jamais vouloir poser la question de fond :
- Qu'est-ce qu'on attend d'un prêtre ?
- ou, comme disent les adolescents : "Finalement, un prêtre, à quoi ça sert ?"
Pour éviter cette question, on est prêt à imposer les mains à n'importe qui et n'importe comment, à la limite pour se voiler la face et faire nombre.
Ces logiques se parent d'une pseudo-nouveauté et d'un modernisme qui sent déjà le recuit et le ranci.
La vraie question, que nous posons dans notre cur, vous comme moi, est :
- A quoi avons-nous donné notre vie ?
Si c'est simplement pour assurer la fonction de baptiseur et d'eucharistiant, qui sont des fonctions parfaitement nobles et respectables, nous n'épuisons pas, par les offices cultuels, la totalité de notre ministère sacerdotal.
Autre chose est en cause. Il ne faudrait pas que ces nouveautés rapides provoquent des blocages. Nous avons l'exemple de clergés mariés dont on ne peut quand même pas dire à priori que l'élan apostolique soit la première des qualités :ils sont tenus par ls impératifs de la vie ordinaire de leur famille.
On gère une structure, on entretient une situation, pendant ce temps on ne fait plus avancer tellement les choses dans un monde en plein bouleversement.
3. C'est là où arrivent des voies nouvelles, qui me paraissent aussi des impasses, et sur lesquelles je souhaite que nous soyons très au clair.
Ces voies nouvelles nous disent, même par des propos haut-placés, que finalement nous allons nous habituer, grâce à l'cuménisme, aux contacts Occident-Orient, à une banalisation du clergé diocésain qui sera à l'évidence un clergé de seconde vitesse, mais que l'authenticité ministérielle, l'élan apostolique et, en clair, la capacité et l'aptitude de vivre les trois conseils évangéliques de la chasteté, de la pauvreté et de l'obéissance, seule la vie religieuse les garantit dans leur plénitude.
On pourrait réciproquement poser la question : - Pourquoi ordonner prêtre des religieux ? Quand on peut s'arroger deux qualités, pourquoi se dépouiller de l'une d'entre elles ?
Laissons le problème tel qu'il est posé. Il introduit une division fondamentale entre quelques vocations d'élites, individuelles, au-dessus du peuple chrétien, allant de Tombouctou à Djakarta en une nuit d'avion sur un mot du supérieur.
Cette conception sépare le bien du peuple chrétien de la proximité de ce peuple. Elle éloigne du plus près de vous, mes frères qui êtes là le signe de la pauvreté dans notre monde avide d'argent, le signe de la chasteté dans notre monde avide de sexe, et le signe de l'obéissance dans un temps où chacun veut prendre le pouvoir... Ce qu'on a essayé de vivre tant bien que mal, malgré nos limites, nos faiblesses et nos duretés, malgré des gens qui partent, ce qu'on a essayé de vivre c'est justement de vivre ensemble, prêtres et laïcs, une même plénitude évangélique, un plein symbole de ce qui a été la vie du Christ au plus près des hommes. Et voilà que, sous prétexte de les réserver à quelques uns, ces qualités vont se couper de la majorité du peuple chrétien.
La tentation de l'élitisme est toujours une tentation rétrograde. Nous avons déjà traversé suffisamment de crises pour savoir le prix qu'on paie quand on réserve à quelques spirituels des qualités dont on estime que les autres ne peuvent en témoigner.
Ces positions me semblent des impasses. D'abord, parce que le nombre ne résout rien, sinon qu'il nous entraîne au désespoir et au découragement, ou alors à l'usure et à la surcharge, qui sont d'autres manières de cacher un désespoir.
Ces alternatives conduisent à imaginer une division dans le sacerdoce, entre ceux qui, à la base, continueraient d'assurer le culte ordinaire et l'accompagnement habituel et quelques-uns appelés à vivre pleinement les signes évangéliques. Les conseils évangéliques délocalisés sur un petit nombre ne seraient plus alors signifiés dans un partage de vie au plus près du peuple chrétien.
Ces alternatives représentent une manière de ne pas poser le problème de fond. Cette division, entre deux manières d'être prêtre, brise le service même de la mission et de la communion du peuple chrétien.
