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Les biens dans la pastorale |
En pélerinage sur la terre (Lumen Gentium 7), lEglise se sert dinstruments temporels dans la mesure où sa propre mission le demande (Gaudium et Spes n° 76).
Le critère de la mission est donc déterminant tant pour la possession de biens que pour leur gestion et leur aliénation.
Le code précise que la possession et lutilisation des biens par lEglise pour remplir sa mission répondent à une triple finalité (Canon 1254 - cf. Presbyterorum Ordinis 17 C).
Chaque personne juridique (paroisse (C. 537), diocèse (C. 492 - 493) aura son conseil pour les Affaires Economiques.
* Il sera régi selon les normes données par lEvêque diocésain.
* Il comprend au moins trois personnes. Là où il ny a pas de conseil, il faut deux conseillers (C. 1280).
* Il prêtera son concours à ladministrateur dans ladministration des biens.
2.3- Les actes d'administration
Le code de droit canonique distingue pour le diocèse (C. 1277) :
a) Les opérations courantes de gestion et dentretien ou actes dadministration ordinaire.
b) Les actes dadministration de très grande importance (C. 1277).
c) Les actes dadministration extraordinaire.
En 1995, sont considérés comme :
- Actes dadministration ordinaire : les opérations dont le coût ne dépasse pas 122 000 euros
- Actes dadministration de très grande importance : les opérations dont le coût est supérieur à 122 000 euros
et inférieur à 1 220 000 euros
- Actes dadministration extraordinaire : les opérations dont le coût est supérieur à 1 220 000 euros
LAdministrateur veille à :
* La tenue et à la présentation annuelle des comptes à lOrdinaire (C. 1287).
* Une utilisation rationnelle des immeubles.
* Un entretien régulier des immeubles :
2.5- Les actes d'administration de grande importance et extraordinaire
Rappelons quil sagit :
- pour les actes de grande importance, actes dont le coût (en 1995) est compris entre 122 000 et 1 220 000 euros ;
- pour les actes extraordinaires, actes dont le coût est supérieur à 1 220 000 euros.
Dans lun et lautre cas, lAdministrateur doit obtenir laccord de son Conseil pour les Affaires Economiques (comme pour les actes dadministration ordinaires). Il doit en outre obtenir la permission de lOrdinaire donnée par écrit.
De son côté, lEvêque diocésain doit,
* sil sagit dacte de grande importance, entendre le Conseil pour les Affaires Economiques et le Collège des Consulteurs,
* sil sagit dactes extraordinaires, obtenir le consentement du Conseil pour les Affaires Economiques et du Collège des Consulteurs.
* On se rappellera ce qui est dit précédemment sur la nécessité, pour lEglise, de posséder des biens, moyens de son action au service de la mission.
* Trois écueils sont à éviter :
1) Vouloir à tout prix conserver ce qui était dans le patrimoine stable dune paroisse ou dune uvre.
2) Se défaire de tous les biens dont lutilité immédiate nest pas évidente, par souci de témoignage.
3) Dans une transaction, sécarter du prix juste, en donnant priorité absolue à la loi de loffre et de la demande, au détriment des droits des personnes.
* On sera attentif aux besoins de la pastorale qui peuvent apparaître et qui doivent guider la réflexion ; exemple : dans un secteur où il ny a pas de prêtre résident, la vie de la communauté locale chrétienne peut nécessiter lexistence dune maison paroissiale.
3.2- Les modes de décision
De manière analogue à ce qui a été dit pour ladministration des biens, trois cas sont à envisager pour laliénation des biens immobiliers constituant le patrimoine stable dune personne juridique.
1°- En dessous du seuil minimum fixé par la Conférence Episcopale :
LAdministrateur du bien peut demander le consentement de son Conseil pour les Affaires Economiques local dune part, et laccord du Bureau diocésain du Conseil pour les Affaires Economiques dautre part.
2°- Au-dessus du seuil minimum fixé par la Conférence Episcopale :
Pour que laliénation soit valide, lAdministrateur, outre le consentement de son Conseil pour les Affaires Economiques, doit obtenir la permission de lEvêque diocésain, donnée par écrit ; lequel aura demandé le consentement du Conseil pour les Affaires Economiques diocésain, du Collège des Consulteurs, et de ceux dont cest lintérêt (C. 1292).
3°- Lorsque lestimation dépasse un seuil fixé par la Conférence Episcopale, il faut en outre la permission du Saint-Siège (C. 1292-1, 2).
Cette même autorisation est requise pour laliénation dobjets précieux à cause de la valeur artistique ou historique (C. 1292-2).
N.B. : En tout état de cause, il est évident que lAssociation civile légale propriétaire est appelée à donner son accord.
3.3- L'utilisation du produit
Lutilisation du produit dune aliénation revient de droit au propriétaire canonique. Elle est néanmoins soumise aux conditions ci-après.
1. - Laliénation des biens immobiliers en vue de faire face à des dépenses de fonctionnement (par exemple : amélioration des traitements, équilibre dun budget ordinaire annuel) est à éviter formellement (C. 1294-2).
