Routes d'Evangile


    1988-1993

Actes synodaux
du diocèse de Poitiers



0- Introduction
1- Chrétiens dans le monde d'aujourd'hui
2- Chrétiens, nous sommes interpellés
    par la situation actuelle des familles

3- Chrétiens, nous sommes interpellés
    par la vie des enfants et des jeunes
    aujourd'hui

4- Nous laisser construire dans le va-et-
    vient entre la vie et la parole de Dieu

5- Dans le partage de l'information et par
    la communication

6- En vivant l'ouverture et le dialogue
7- Des ministres et des acteurs pour
    l'annonce de l'Evangile

8- L'organisation pastorale
9- Des moyens matériels
    Message de l'Assemblée Synodale
    Continuer la route
(Mgr Joseph Rozier)
    Prière pour le Synode


8- L'organisation pastorale


80- DES CONVICTIONS

        801- Pour le service de la mission

Toute organisation pastorale doit demeurer au service du témoignage évangélique. Les responsables et les ministres dans l'Eglise sont toujours au service des communautés et de la mission.

C'est donc dans une perspective missionnaire que sont abordées les questions d'organisation de l'Eglise, avec la conviction que l'Evangile peut permettre aux personnes, en accueillant l'Amour de Dieu, de mieux vivre leur existence tout en contribuant à la réalisation d'une humanité fraternelle. Jésus-Christ est venu apporter la réconciliation des hommes entre eux et avec Dieu.

        802- Des points à prendre en compte

L'organisation pastorale vise à servir la mission de l'Eglise en structurant la communion entre les différents groupes chrétiens, grâce à la coresponsabilitié entre laïcs, diacres et prêtres. Elle est constituée de la pratique des différents acteurs ; pratique qui demande toujours à être réfléchie, concertée, évaluée, sous la responsabilité de l'évêque.

Cela suppose la prise en compte :

- de la vie des hommes (vie associative, familiale, professionnelle, syndicale, politique, etc.),
- de la population dans ses différentes composantes (population rurale, population urbaine ; âges différents, réalités sociales, etc.),
- des plus démunis et de ceux qui ne sont pas dans nos structures,
- des différences de culture et de nationalité.

Cela suppose aussi :

- la recherche d'une solidarité effective entre différentes communautés : paroisses, secteurs, services, mouvements. Ces différentes instances ecclésiales étant des lieux d'évangélisation ;
- la concertation ;
- le partage des responsabilités ;
- la communion entre les diverses réalités d'Eglise.

        803- A propos des mouvements, des instances de concertation et des services

                8031- Les mouvements

Les mouvements (action catholique, générale ou spécialisée, pastorale spécialisée) évaluent leurs orientations et définissent leur organisation en fonction de leur démarche apostolique. Ils rejoignent les hommes selon leur appartenance sociale.

Il sont représentés au conseil pastoral de zone et au conseil diocésain du laïcat.

La présence de ministres ordonnés, nommés par l’évêque auprès d’eux, est nécessaire pour assurer le service de la communion ecclésiale, ouvrir à la mission, signifier le rapport de l'Eglise à Jésus-Christ.

                8032- Les instances de concertation

Les mouvements apostoliques, les prêtres et les religieuses oeuvrant dans un même milieu se sont donnés des lieux de concertation pour vivre solidairement la mission de l'Eglise auprès des enfants, des jeunes, des adultes de ce milieu (action catholique rurale, mission ouvrière, pastorale des milieux indépendants). Des délégués diocésains sont nommés par l'évêque pour susciter et soutenir cette concertation. Une telle démarche est porteuse d'avenir.

                8033- Les instances de proposition

Pour la part rurale de l'Eglise diocésaine, une équipe animée par le délégué diocésain à la pastorale rurale propose des rencontres et des moyens pour ceux qui se trouvent en responsabilité pastorale, particulièrement les conseils pastoraux de secteurs et de zones rurales.

                8034- Les services

Chaque service diocésain est l'expression de la responsabilité de l'évêque dans un champ particulier de la mission ; il est au "service" de la responsabilité des baptisés dans un domaine particulier (cf. Charte des Services 21). Chaque service est représenté au Conseil Diocésain des Services qui permet de ressaisir ce qui se vit dans les différents secteurs d'activité.


81- L'ORGANISATION EN SECTEURS, ZONES, CONSEILS DIOCESAINS

Une organisation pastorale du diocèse a été mise en place à partir de la recherche diocésaine des années 1983 - 1985 : institution de secteurs, mise en place de conseils pastoraux, au niveau des secteurs, des zones, du diocèse.

        811- Les secteurs

"Le secteur pastoral est le point de cristallisation de toute une manière de comprendre, de réaliser la vie en Eglise. C'est pourquoi il a une signification symbolique. C'est le lieu où peut et doit se jouer, d'une manière effective, la coresponsabilité entre les personnes et la solidarité entre les communautés. L'Eglise doit y trouver un dynamisme apostolique renouvelé" (Joseph Rozier, Evêque).

Le secteur forme l'unité pastorale de base permettant de vivre la proposition et la célébration de la Foi, dans un espace humain relativement homogène. Quand des prêtres et des laïcs ont reçu une mission pour un secteur, ils veilleront à assumer leur charge pour l'ensemble des communautés du secteur pastoral et non pas pour la seule localité où ils résident.