Sur quoi s'appuyer ?
Il n'y a pas d'issues dans ces voies. Alors que reste-t-il ? Beaucoup de choses dont nous aurons beaucoup à parler. Je voudrais vous rappeler trois dimensions de ce qui est l'essentiel :
1. La première chose qui nous reste (et vous en êtes le signe) est que nous sommes membres d'un presbytérium. Nous l'oublions ! Or ce qui est premier est que vous appartenez et que vous êtes ensemble le presbytérium de l'Eglise de Poitiers.
Les évêques passent, le presbytérium reste ! L'imposition des mains, que vous faites aux diacres ordonnés prêtres, n'est pas simplement pour l'ornementation de la cérémonie ou pour occuper le clergé pendant les deux heures que dure l'ordination. Elle est fondamentale.
Il s'est passé pour le sacrement de l'Ordre la même chose que pour l'Eucharistie : on s'est préoccupé de la validité, du nombre minimal de mots qu'il faut dire pour que la messe soit valide. La validité assurée, on peut dire la messe n'importe comment, fut-ce en 10 minutes...! Elle est valide ! J'ai ma messe !
On ne comprend pas que la validité du minimum blesse la signification et la plénitude sacramentelle, car la beauté de la manière de célébrer appartient à la réalité même du sacrement. On ne peut pas réduire la valeur d'un sacrement à la seule fidélité de quelques mots prononcés correctement.
De la même manière, pour le sacerdoce, peut-être parce que le Moyen-âge a dû combattre contre des empiétements abbatiaux, on a insisté pour la validité de l'ordination sur le moment où l'évêque ne bougeant pas, le diacre venait se faire ordonner "in sinu épiscopi" dans le giron d'un évêque podagre. Il devenait sujet de l'évêque. Nous savons trop, même aujourd'hui, que ce geste nécessaire suffit pour la validité, mais il n'est pas suffisant pour faire un prêtre !
Il se produit des ordinations de complaisance. Au fond, en exagérant un peu, l'imposition des mains par l'évêque fait un prêtre, mais un prêtre de qui ? pour qui ? et d'où ?
J'exagérerais en disant qu'on en fait un "vagus", parce que l'évêque est toujours évêque d'un endroit, mais il reste à faire de ce prêtre, qui est prêtre depuis trente secondes, le membre d'un corps. Il faut donner à son sacerdoce son authenticité, pas simplement sa validité, mais d'être le membre d'un corps, le presbytérium d'une Eglise diocésaine.
L'évêque est là pour le rajeunir, le renouveler, mais vous êtes le corps sacerdotal du diocèse, avant même d'être prêtre à Mauzé-sur-le-Mignon ou à Dangé-Saint-Romain... Avant d'avoir cet endroit où vous exercez votre sacerdoce, vous êtes, par ordination, membre d'un presbytérium et la solidité de notre ministère, de notre sacerdoce, dépend d'abord de notre attachement à ce corps que nous formons. L'évêque vous donne comme frères les hommes que vous lui présentez parce que vous les connaissez.
La manière d'être prêtre est seconde par rapport à notre appartenance à ce même corps. C'est pourquoi la charité entre nous, cette adhésion profonde, ce consentement à l'autre est fondamental pour l'Eglise. Là se tient le lieu de notre ressourcement, de notre identité et de notre force.
On peut rater un poste, d'ailleurs qui peut dire qu'un prêtre échoue ?
Qui peut dire 10 ans, 15 ans après, qu'il n'a rien semé ?
Qui peut dire qu'un ministère est stérile ?
Qui peut dire à l'inverse de quelqu'un dont on parle tout le temps, qui fait la une des journaux, a vraiment un ministère fécond ? C'est le secret de l'Esprit !
Nous n'avons pas à chercher des vedettes, nous avons, dans ces temps troublés, à manifester le seul signe que Jésus a laissé à ses disciples, "nous aimer les uns les autres" comme preuve de notre appartenance sacerdotale à un même corps. Ensuite les ministères peuvent varier, les circonstances peuvent changer, les conditions peuvent évoluer, vous êtes et nous sommes (puisque je vous ai été donné), ce presbytérium de l'Eglise de Poitiers qui tient le coup, même avant Saint Hilaire jusqu'à aujourd'hui, et qui en a connu bien d'autres à travers les siècles.