Elle doit correspondre à un investissement appelé par des besoins réels, qui peuvent être nouveaux. Ils doivent être faits en fonction des objectifs pastoraux et missionnaires de lEglise diocésaine.
2. - Sur chaque produit daliénation (C. 1263) :
- une somme de 5 % de ce produit sera versée à la Caisse diocésaine au titre de la solidarité ;
- une somme de 5 % du produit sera versée à la Caisse diocésaine au titre de frais de fonctionnement.
Le solde du produit de laliénation sera confié à un compte rétribué appelé dépôt immobilier du secteur dont la gestion sera assurée par le Diocèse, en attendant une décision pour linvestissement.
3. - Dans le cas où des dépenses dinvestissement ont été engagées par le Diocèse, au bénéfice dune paroisse du secteur, il sera procédé - sur ce solde - au remboursement de cette dette. La paroisse débitrice aura donc une dette vis-à-vis de la paroisse qui a reçu le produit. Cette dette pourra être annulée si les deux paroisses en décident.
4. - Le solde du produit de laliénation pourra être utilisé par le secteur avec laccord de la paroisse. Un projet dinvestissement sera élaboré, sous la responsabilité de ladministrateur et du Conseil pour les Affaires Economiques du secteur, en lien avec les instances pastorales locales (Conseil pastoral).
Ce projet sera présenté au Bureau du Conseil pour les Affaires Economiques diocésain, qui selon limportance du projet en référera, ou non, au Conseil pour les Affaires Economiques Diocésain et il sera soumis à lappréciation et à la décision de lOrdinaire, responsable en dernier ressort de la pastorale.
5. - Dans le cas dune vente dun bâtiment scolaire, compte-tenu des mutations de population et pour maintenir les finalités pour lesquelles ces bâtiments ont été acquis, les propriétaires canoniques consacreront au moins la moitié du produit des ventes (après application des §2 et §3) à un usage scolaire, après accord des instances ecclésiales citées en §4.
3.4- Legs pour une paroisse
Lorsquun legs est rédigé en faveur de lAssociation Diocésaine de Poitiers, pour une paroisse particulière, ce legs revient de droit au propriétaire canonique et son utilisation est soumise aux règles suivantes :
1. - La part du legs destiné à la paroisse, sera confiée à la gestion du Diocèse (C. 1263) :
- 5 % de cette somme sera versée à la Caisse Diocésaine au titre de la solidarité ;
- 5 % sera versé à la Caisse Diocésaine au titre de frais de fonctionnement, en particulier du service immobilier.
2. - Dans le cas où des dépenses dinvestissement ont été engagées par le Diocèse au bénéfice du patrimoine dune paroisse du secteur, il sera procédé - sur ce solde - au remboursement de cette dette. La paroisse débitrice aura donc une dette vis-à-vis de la paroisse qui a reçu le produit. Cette dette pourra être annulée si les deux paroisses en décident.
3. - La paroisse fait une réserve pour son secteur jusquà hauteur du montant du budget annuel de fonctionnement du secteur (totalité des budgets paroissiaux et du secteur sur la moyenne des trois dernières années). Cette réserve sera confiée à un compte rétribué, par le Diocèse, appelé Dépôt legs du secteur. Son utilisation par le secteur, avec laccord de la paroisse, sera soumise aux règles de procédures énoncées aux chapitres II et III. de LAdministration des Biens dEglise dans la Pastorale.
4. - Le solde pourra être utilisé, avec laccord des instances pastorales et économiques de la paroisse, pour des réalisations dans le Diocèse (dont fait partie le secteur) selon les mêmes règles de procédures que ci-dessus.
* Comme il est dit au chapitre II. - 2°), des Conseil pour les Affaires Economiques doivent se mettre en place localement.
Dans ce texte, nous les appellerons : Conseils Economiques.
Ils sont une des expressions de la responsabilité des chrétiens dans la vie de lEglise. Le code de Droit Canon en fait une obligation et déjà de nombreux conseils, comités de gestion existent dans le diocèse.
Le texte ci-dessous voudrait, en tenant compte de lexpérience déjà vécue :
- favoriser la mise en route, ou un meilleur fonctionnement de ces Conseils Economiques ;
- en leur donnant un cadre.
1. - Quant au niveau de réalisation
Le Code prévoit que chaque paroisse ait son Conseil pour les Affaires Economiques,
- en rural, cela paraît difficile pour un grand nombre de petites ou de très petites paroisses,
- mais il doit en être constitué un dans chaque secteur pastoral (voir Actes du Synode, n ° 922).
2. - Quant à la composition et au mode de désignation
3. - Quant au fonctionnement
* Le Conseil pour les Affaires Economiques diocésain est habilité à susciter, suivre et évaluer les expériences en cours.
4.2- Rôle
Le Conseil Economique assure avec le responsable pastoral, ladministration de la paroisse ou du secteur.
Il est chargé de collecter et de gérer les ressources de lEglise.