Il permet une solidarité et assure une unité de l'action pastorale entre les paroisses et les différentes communautés qui le composent.

Le ministère presbytéral y trouve un surcroît de signification puisqu'il est appelé à se considérer comme disponible pour le service de l'ensemble du secteur. En ce sens, il n'y a pas de "paroisse sans prêtre".

Il permet de reconnaître et de promouvoir la corespon-sabilité entre prêtres, diacres, religieux(ses) et laïcs.

                8110- La constitution et la délimitation des secteurs

Chaque secteur doit tenir compte des réalités géographiques et sociologiques (vie économique, carte scolaire...) de manière à constituer un ensemble réalisant une certaine unité de vie sociale. Il faut, en particulier, tenir compte de la recherche actuelle concernant l'intercommunalité et, autant que possible, des circonscriptions administratives. Une étude sociologique sérieuse mérite d'être menée.

Chaque secteur doit être assez vaste pour regrouper ce qui est significatif d'une vie en Eglise (paroisses, mais aussi mouvements et services). En conséquence, les délimitations de certains secteurs, trop petits, seront à reconsidérer. Il paraît nécessaire qu'un secteur pastoral puisse s'articuler autour d'une localité-centre (il s'agira souvent du chef-lieu de canton).

Pour constituer les secteurs, ou revoir leurs contours, on tiendra compte de ces critères, en lien avec l'évêque ou son représentant, et en concertation avec le conseil pastoral de zone.

Si, après réflexion cela s'avère nécessaire, les secteurs pourront être érigés officiellement - et canoniquement - en paroisse en veillant à maintenir des communautés vivantes. Tout ce qui est dit ici des secteurs s'appliquera alors à ces paroisses nouvelles.

Chaque communauté locale (paroisse actuelle qu'on appellera alors "relais paroissial") pourra garder une part de vie propre et être soutenue par une "équipe locale d'animation".

Chaque secteur devra avoir les moyens, en personnes et en finances, de sa propre animation.

                8111- La vie des secteurs

L'Eglise, peuple de baptisés, a sa source dans les sacrements. Elle se nourrit de la Parole de Dieu et de l'Eucharistie. Au moins une fois chaque année, il y aura une célébration de secteur. Cette fête commune aidera le plus grand nombre à prendre conscience de la réalité du secteur. Elle permettra aussi au conseil pastoral de secteur de rendre compte de ses réalisations et de formuler des appels.

Chaque secteur réfléchira aux conditions de vie des prêtres et des différents acteurs de la pastorale - à plus forte raison du prêtre s'il est seul - afin qu'elles soient vivables et épanouissantes. Préparer l'avenir appelle à une collaboration accrue entre laïcs, diacres et prêtres et à la mise en place de nouvelles formes de "ministères".

Dans chaque secteur, l'évêque veillera à ce que la charge pastorale soit assurée par un ou plusieurs prêtres. Il sera précisé :

- si cette charge est assumée "solidairement" par les prêtres,
- si l'un deux est nommé "curé", les autres prêtres étant alors ses collaborateurs (une lettre de mission explicitant les modalités),
- si cette charge est confiée à une personne ou à un groupe de personnes qui reçoivent une lettre de mission ; un prêtre est alors "modérateur".

Quel qu'en soit le mode, il importe que la relation de chaque unité pastorale ou ministère presbytéral soit clairement signifiée.

                8112- Le conseil pastoral de secteur

"Tous les fidèles ont le devoir et le droit de travailler à ce que le message divin du salut atteigne sans cesse davantage tous les hommes".

Le conseil pastoral de secteur est le pôle à partir duquel s'exerce cette commune responsabilité pour la vie et la mission de l'Eglise, en vue du bien commun de l'ensemble. Il n'a pas le monopole des initiatives, mais il accueille, évalue et vérifie celles qui sont prises dans les groupes de chrétiens ; il a aussi une fonction de recherche. Il devra notamment élaborer un projet pastoral de secteur en lien avec l'Eglise diocésaine et en fonction des réalités locales.

Il est appelé à vivre dans l'unité et à être signe visible de cette unité, tout spécialement par la prière, le partage, le travail en commun. La qualité des relations dans le C.P.S. contribue largement à la qualité de la vie des communautés chrétiennes.

Composition :

On veillera à ce qu'il reflète le visage humain du secteur et les forces vives de l'Eglise.

Sous la responsabilité d'un prêtre "Responsable" ou "Coordinateur" ou "Modérateur", il est constitué :

- des ministres ordonnés et reconnus ou leurs délégués,
- et autant que possible :
= des représentants des différentes paroisses (ou communautés locales),
= des représentants de la vie religieuse consacrée,
= des représentants des mouvements et services effectifs sur le secteur, dont des représentants des établissements catholiques d'enseignement (écoles, collèges...),
= des personnes témoins significatifs de réalités de vie humaine non représentées à travers les autres membres.

Durée des mandats :

Pour assurer à la fois la continuité et le renouvellement, le conseil pastoral de secteur fixera la durée des mandats de ses membres (par ex., un mandat de trois ans renouvelable une fois), sauf pour le prêtre qui a reçu la charge pastorale, puisque son mandat dure autant que sa charge.