2. Ce qui amène une deuxième remarque. Je crois qu'il nous faudrait réfléchir, prêtres et laïcs, à ce fait important, présent dans l'évangile : Jésus a choisi un corps apostolique.
Par conséquent tout ministère dans l'Eglise est marqué par une appartenance collégiale. Avant d'être évêque de Poitiers je suis membre du collège épiscopal. C'est parce que, membre du collège épiscopal, j'ai été envoyé à Poitiers que je suis là. Ce collectif, cet apostolat commun, est prioritaire sur toute mission personnelle.
De la même manière, pour vous prêtres, vous êtes d'abord membres de ce corps qu'est le presbytérium. Cela se transcrit en deux endroits que nous essayons de mettre en place dans notre diocèse :
- Dans les Communautés locales, en milieu rural, ce qui est premier ce n'est pas le service d'une personne, c'est le collectif de l'équipe de base de cinq personnes.
- De la même manière dans un secteur, ce qui est premier indissociablement c'est l'équipe d'animation pastorale. Et cette dimension commune se retrouve en de nouvelles formes d'aumôneries de Mouvements.
Voilà que nous sommes conduits, dans ce temps difficile, à revenir à la pointe fondatrice de l'organisation de notre foi et de l'Eglise qui est de vivre comme la Trinité, dans la communion, au nom de la mission reçue. Cette communion est missionnaire.
C'est parce qu'il y a collégialité que des évêques sont envoyés,
c'est parce qu'il y a presbytérium que des prêtres sont nommés. Le sacerdoce n'est pas une profession libérale,
c'est parce qu'il y a une équipe de base qu'une communauté locale peut être installée,
c'est parce qu'il y a cette équipe d'animation pastorale que dans un secteur des initiatives sont prises.
Il nous faut réapprendre l'origine, il nous faut revenir au point de départ qui est le travail en commun, non pas simplement en équipe car on peut toujours s'organiser et s'arranger, mais qui est la marque que nous sommes soudés par le même Esprit, le même Evangile et la même Mission. Telle est Lapostolicité de l'Eglise.
3. A ce moment là, en ce monde passionnant mais si pénible pour les hommes, notre tâche comme pères dans la foi, comme serviteurs de la communion et comme signes de l'Absent, notre tâche n'est plus, comme en des temps un peu plus simples, de mettre des hommes debout, mais de faire de cette humanité une humanité fraternelle. Apprendre dans ce monde individualiste ce que peut être la reconnaissance de l'autre, l'amour de l'autre, le travail avec l'autre.
L'apostolicité des douze apôtres et des évêques, le presbytérium dans un diocèse, sont les symboles sacramentels de qui est Dieu comme Trinité, et du projet de Dieu sur l'humanité : faire de ce monde une terre enfin fraternelle.
J'ose penser, je le crois profondément, et je veux vous le dire : vivre ensemble le presbytérium, avoir à cur cette collégialité qui nous rassemble, avoir le goût, l'ardeur, la passion de rendre les hommes fraternels, est une mission très belle, digne et indispensable.
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Nous ne manquons pas de raisons d'être prêtre, et de donner notre vie même aujourd'hui : elles sont là, au cur, à la source...
Aujourd'hui Dieu nous invite à revenir à ces débuts, pendant la Semaine Sainte c'est normal, où le Christ a tout rassemblé dans ses bras pour ramener dans l'unité les enfants de Dieu dispersés... où il a vécu jusqu'à la mort ce qu'est la solitude, la trahison et l'abandon. La mort du Christ est l'anti-humanité. C'est ce que Dieu ne veut pas et il nous le montre : Un homme isolé, déchiré, assassiné. Mais cette offrande révèle Dieu et son projet.
Voici notre raison d'être et de servir, ce projet de Dieu, d'une humanité réconciliée collégiale et fraternelle. Donner sa vie à ce projet est une magnifique raison de vivre.
Je vous remercie d'être les prêtres que vous êtes, d'être ceux qui continuent à donner leur vie pour que cette vie, cette logique, cette beauté de Dieu soient apportées ici en Poitou.