Il doit veiller à la bonne gestion du patrimoine.
Il porte le souci de lavenir matériel de la paroisse ou du secteur, dans la perspective de la Mission de lEglise et dans lesprit de partage qui doit animer toute communauté chrétienne.
Concrètement, seront du domaine de sa responsabilité :
a) La recherche des ressources :
* Ressources nécessaires à la vie de la paroisse ou du secteur :
* Les membres du Conseil Economique doivent être au minimum au nombre de trois.
* Ils sont désignés selon le mode qui paraîtra le plus souhaitable : nomination, élection, cooptation ; là où existe déjà un Conseil Pastoral (3), celui-ci sera consulté pour cette désignation.
- En cas de regroupement de paroisses, on veillera à ce que chaque paroisse, dans la mesure du possible, soit représentée dans le Conseil.
- Il est souhaitable que les hommes et les femmes désignés représentent différents engagements en Eglise, plusieurs tranches dâge et quils apportent des compétences variées (comptabilité, droit, connaissance technique des bâtiments, connaissance artistique
).
- Ils doivent avoir le sens de la mission de lEglise et être sensibilisés à la construction de la communauté chrétienne. Les membres sont désignés pour un temps déterminé, à choisir au moment de la constitution du Conseil (par exemple : 3 ans renouvelable). Le diacre peut avoir sa place dans le Conseil Economique.
- Le Conseil naura dexistence canonique quaprès lapprobation de lOrdinaire. Pour ce faire, le curé ou le modérateur fera connaître à lOrdinaire la composition du Conseil lors de sa constitution et à chaque renouvellement.
4.4- Conseil Economique - Conseil Pastoral - Curé
1. - Conseil Economique et Conseil Pastoral :
a) Le Conseil Economique exerce sa responsabilité en lien étroit avec le Conseil Pastoral (là où il existe).
Plusieurs hypothèses sont possibles :
- Le Conseil Economique travaille de manière autonome : alors un ou plusieurs membres de chaque Conseil doit siéger dans lautre.
- Le Conseil Economique constitue une petite équipe, ou une commission, à lintérieur du Conseil Pastoral.
- Le Conseil Pastoral siège de temps en temps comme Conseil Economique.
b) En tout état de cause :
- Le Conseil Pastoral sera consulté lors de la nomination des membres du Conseil Economique.
- Un lien organique existe entre les deux Conseils.
- Le Conseil Economique accomplit sa tâche dans les perspectives du Conseil Pastoral.
2. - Conseil Economique et Curé :
* Le Code de Droit Canonique stipule que le Curé doit veiller à ladministration des biens de la paroisse (C. 532). Le Canon 537 ajoute les membres du Conseil pour les Affaires Economiques apportent leur aide au Curé pour ladministration des biens de la paroisse.
* En conséquence, le Conseil Economique ne peut délibérer et prendre de décision de gestion (à moins de cas exceptionnel et avec laccord de lOrdinaire) quen présence - ou tout au moins avec laccord - du curé (ou du prêtre responsable).
* Ministre de la communion paroissiale, il revient au Curé, au sein du Conseil Economique, de prendre lavis de tous les conseillers. Il veillera à permettre lexpression de tous les points de vues, à faire progresser la réflexion vers un consensus acceptable par tous, de telle sorte quil soit tenu compte, autant que possible, des lumières apportées par chacun.
* Pour la décision quil lui incombe de prendre, le Curé ne sécartera de lavis du Conseil Economique (surtout sil est quasi unanime) que pour des raisons graves quil aura dailleurs lobligation de soumettre au jugement de lOrdinaire.
3. - En cas de désaccord :
Entre le Conseil Economique et le Conseil Pastoral ou entre le Conseil Economique et le Curé, larbitrage se fera en lien avec lOrdinaire du Lieu.
4.5- Fonctionnement
* Le Conseil Economique se réunira plusieurs fois dans lannée à un rythme quil déterminera, et éventuellement à la demande du Conseil Pastoral ou du Curé.
* Il serait tout à fait opportun que soit rédigé un compte-rendu de chacune des rencontres à lusage des membres du Conseil Economique. Cela permettrait aussi linformation dont il est question plus haut.
* Dans son fonctionnement, le Conseil Economique gardera le souci de la solidarité avec lensemble du diocèse ; il veillera à établir des liens avec les conseils des autres paroisses ou secteurs, ainsi quavec le diocèse spécialement par le moyen du Conseil Diocésain pour les Affaires Economiques.
* Le Conseil Economique tiendra compte des normes établies dans le diocèse :
- tant pour ladministration ordinaire, la rétribution des prêtres, des permanents, les indemnités de fonction, les quêtes impérées
- que pour ladministration extraordinaire (ch. précédents).
(1) Le code ne traite que des biens des personnes juridiques publiques.
(2) Une entente avec le service diocésain du temporel est souhaitable, voire nécessaire.
(3) Voir plus loin les rapports entre Conseil Pastoral et Conseil Economique.