Fonctionnement :

Sous la présidence de celui qui a reçu la charge pastorale du secteur, l'animation du conseil pourra être assurée par une autre personne, l'ordre du jour étant préparé en concertation. Le conseil pastoral de secteur s'inspirera, dans sa manière de travailler, de la "Démarche d'Emmaüs" proposée dans "Eglise en Poitou" du 25/10/86.

Le conseil pastoral de secteur aura à préciser son rythme annuel de rencontres. S'il le juge nécessaire, le prêtre (coordinateur, responsable ou modérateur) nommé par l'évêque ou la moitié des membres du C.P.S. pourra proposer la création de commissions qui traiteront de questions particulières ou des rencontres exceptionnelles à propos de tel ou tel événement.

Chaque membre portera le souci du bien de l'ensemble du secteur, plus largement que la seule réalité au nom de laquelle il est délégué. Il favorisera aussi la naissance de groupes d'Eglise en harmonie avec le projet pastoral du secteur.

Le conseil pastoral de secteur reçoit une copie des lettres de mission adressées aux prêtres, aux diacres et aux laïcs en responsabilité sur le secteur.

Dans l'année qui suivra le Synode, chaque conseil pastoral de secteur devra évaluer son fonctionnement, vérifier ses modalités de travail et examiner la vie du secteur avec l'évêque ou son représentant. Une telle évaluation devra ensuite être régulièrement effectuée, au regard du projet pastoral de secteur.

                8113- L’Equipe d'Animation Pastorale [numéro modifié en juin 1999]

                8113.1- Création : Au service de chaque secteur, premier lieu de l’exercice de la diversité des ministères, sera mise en place une "Equipe d’Animation Pastorale".

                8113.2- Mission : En conduite de la pastorale du secteur, l’Equipe d’Animation Pastorale exerce son activité propre en lien étroit avec le Conseil Pastoral de Secteur (CPS). Mettant en oeuvre les orientations du projet pastoral du Secteur ainsi que les orientations diocésaines, elle a un rôle d’animation, l’impulsion, de création, d’innovation.

Pour vivre sa mission, elle se rend attentive à ce que le Secteur reçoit de la vie des hommes ; elle favorise les liens de communion sur le secteur, notamment par le "va-et-vient" entre les Communautés locales et le CPS et elle resitue l’ensemble dans la foi de l’Eglise.

                8113.3- Composition : l’Equipe d’Animation Pastorale est composée des ministres ordonnés et reconnus qui partagent la responsabilité pastorale du Secteur.

Elle peut comprendre aussi quelques personnes, "ministres reconnus" ou non, choisies en fonction de la mise en oeuvre du Projet pastoral. Pour choisir ces personnes, le CPS exerce un discernement avec le prêtre responsable et le vicaire épiscopal.

Les personnes appelées à l’Equipe d’Animation Pastorale sont membres de droit du CPS.

                8113.4- Envoi et réception : Dans le respect de leurs différentes situations ecclésiales, les personnes prenant part à l’exercice de la charge pastorale du Secteur sont établies en Equipe d’Animation Pastorale par une lettre d’envoi commune, signée par le vicaire épiscopal.

L’équipe ainsi constituée est "reçue" par le Secteur, lors d’une célébration liturgique.

                8113.5- Rythme : Elle se réunira régulièrement, une fois par mois est un minimum.

                8113.6- Durée : Les membres de l’Equipe d’Animation Pastorale sont appelés pour un mandat de trois ans, renouvelable une fois. Pour un troisième mandat, il faut une dispense de l’autorité.

S’il y a changement du prêtre responsable de Secteur, les personnes appelées demeurent membres de l’Equipe d’Animation Pastorale jusqu’à la fin de leur mandat.

        812- Les zones pastorales

                8120- Elles permettent une solidarité entre plusieurs secteurs tout en assurant une concertation avec l'activité des mouvements et des services.

Les conseils pastoraux de zone se donneront les moyens de réfléchir aux situations les plus mouvantes et à la manière dont l'Evangile y est annoncé : la vie des enfants, la réalité scolaire, la vie ouvrière, les évolutions du monde rural... Ils inviteront, pour cela, des personnes compétentes dans le domaine considéré.

Le prêtre responsable de zone devra pouvoir disposer de temps et d’une autorité suffisante pour animer l’ensemble et soutenir les personnes exerçant une responsabilité. Il agira en collaboration avec les membres du bureau du conseil pastoral de zone. Il aura à établir des liens suivis avec les responsables des C.P.S., afin d'aider à la mise en oeuvre des orientations nouvelles. Il sera le représentant qualifié de l'Eglise catholique vis-à-vis des pouvoirs publics à ce niveau.

                8121- En lien avec les conseils pastoraux de secteur, les zones s'efforceront de mettre en place :

- un conseil économique pour une gestion commune,
- des procédures d'appel pour des permanents d'Eglise, en vue de missions précises ; ceci, en lien avec les responsables du diocèse,
- un lieu de documentation (lieu de rencontre et d'information) appelée encore "vitrine d'Eglise" (cf. chapitre 5),
- des formations pour les laïcs en responsabilité,
- des lieux et des temps d'échange et de concertation entre les responsables de formation,
- des équipes chargées de la préparation aux baptêmes et aux mariages, de l'accompagnement des familles en deuil, etc.,
- des temps forts : rassemblements festifs, assemblée générale des conseils pastoraux de secteurs de la zone, etc.

                8122- Le conseil pastoral de zone comprend notamment :

- le prêtre responsable de la zone,
- des ministres ordonnés (les prêtres responsables des conseils pastoraux de secteurs sont membres de droit),
- un ou deux délégués de chaque conseil pastoral de secteur,
- un délégué des mouvements et des services (ex. pastorale de la santé, aumôneries, école catholique, etc.) dont l’action s’étend sur toute la zone,
- un représentant de la vie religieuse.

                8123- Le conseil pastoral de zone se donne des objectifs apostoliques privilégiés en rapport avec les projets diocésains et veille à leur mise en oeuvre.

                8124- Lorsque la vie de la zone sera suffisamment développée et lorsque cela sera possible, elle pourra être érigée en doyenné ; ceci afin de mieux harmoniser l'organisation du diocèse avec le droit universel.

Note relative au n° 8124 : La pratique pastorale définie et mise en oeuvre dans le diocèse donne une finalité différente, d'une part aux zones et secteurs - qui sont les instances d'orientations pastorales - et d'autre part aux doyennés qui sont les instances propres au ministère presbytéral. Le cas échéant, il peut y avoir coïncidence sur le terrain entre zones - secteurs et doyennés dans une diversité de fonctionnement. (J. Rozier)

        813- Les Conseils Diocésains

Pour éviter le cloisonnement, il sera nécessaire de renforcer l’articulation entre les différents conseils et le conseil pastoral diocésain ainsi qu’avec le conseil presbytéral. Ces conseils, par leurs bureaux et par leurs secrétaires généraux, seront de plus en plus associés aux décisions concernant l’animation pastorale du diocèse.

        814- Assemblée des Conseils Diocésains

L'Assemblée des Conseils Diocésains sera convoquée au bout de quatre ans pour faire l'évaluation des orientations et des décisions prises lors du Synode et approuvées par l'évêque. En fonction de nouvelles situations, ou de réajustements nécessaires, certaines propositions seront réaffirmées ou réorientées.

Le Conseil Diocésain des Zones, en lien avec le Conseil Pastoral Diocésain et avec le Conseil Presbytéral, veillera à la mise en oeuvre de ces propositions, en tenant compte des évolutions.

(vote du chapitre 8 :      OUI : 432      NON : 10      ABSTENTION : 10)


9- Des moyens matériels


90- LA MISSION ET LE TEMOIGNAGE EVANGELIQUE

        901- Une juste place pour l'argent

Le service de la mission n'est pas facultatif. Pour remplir sa mission, l'Eglise doit disposer de moyens qui mettent en jeu l'argent. C'est au nom de l'Evangile et en référence à l'Evangile qu'il est nécessaire d'aborder dans l'Eglise la place de l'argent. Celui-ci n'est pas maudit, à condition qu'il demeure un moyen.

La manière dont l'Eglise collecte les offrandes, gère ses biens et dispose des sommes recueillies doit contribuer au témoignage évangélique. La gratuité, le partage, la transparence, la solidarité, constituent des points essentiels de ce témoignage. Pour les chrétiens, la contribution financière est un acte d'adhésion et de solidarité, une manière d'honorer à la fois l'appel et le don gratuit de l'Evangile. Elle permet aussi à chacun de s'interroger sur son attitude face à l'argent !

Il est nécessaire d'être attentif au milieu auquel on s'adresse. L'évangélisation ne s'exprime pas en un langage unique. L'argent n'a pas la même place selon les familles. En même temps que l'on recherche les moyens matériels nécessaires, il faut veiller à ce que le message évangélique soit accessible à tous.

        902- Pour l'évangélisation, l'Eglise a besoin "d'acteurs" et de "moyens matériels"

Les acteurs :

Ce sont les prêtres, les diacres, les religieux (ses), les laïcs engagés, les permanents et les responsables à divers titres, mais aussi tous les baptisés, chacun avec ses talents.

Les moyens matériels :

Ce sont :

- des biens immeubles, c’est-à-dire des lieux (églises, salles diverses, écoles, bureaux, Maison Diocésaine...),
- des biens mobiliers et des matériaux de toute nature depuis les objets indispensables à une célébration jusqu’aux fournitures propres à la rédaction de documents (livres, revues, etc...),
- des "outils" propres à la communication (presse, radio, téléphone, moyens de déplacements...), à la gestion (informatique, reproduction...)
- des moyens nécessaires à la formation permanente de chacun des acteurs.

N.B. : Si tous ces biens peuvent être considérés comme "biens d'Eglise", tous n'ont pas le même statut juridique. Plusieurs cas de figure existent en fait et en droit :
- certains sont propriété de l'Etat ou des communes (églises, presbytères, biens répertoriés aux inventaires de 1905),
- certains sont propriété de l'Eglise. Ils doivent être gérés conformément au Droit Civil Français et conformément au Droit Canonique ; selon celui-ci, les paroisses et quelques autres institutions sont "personnes juridiques",
- certains appartiennent à une association selon la loi de 1901 ; on veillera à la rédaction des statuts pour éviter l'aliénation de ces biens.


91- LE SERVICE DE LA MISSION

La vie de l'Eglise, le service de la mission génèrent des dépenses qui appellent des ressources.

        911- Les dépenses

Elles englobent une masse importante de nécessités à satisfaire ; celles-ci sont parfois méconnues, d'où l'interêt d'une information claire et étendue à tous les niveaux. Comme dans toute entreprise, l’Eglise doit les gérer et s’interroger sur leur bien-fondé.

Citons, (non limitativement) :

- les traitements et les charges sociales,
- les besoins de formation première (ex. les séminaires) ou continue,
- les aides et subventions aux paroisses, aux mouvements, aux oeuvres caritatives (devoir du partage),
- les constructions neuves décidées après de larges consultations (Eglises, Maison de Retraite pour les prêtres, salles paroissiales et de réunions...),
- les grosses réparations et l’entretien des bâtiments existants (toitures, gros oeuvre, aménagements intérieurs, installations diverses...),
- les matériels opérationnels et de toute nature que forment les "outils" ci-dessus cités.

Les dépenses ne seront engagées que pour répondre à des besoins réels, en cohérence avec l'image que l'Eglise est appelée à donner d'elle-même.

        912- Les ressources

Elles doivent impérativement couvrir les dépenses. Elles dépendent de la libre participation des catholiques, il n'y a pas de revenus occultes. La mise en oeuvre de projets, à quelque niveau que ce soit, ne peut être réalisée sans l'assurance d'une régularité dans les rentrées.

Ces ressources comprennent :

                9121- Le Denier de l’Eglise

Il constitue la manière privilégiée pour les Chrétiens d’entrer dans la prise en charge de la vie matérielle de l'Eglise. Il s’agit d’un véritable devoir de participation à la mission de l'Eglise dont chaque catholique décide le montant en fonction de ses moyens et non de ses seuls revenus. Il est l’un des modes essentiels de l’obtention de ressources. Il est consacré aux traitements et aux charges sociales des permanents d'Eglise (évêques, prêtres, diacres, religieux(ses), laïcs).

                9122- Les Quêtes

Elles constituent l’une des ressources principales de l’Eglise. Elles doivent être une véritable offrande liturgique, le reflet du don de soi-même et non une bien faible réponse à la main tendue. Cette signification sera périodiquement rappelée aux fidèles ; une information claire leur sera donnée sur l'affectation des sommes reccueillies et on les invitera à faire une comparaison avec certaines dépenses de la vie courante. Les quêtes sont consacrées au budget ordinaire des paroisses et secteurs et, en certaines occasions, aux budgets diocésains, nationaux ou universels de l'Eglise.

                9123- Les Offrandes pour les Messes et les Actes du Culte

Ce ne sont pas des honoraires mais des offrandes. Elles tiennent compte des dépenses engagées pour l'acte du culte accompli. Elles concourent à la participation à la vie matérielle de l'Eglise. L'ordre de grandeur, prévu au plan de la région apostolique, de ces offrandes sera indiqué avec tact, dans le respect des personnes et des situations qu'elles vivent. Dans ce but, un effort éducatif se fera à l'aide des documents élaborés par le comité diocésain du denier de l'Eglise. "Il paraît hautement souhaitable qu'une formation progressive du peuple chrétien permette de ne plus lier les ressources des prêtres aux actes du ministère, surtout aux actes sacramentels" (Document final des Evêques en Synode, 1971).

Cette pratique des offrandes liées à une intention de prière, qui n'existe dans aucune autre Eglise chrétienne n'étant pas sans équivoque quant au visage évangélique de l'Eglise, nous souhaitons que soit étudiée la meilleure manière d'en faire disparaître l'usage, en développant les autres moyens de ressources.

                9124- Les dons et legs

Selon le droit, on veillera à ce que la volonté des donateurs soit respectée. Si le droit civil français ne reconnait pas la personnalité juridique des paroisses, celles-ci, selon le droit canonique, peuvent posséder des biens.

                9125- Les produits financiers

Ils sont procurés par les placements temporairement effectués dans le cadre d'une saine gestion.


92- "LES AFFAIRES ECONOMIQUES"

Il s'agit de tout ce qui concerne l'administration et la gestion comptable des biens, des ressources, des dépenses.

        921- Un esprit : la solidarité et la coresponsabilité

L'administration et la gestion des affaires économiques constituent un moyen de vivre la solidarité entre les différentes instances ecclésiales ; chacune s'estime responsable de l'ensemble et peut compter sur le soutien effectif des autres. La mise en commun de ressources au niveau du diocèse, en vue d'assurer certaines charges, réalise ce principe de solidarité. Celle-ci s'opère également par des péréquations au niveau du secteur et de la zone, par un soutien entre des mouvements, etc.

La coresponsabilité en Eglise signifie que chacun assume une part de responsabilité au profit de l'ensemble, selon ses capacités, mais aussi en fonction d'un ministère ou d'une mission reçue de l'évêque. Les affaires économiques permettent la mobilisation de personnes compétentes, en respectant la structure ministérielle de l'Eglise. On veillera toujours à ce que la gestion soit au service de la mission et à ce qu'elle s'effectue de manière évangélique. L'exercice de la coresponsabilité implique la concertation entre les partenaires.

        922- Une organisation : les Conseils pour les Affaires Economiques (C.A.E.)

Ce sont des conseils pour la gestion.

Le diocèse a mis en place un C.A.E. L'économe diocésain exerce sa responsabilité propre en lien avec ce Conseil. Celui-ci, sous l'autorité de l'évêque, prépare le budget annuel et approuve les comptes. Il se prononce aussi sur la dimension financière des choix pastoraux.

Pour des dépenses importantes, dont la somme est fixée par la conférence des évêques, l'évêque a besoin du consentement du collège des consulteurs. Pour une somme dépassant le maximum fixé par la conférence des évêques, il a besoin de l'accord du siège apostolique.

Chaque secteur pastoral doit avoir un C.A.E. Là où la paroisse dispose d'une certaine autonomie, elle en aura un aussi. Le C.A.E., avec le prêtre, est responsable de la gestion. Il en sera de même au niveau de la zone.

Ainsi, chaque instance pastorale jouit d'une responsabilité concernant les affaires économiques tout en étant solidaire avec les autres.

Quel que soit le niveau, le Conseil pour les Affaires Economiques a pour mission de :

- Assurer l’administration matérielle et financière de la paroisse, du secteur, avec les responsables pastoraux.
- Rechercher et gérer les ressources nécessaires.
- Gérer l’immobilier.
- Informer les chrétiens, les paroisses, les secteurs et les responsables diocésains.
- Prévoir avec les conseils pastoraux le financement des besoins de la pastorale (catéchèse... mouvements...).
- Promouvoir les compétences et les bonnes volontés pour assurer l’administratif et la tenue des comptes.

- Au niveau de la paroisse :

Ils sont formés d’au moins trois fidèles, sous la responsabilité du prêtre en charge, dont le rôle est prépondérant. Le choix de ces membres est effectué pour une durée déterminée, soit par cooptation, candidature spontanée, interpellation de représentants de groupes d’Eglise, et même par élection.

- Au niveau du secteur pastoral :

En de nombreux cas, le secteur pastoral est déjà géré comme une paroisse. En tous les cas, il constitue un lieu de solidarité.

Le C.A.E. peut être formé des membres délégués des C.A.E. de paroisses qui en dépendent ainsi que d’autres personnes compétentes.

Il fonctionnera de manière identique.

- Au niveau de la zone :

C’est un élargissement de ce qui est nécessaire au plan du secteur. Pour les déplacements et les activités apostoliques qui relèvent de la zone, un budget devient indispensable pour couvrir les frais des personnes en responsabilité. Le C.A.E. de zone facilitera une répartition plus équitable des ressources au profit des instances ecclésiales plus défavorisées.

Le C.A.E. de la zone sera formé des membres délégués des C.A.E. des secteurs pastoraux qui en dépendent ainsi que de personnes compétentes.


93- PROPOSITIONS

POUR CLARIFIER - INFORMER - PARTAGER

        931- LES C.A.E. - leur fonctionnement

Le Synode demande :

                9311- L’élaboration, au plan diocésain, si possible après consultation des C.A.E. de paroisses et de secteurs, d’un règlement intérieur destiné à tous les C.A.E.. Ce règlement précisera notamment le rapport des C.A.E. avec les Conseils Pastoraux, en lien avec les ministres ordonnés.

                9312- La mise en place d'un C.A.E. correspondant aux différentes structures pastorales (paroisse, secteur, zone, diocèse).

                9313- La participation réelle, au sein de chaque C.A.E., de laïcs motivés pour la mission, travaillant en lien avec les conseils de paroisse, de secteur et de zone au sein desquels certains de leurs membres sont délégués. Une formation leur sera proposée.

                9314- La participation au C.A.E. diocésain de "délégués" des zones reconnus par l'évêque.

                9315- Une péréquation éventuelle entre secteurs d’une même zone ou, au moins, la mise en place d'une "caisse de zone" permettant de couvrir certaines dépenses (formation, traitement de permanents, etc.).

                9316- La réalisation d'un budget prévisionnel de zone, de secteur... où apparaît la responsabilité des personnes et des communautés.

                9317- Chaque instance pastorale peut faire appel au C.A.E. diocésain pour des conseils ou des interventions concernant la gestion.

        932- Les ressources

Le Synode demande :

                9321- La revalorisation constante de ces ressources en fonction de l’augmentation du coût de la vie, ainsi qu'un engagement durable dans le versement des contributions.

                9322- La sensibilisation des chrétiens aux besoins de l’Eglise à tous les niveaux (Eglise universelle, diocésaine, locale). Le comité diocésain du denier de l'Eglise continuera à être au service de cette tâche par tous les moyens actuellement disponibles pour la transmission d'informations. On favorisera l'éducation des consciences à la nécessité du partage.

                9323- La communication des résultats des collectes aux communautés concernées.

                9324- Le versement à l'évêché des offrandes de messe en excédent pour qu'elles soient envoyées aux prêtres du diocèse qui en manquent.

                9325- La recherche, à l’initiative de l’Evêque et sous son contrôle, de ressources par objectif, telles le parrainage de séminaristes, les mouvements d’action catholique, la catéchèse, la formation, les missions tiers et quart mondistes, l’enseignement, la radio diocésaine, les mouvements caritatifs et de solidarité... tout en prenant soin de présenter chaque année un état de situation aux personnes engagées dans la réalisation de cet objectif. Cette recherche de financements spécifiques ne devra pas entraver les nécessaires intiatives missionnaires ni la vie économique des secteurs.

                9326- La reconnaissance comme une véritable mission pour des laïcs, non seulement de la gestion, mais aussi de la recherche et de la collecte des ressources.

        933- Les dépenses - gestion

Le Synode demande :

                9331- Une gestion rigoureuse et un souci d’économies que procurent les groupements d’achat, l’utilisation de matériel en commun, le bénévolat et l’entraide.

                9332- L’établissement de véritables budgets réalisés à partir d’un même plan comptable et qui seront commentés aux chrétiens du secteur. Une unité de vue entre tous les acteurs est requise.

                9333- Une très grande exactitude dans l’accomplissement des tâches administratives et le retour au service comptable diocésain des documents indispensables à la gestion générale des affaires économiques.

                9334- Un inventaire des immeubles et des biens d'équipement qui sera effectué régulièrement (par ex. tous les 5 ans), par chaque C.A.E. de secteur ; ceci afin de constater l'état et l'usage qui en est fait, de manière à donner à la gestion toute sa rigueur, et à décider, en accord avec l'Association Diocésaine, de leur éventuelle aliénation.

        934- Solidarité - partage

Le Synode demande :

                9341- La recherche d'une politique commune relative aux bâtiments communaux mis à la disposition de l’Eglise, au plan national, régional et diocésain.

                9342- La poursuite des efforts de solidarité internationale et de partage au profit des missions dans l'Eglise universelle afin de marquer d'un signe visible l'option préférentielle pour les pauvres. Un pourcentage des ressources ordinaires (hors subventions) sera affecté aux organismes qui ont reçu mission de mettre en oeuvre cette solidarité.

        935- Appel

Le Synode demande :

- que toute initiative fasse l'objet d'un budget prévisionnel avant sa mise en oeuvre,
- que toutes les propostions financières prennent appui sur l'aspect pastoral qui est premier.

Sous la responsabilité propre de l'Evêque, garant de la mission de l'Eglise, le C.A.E. diocésain veillera à la mise en oeuvre progressive des propositions énoncées ci-dessus, en lien avec le Conseil Pastoral Diocésain et le Conseil Presbytéral.

(vote du chapitre 9 :      OUI : 422      NON : 11      ABSTENTION : 14)


Message de l'Assemblée Synodale

A tous ceux qui vivent en Deux-Sèvres et en Vienne

Nous sommes cinq cents délégués, représentant l’ensemble de l’Eglise catholique du diocèse, rassemblés à Poitiers, pour vivre ce temps fort du Synode.

Synode, un mot qui veut dire "marcher ensemble".

Nous avons marché ensemble, jeunes et adultes, depuis cinq ans. Nous avons marché ensemble, avec vous qui êtes chrétiens, avec vous qui doutez, avec vous qui avez pris du recul envers l’Eglise, avec vous qui ne partagez pas notre foi.

Nous avons parlé ensemble, en partageant ces questions :

"Qu’as-tu fait de ton frère ?"
"Qui est ton Dieu ?"
"Que dis-tu de l’Eglise ?"


Ce fut l’occasion de nous dire nos joies et nos peurs, nos aspirations et nos révoltes. Nous avons essayé de cerner les grands défis de notre temps (paix, emploi, santé, diversité de races et de religions...) au regard de la dignité humaine.

Nous avons eu en perspective l’Evangile, bonne nouvelle de Jésus Christ pour tous les hommes, et le souci de nous comporter en frères avec tous.

A tous nous voulons dire :

- Notre solidarité avec ceux qui connaissent l’épreuve de la maladie, de la souffrance physique et morale, du désarroi ; avec ceux qui subissent la récession économique, les licenciements, le chômage, l’exclusion et parfois le racisme.

- Notre volonté d’accueil des étrangers, vivant sur notre sol, angoissés devant les modifications qui risquent d’intervenir dans leurs conditions de séjour dans notre pays.

- Notre désir d’accompagner les enfants et les jeunes qui abordent leur avenir avec la force de leurs aspirations, parfois avec leur inquiétude.

- Notre désir de partager avec les croyants de religions différentes, avec ceux qui sont en recherche, en période de doute ou incroyants, mais ayant tous en commun des valeurs et des convictions humanistes.

- Notre volonté de nous engager pour :
* servir la dignité et la responsabilité de chaque personne,
* soutenir les avancées de justice et de solidarité,
* promouvoir les chemins de paix et de réconciliation pour le monde.

A tous, nous voulons dire que notre Eglise n’est pas figée, qu’elle cherche à être ouverte à tous et que chacun est appelé à découvrir son vrai visage.

Avec vous, nous souhaitons poursuivre la marche engagée pour être aujourd’hui et demain, des porteurs d’espérance.

(vote du message :      OUI : 351      NON : 52      ABSTENTION : 50)


Continuer la route (Mgr Joseph Rozier)

Continuer la route

Le Synode s'achève. Il a été l'oeuvre d'un grand nombre. Il appartient à tous par les grâces et les promesses dont il est porteur.

L'aventure d'Emmaüs se poursuit. La route continue. C'est celle de l'histoire pour tous les hommes qui la parcourent. Un double appel se manifeste : un appel à garder la mémoire et à servir l'espérance.

Il faut garder mémoire

Se souvenir ce n'est pas se regarder, ou regarder en arrière pour se réfugier dans le passé. C'est prendre appui sur l'expérience vécue, les richesses acquises, pour mieux orienter et assurer sa marche. Un peuple qui n'a pas de mémoire est un peuple qui n'a pas d'avenir. Car l'avenir est fait aussi de fidélité aux valeurs qui ont fait leur preuve d'authenticité et de fécondité.

C'est ce qui fonde et permet l'espérance. L'espérance est une nécessité vitale. Elle est la respiration de l'histoire à travers les aspirations des hommes. "Quand il n'a plus de vision le peuple meurt" (Proverbes 29-18). En tout homme joue ce ressort d'une vision à découvrir, d'un sens à donner à sa vie, d'un avenir à construire.

Garder mémoire et servir l'espérance : c'est d'une manière particulière la mission du chrétien. La foi en Jésus Christ met ceux qui croient en lui en charge de cette mémoire et de cette espérance.

"Faites ceci en mémoire de moi". Il ne s'agit pas de cultiver un souvenir, mais de garder vivante et ardente la lumière qui resplendit en lui, la promesse qui nous a été faite en lui.

"Si tu savais le don de Dieu". Le don de Dieu, nous avons sans cesse à l'accueillir, à le reconnaître, à le célébrer, à travers le témoignage de ceux qui nous ont précédés dans l'aventure de la foi, de Saint Hilaire à Saint Théophane Vénard, en passant par Sainte Radegonde, Saint André-Hubert Fournet, Bienheureuse Louise-Marie Trichet, tous ceux et celles qui ont nourri notre histoire de cette passion de Jésus Christ et de son Evangile.

Servir l'espérance

La foi en Jésus Christ est aussi promesse. Et le fruit de la promesse est l'espérance. C'est l'espérance du Royaume. Le Royaume est déjà là "au milieu de nous" puisqu'il est le mystère de Dieu venu dans le monde. Mais il est sans cesse à rechercher, à découvrir, à construire. Il est ce chemin où nous avons à marcher sans cesse à la rencontre de Dieu et à la rencontre des uns et des autres en avançant vers le dialogue, la justice, la solidarité et la paix. Cela n'est pas un mirage. C'est un horizon. Aucune épreuve, si dramatique qu'elle soit, aucune réalité si opaque qu'elle soit, ne peut le faire disparaître. Il nous appartient de garder les yeux ouverts pour l'entrevoir, l'esprit assez libre et le coeur assez disponible pour en ressentir l'attrait.

C'est ensemble que nous avons à marcher vers cet avenir. Autant dire que le synode continue. Il est aussi pour chacun de nous désormais "mémoire et espérance".


Prière pour le Synode

Seigneur, Tu es le Dieu de l'Alliance,
Nous sommes ton peuple,
peuple dont Tu entends les chants et les cris,
peuple que Tu appelles et que Tu conduis,
peuple que Tu rassembles et que Tu envois.

Portion de ce peuple immense,
dans l'Eglise qui est à Poitiers,
nous sommes héritiers de tous ceux,
qui à travers le temps,
ont marché sur tes pas,
et nous ont transmis la foi,
cette foi reçue des apôtres.

Tu nous appelles à être, dans le moment et le lieu de l'histoire,
où Tu nous as placés,
les témoins de la Bonne Nouvelle de ton Amour.

Tu connais et Tu appelles chacun par son nom,
et Tu veux faire de nous un peuple.
Tu vois ceux qui sont présents
et ceux qui manquent à ton peuple.
Tu vois ceux qui marchent
et ceux qui se détournent et s'arrêtent sur le parcours.
Tu vois ceux qui croient et qui cherchent,
ceux qui doutent et se ferment.
A tous, Tu offres ta lumière.
Tu vois ton Eglise que Tu suscites,
et Tu vois le monde auquel elle est destinée.
Tu connais et Tu aimes la diversité
des chemins et des démarches
et Tu nous appelles à marcher vers le même horizon,
à servir le même dessein.

Tu nous as donné de vivre le Synode,
temps de grâce et de conversion,
temps de communion et de partage,
temps de fête et de labeur,
temps d'appel et d'envoi.
Accordes-nous, Seigneur, de comprendre
le signe que Tu nous fais par le Synode.
Qu'il nous aide à découvrir et à accomplir
le service et le témoignage que Tu attends de nous,
pour que Ton nom soit sanctifié,
que Ton règne arrive,
que soit mieux partagé le pain entre les hommes,
mieux accueillie la paix de Ton pardon,
mieux vécu et célébré le mystère de Ton Alliance.

Amen.